V. Kant
La culture, une étape vers la fin naturelle de l’homme : la moralité
- Par Emmanuel Kant,
- Traduit par Fabrice de Salies
Pages 69 à 73
Citer ce chapitre
- KANT, Emmanuel,
- Traduit par DE SALIES, Fabrice,
- Textes choisis et présentés par DE SALIES, Fabrice,
- Kant, Emmanuel.,
- et al.
- Kant, E.,
- Traduit par De Salies, F.
- Textes choisis et présentés par F. De Salies
https://doi.org/10.3917/flam.desal.2025.01.0069
Citer ce chapitre
- Kant, E.,
- Traduit par De Salies, F.
- Textes choisis et présentés par F. De Salies
- Kant, Emmanuel.,
- et al.
- KANT, Emmanuel,
- Traduit par DE SALIES, Fabrice,
- Textes choisis et présentés par DE SALIES, Fabrice,
https://doi.org/10.3917/flam.desal.2025.01.0069
Notes
-
[1]
I. Kant, « Idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolitique », in op. cit., p. 70.
-
[2]
Cf. texte II, supra, Aristote, « La culture, nature de l’homme ».
-
[3]
Ibid., p. 74, souligné dans le texte.
-
[4]
Ibid., p. 75.
-
[5]
I. Kant, Anthropologie d’un point de vue pragmatique [1798], trad. M. Foucault [1961], Vrin, 2008, p. 93.
-
[6]
Cf. I. Kant, Critique de la faculté de juger [1790], § 83, trad. A. Renaut [1995], GF-Flammarion, 2015, p. 429.
-
[7]
Cf. I. Kant, Fondation de la métaphysique des mœurs [1785], II, in Métaphysique des mœurs, t. II, trad. A. Renaut, GF-Flammarion, 1994, p. 97.
-
[8]
« Pathologique » est ici à interpréter au sens étymologique de pathos, « passion », comme ce que l’on éprouve ou subit, passivement donc, par opposition à ce que l’on fait ou produit (NdÉ).
-
[9]
Région montagneuse et isolée du Péloponnèse, l’Arcadie est le symbole littéraire d’une terre pastorale et idyllique dès Virgile (70-19 av. J.-C.) dans ses Bucoliques (IV, 17 et 58-59), avant de devenir à partir de la Renaissance synonyme de lieu utopique et d’un mode de vie aussi simple que naturel, hors de toute « corruption » de la civilisation (cf. J. Sannazaro, Arcadia [1504] ; Bernardin de Saint-Pierre, L’Arcadie [1781]) (NdÉ).
Au vu des innombrables atrocités commises par l’homme envers ses frères et sœurs au cours des siècles, il serait tentant de considérer l’histoire de l’humanité comme une succession hasardeuse d’événements aussi absurdes qu’insensés, scandée par un cortège incessant de massacres, de guerres, d’invasions et d’asservissements marquant l’essor puis le déclin d’empires dont la plupart sont désormais tombés dans l’oubli. Au cours de l’âge moderne cependant, et plus encore au siècle des Lumières, les découvertes scientifiques, l’amélioration des conditions de vie, la diffusion des connaissances et des idées nouvelles ainsi que l’avènement de la monarchie parlementaire en Angleterre (1688) puis de la démocratie en Amérique (1776) tendent à asseoir la conviction selon laquelle, loin de suivre un cours aléatoire évoluant au gré des caprices individuels, l’histoire serait au contraire à interpréter comme la marche continue d’un progrès devant mener à l’avènement de notre liberté ici-bas. Telle est, en partie, la thèse développée par Immanuel Kant (1724-1804) dans son article de 1784, « Idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolitique ».
Le philosophe y soutient d’entrée de jeu que « les hommes pris individuellement, et même des peuples entiers, ne songent guère qu’en poursuivant leurs fins particulières en conformité avec leurs désirs personnels, et souvent au préjudice d’autrui, ils conspirent à leur insu au dessein de la nature ; dessein qu’eux-mêmes ignorent, mais dont ils travaillent, comme s’ils suivaient un fil conducteur, à favoriser la réalisatio…