XXIII. Durkheim
La religion, point d’articulation culturelle du collectif et de l’individuel
- Par Émile Durkheim,
- Traduit par Fabrice de Salies
Pages 191 à 197
Citer ce chapitre
- DURKHEIM, Émile,
- Traduit par DE SALIES, Fabrice,
- Textes choisis et présentés par DE SALIES, Fabrice,
- Durkheim, Émile.,
- et al.
- Durkheim, É.,
- Traduit par De Salies, F.
- Textes choisis et présentés par F. De Salies
https://doi.org/10.3917/flam.desal.2025.01.0191
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- Durkheim, É.,
- Traduit par De Salies, F.
- Textes choisis et présentés par F. De Salies
- Durkheim, Émile.,
- et al.
- DURKHEIM, Émile,
- Traduit par DE SALIES, Fabrice,
- Textes choisis et présentés par DE SALIES, Fabrice,
https://doi.org/10.3917/flam.desal.2025.01.0191
Notes
-
[1]
K. Marx, Contribution à la critique de la Philosophie du droit de Hegel [1843], trad. J. Molitor, Allia, 1998, p. 8.
-
[2]
Cf. notamment J. Lalouette, La Séparation des Églises et de l’État. Genèse et développement d’une idée, 1789-1905, Seuil, 2005.
-
[3]
Cf. Ch. Taylor, L’Âge séculier [2007], trad. P. Savidan, Seuil, 2011.
-
[4]
M. Gauchet, Le Désenchantement du monde. Une histoire politique de la religion [1985], Gallimard, 2005, p. 12.
-
[5]
Cf. notamment É. Benveniste, Le Vocabulaire des institutions indo-européennes, t. II : « Pouvoir, droit, religion », Les Éditions de Minuit, 1969, p. 265 sqq ; et M. Despland, La Religion en Occident. Évolution des idées et du vécu, Cerf, 1979, passim.
-
[6]
Cf. Lactance, Institutions divines [303-311], IV, 28, 3, éd. et trad. P. Monat, Cerf, 1992.
-
[7]
Cf. texte I, Tylor, « La science de la culture ».
-
[8]
É. Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse, op. cit., p. 65.
-
[9]
É. Durkheim, « Les études de science sociale » [1886], in La Science sociale et l’action [1970], Puf, 2010, p. 193.
-
[10]
É. Durkheim, Le Suicide. Étude de sociologie [1897], Puf [1930], 1997, p. 193.
-
[11]
Ibid., p. 196 et 307.
-
[12]
É. Durkheim, La Division sociale du travail [1893], Puf, 2013, p. 38.
-
[13]
É. Durkheim, Le Suicide, op. cit., p. 223.
-
[14]
Ibid., p. 382.
« La religion est l’opium du peuple », écrivait Karl Marx (1818-1883). Désireux de mettre en évidence le caractère foncièrement construit, artificiel et donc culturel du fait religieux, le fondateur du socialisme scientifique entend davantage encore mettre en exergue avec cette célèbre formule la dominante tout à la fois hypnotique, narcotique et addictive d’une entreprise qui, selon lui, n’a pas peu contribué à l’asservissement des populations au cours des âges. On ne manquera pas par ailleurs de rappeler que la Révolution française s’est en partie construite en opposition avec l’Église, pilier d’un pouvoir monarchique dit « de droit divin ». La religion se voit ainsi toujours davantage retranchée de la sphère publique pour se confiner exclusivement à celle du privé, symptôme d’une dynamique de laïcisation et sécularisation progressives de la vie politique depuis la Renaissance. Les modalités suivant lesquelles les individus pratiquent leur foi étant dorénavant affranchies de la tutelle étatique, du moins dans la plupart des démocraties contemporaines, nous y aurions aujourd’hui « affaire à une société athée composée et gouvernée par une majorité de croyants ».
Cette relégation du culte à une question strictement personnelle est cependant un phénomène extrêmement récent. Car la religion, quels que soient le socle des doctrines, le type de croyances comme les pratiques rituelles sur lesquels telle ou telle confession a pu s’édifier, fut au contraire pendant des millénaires un catalyseur social et culturel articulant individualité et collectivité, législations, us et coutumes, valeurs morales et symbolismes éthiques, arts et techniques, explications de l’ordre du monde, justifications des hiérarchies sociales, etc…