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VII. L’économie des préjugés dans les discours médicaux du xviiie siècle. L’exemple de l’argumentaire de Théodore Tronchin dans l’article Inoculation de l’Encyclopédie

Pages 137 à 152

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  • Barroux, G.
(2020). VII. L’économie des préjugés dans les discours médicaux du xviiie siècle. L’exemple de l’argumentaire de Théodore Tronchin dans l’article Inoculation de l’Encyclopédie. La critique du préjugé au prisme de l’herméneutique : (1680-1780) (p. 137-152). Hermann. https://shs.cairn.info/la-critique-du-prejuge-au-prisme-de-l-hermeneutique-1680-1780--9791037005632-page-137?lang=fr.

  • Barroux, Gilles.
« VII. L’économie des préjugés dans les discours médicaux du xviiie siècle. L’exemple de l’argumentaire de Théodore Tronchin dans l’article Inoculation de l’Encyclopédie ». La critique du préjugé au prisme de l’herméneutique (1680-1780) Hermann, 2020. p.137-152. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-critique-du-prejuge-au-prisme-de-l-hermeneutique-1680-1780--9791037005632-page-137?lang=fr.

  • BARROUX, Gilles,
2020. VII. L’économie des préjugés dans les discours médicaux du xviiie siècle. L’exemple de l’argumentaire de Théodore Tronchin dans l’article Inoculation de l’Encyclopédie. In :
  • BROT, Muriel
  • et FAUVERGUE, Claire,
La critique du préjugé au prisme de l’herméneutique (1680-1780) Paris : Hermann. Hors collection, p.137-152. URL : https://shs.cairn.info/la-critique-du-prejuge-au-prisme-de-l-hermeneutique-1680-1780--9791037005632-page-137?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Tronchin, article Inoculation, (Chirurgie, Médecine, Morale, Politique), 755a-769a. Toutes nos références à l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert renvoient à 1Édition Numérique Collaborative et Critique de l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-1772) <http://enccre.academie-sciences.fr/encyclopedie/>.
  • [2]
    Samuel Tissot, Avis aupeuple sur sa santé, ou Traité des maladies les plus fréquentes, par M. Tissot, […] Nouvelle édition, augmentée de la description et de la cure de plusieurs maladies, et principalement de celles qui demandent de prompts secours. Ouvrage composé en faveur des habitants de la campagne, du peuple des villes, et de tous ceux qui ne peuvent avoir facilement les conseils des médecins, Paris, 1762.
  • [3]
    Louis Charles Henry Macquart, Extrait d’une question sur l’inoculation de la petite vérole, insérée dans le “Journalde médecine”du mois de février 1755, Paris ; et Nouveau dictionnaire de santé, et d’éducation physique et morale […], Paris, Bidault, an IX-1801.
  • [4]
    Anselme-Louis Bréchillet Jourdain, Préceptes de santé, ou introduction au Dictionnaire de santé, Paris, Vincent, 1772.
  • [5]
    Pierre-Jean-Georges Cabanis, Observations sur les hôpitaux, Paris, impr. nationale, 1790, Travail sur l’éducation publique, Paris, 1791, Coup d’œil sur les révolutions et sur la réforme de la médecine, Paris, Crapelet, an XII, 1804.
  • [6]
    Étienne Tourtelle, Eléments d’hygiène ou De l’influence des choses physiques et morales sur l’homme, et des moyens de conserver la santé, Paris, 1815.
  • [7]
    Bacon, Novum organum (1620), I, 39.
  • [8]
    « L’analogie les [les anciens médecins] a jetés dans des écarts qui sont encore plus honteux pour la raison. Le Quinquina que l’expérience avait consacré aux fièvres intermittentes, ils l’ont appliqué avec autant d’opiniâtreté que de témérité aux fièvres continues, aux fièvres malignes, aux fièvres hectiques, aux fièvres causées par des suppurations, etc. Après avoir découvert l’heureuse efficacité du mercure dans les maladies vénériennes et dans quelque autre maladie [on peut penser ici au traitement des hydrocéphales, c’est-à-dire de tumeurs aqueuses ou d’hydropisies de la tête], ils ne doutèrent pas que ce minéral fut un remède universel pour les maladies chroniques ; au lieu de se borner à de simples essais conduits par la prudence, ils le prodiguèrent hardiment dans le traitement du cancer, des ulcères, du scorbut, etc., comme une ressource assurée contre ces maux », François de La Peyronie (Petit, Quesnay…), Mémoires de l’Académie royale de chirurgie…, Paris, 1743, p. xxviij-xxix.
  • [9]
    « J’ai assez de patriotisme, dit-elle, pour tenter d’introduire en Angleterre cette heureuse découverte », Jean-François de Raymond, Querelle de l’inoculation ou Préhistoire de la vaccination, Paris, Vrin, 1982 p. 45.
  • [10]
    Cf. Grmek, Histoire de la médecine. en Occident, vol. II, De la Renaissance aux Lumières, Paris, Seuil, 1997.
  • [11]
    Réflexions sur les préjugés qui s’opposent aux progrès et à la perfection de l’inoculation, par M. Gatti, 1764, p. 214.
  • [12]
    Jaucourt, VÉROLE, PETITE, (Histoire de la Médecine), Enc., XVII, 79b-81a
  • [13]
    Tronchin, article Inoculation, (Chirurgie, Médecine, Morale, Politique), Enc., VIII, 762a-b.
  • [14]
    Plus particulièrement les Pensées sur l’interprétation de la nature où Diderot insiste sur l’expérience comme répétition.
  • [15]
    Enc., VIII, 764a.
  • [16]
    Enc., VIII, 764b.
  • [17]
    Catriona Seth, La découverte, Dix-huitième siècle, 2009/1, n° 41, L’inoculation contre la variole : un révélateur des liens sociaux, P. 152 ; de la même auteure, sur le même sujet : Les rois aussi en mouraient. Les Lumières en lutte contre la petite vérole, Editions Desjonquères, coll. « L’esprit des lettres », 2008.
  • [18]
    Enc., VIII, 765b.
  • [19]
    Enc., VIII, 766b.

Le médecin suisse Théodore Tronchin, dans son article Inoculation pour l’Encyclopédie, égrène treize arguments et contre arguments dans son plaidoyer pour l’inoculation de la petite vérole (variolisation), en s’inspirant assez fidèlement du discours prononcé auparavant par La Condamine (Mémoire sur l’inoculation de la petite vérole, lu à l’assemblée publique de l’Académie royale des Sciences, le mercredi 24 avril 1754). Ces arguments s’inscrivent dans différents registres : philosophique, naturaliste, moral, scientifique, médical, et statistique.
La prise de position de Tronchin intervient dans un vaste et souvent virulent débat, à l’échelle européenne, sur les dangers ou les avantages d’une pratique qui se situe entre tradition et modernité. La tradition viendrait de l’Orient et de l’extrême Orient (Turcs et Chinois), la modernité viendrait des médecins et des personnalités pionnières de cette première forme de vaccin (en particulier l’Angleterre). Les têtes pensantes de l’époque – Voltaire, Diderot, d’Alembert, etc. – apportent chacune leur pierre de touche, le plus souvent pour dénoncer un obscurantisme qui sacrifierait nombre de vies humaines sur l’autel de la fatalité ou du divin. Comme tout débat, celui-ci véhicule un certain nombre de préjugés de part et d’autre, oscillant notamment entre exagération et minoration des risques. L’objet de cette contribution est de proposer un examen des différents préjugés qui investissent les argumentaires : comment Tronchin dans l’univers philosophique propre à l’…


Date de mise en ligne : 20/02/2025

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