Introduction
- Par Hélène Tordjman
Pages 5 à 15
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Notes
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[1]
Sciences et techniques forment aujourd’hui un tout quasi indifférencié, l’essentiel de la science s’intéressant essentiellement aux applications technologiques et très peu aux connaissances fondamentales pour elles-mêmes. C’est d’ailleurs pourquoi on parle souvent de technosciences. Dans le langage technocratique, c’est l’acronyme STI qui domine, pour sciences-techniques-innovations. De fait, une grande part des scientifiques aujourd’hui sont plutôt des techniciens sophistiqués.
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[2]
Ivan Illich, La Convivialité (1973), in Œuvres complètes, t. I, Fayard, Paris, 2004.
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[3]
Voir par exemple Karl Polanyi, La Grande Transformation. Aux origines politiques et économiques de notre temps, Gallimard, Paris, 1983 [1944].
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[4]
Ibid.
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[5]
Voir, dans des perspectives différentes, Augustin Berque, Ecoumène. Introduction à l’étude des milieux humains, Belin, Paris, 1987, et Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Gallimard, Paris, 2005.
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[6]
La crise sanitaire provoquée par le SARS-CoV-2 vient le rappeler, s’il en était encore besoin.
Envoyer des nanoparticules de soufre dans l’atmosphère pour atténuer le rayonnement solaire ; « fertiliser » les océans avec du fer ou de l’urée pour favoriser la croissance du phytoplancton, grand consommateur de dioxyde de carbone ; fabriquer de toutes pièces des micro-organismes n’ayant jamais existé pour leur faire produire de l’essence, du plastique, ou les rendre capables d’absorber des marées noires ; donner un prix à la pollinisation, à la valeur sacrée d’une montagne, à la fonction de séquestration du carbone des forêts ou aux récifs coralliens en espérant que le mécanisme de marché permettra de les protéger ; transformer l’information génétique de tous les êtres vivants en ressources productives et marchandes… Cette liste à la Prévert est celle de quelques-unes des « solutions » envisagées aujourd’hui pour répondre à la crise écologique. Elle témoigne du rapport à la nature qui domine nos sociétés, rapport caractérisé par une volonté de maîtrise, une instrumentalisation de toutes les formes de vie sur Terre, en sus d’une foi inébranlable dans le mécanisme de marché. Or c’est justement une telle perspective anthropocentrique qui a engendré la catastrophe écologique. Depuis les débuts de l’ère moderne en Occident, la nature a été envisagée comme un réservoir de ressources dont l’Homme pouvait faire ce que bon lui semblait. L’émergence et l’approfondissement du capitalisme industriel il y a un peu plus de deux siècles se sont inscrits dans ce paradigme et ont renforcé sa légitimité…
Date de mise en ligne : 18/03/2021
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