Chapitre I. Des carrières sous l’Ancien Régime
- Par Robert Darnton
Pages 41 à 88
Citer ce chapitre
- DARNTON, Robert,
- DARNTON, Robert,
- Traduit de l’anglais (États-Unis) JOLY, Frédéric,
- Darnton, Robert.
- Darnton, R.
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- Darnton, R.
- Darnton, Robert.
- DARNTON, Robert,
- DARNTON, Robert,
- Traduit de l’anglais (États-Unis) JOLY, Frédéric,
Notes
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[1]
Parmi les nombreuses études consacrées aux écrivains français du xviiie siècle, les suivantes m’ont été les plus précieuses : Lucien Brunel, Les Philosophes et l’Académie française au dix-huitième siècle, Paris, Hachette, 1884 ; Maurice Pellisson, Les Hommes de lettres au xviiie siècle, Paris, Arman Colin, 1911 ; Jules Bertaut, La Vie littéraire au xviiie siècle, Paris, Tallandier, 1954 ; Paul Bénichou, Le Sacre de l’écrivain, 1750-1830. Essai sur l’avènement d’un pouvoir spirituel laïque dans la France moderne, Paris, José Corti, 1973 ; John Lough, Writer and Public in France : from the Middle Ages to the Present Day, Oxford, Clarendon Press, 1978 ; Didier Masseau, L’Invention de l’intellectuel dans l’Europe du xviiie siècle, op. cit. ; Daniel Roche, Les Républicains des lettres : gens de culture et Lumières au xviiie siècle, Paris, Fayard, 1988 ; Darrin McMahon, Enemies of the Enlightenment : The French Counter-Enlightenment and the Making of Modernity, op. cit. ; et Geoffrey Turnovsky, The Literary Market. Authorship and Modernity in the Old Regime, op. cit.
-
[2]
Voir Alain Viala, Naissance de l’écrivain : Sociologie de la littérature à l’âge classique, op. cit. Pour ce qui est de Voltaire, je me suis tout spécialement appuyé sur René Pomeau (dir.), Voltaire en son temps, Paris, Fayard / Voltaire Foundation, 1995, 2 vol.
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[3]
C’est Arsaune Houssaye qui popularisa l’expression « le roi Voltaire », l’attribuant à Frédéric II de Prusse, qui l’aurait utilisée le premier en réponse à la question suivante : « Quel est le souverain que vous craignez le plus en Europe ? » Voir Arsaune Houssaye, Le Roi Voltaire [1858], Paris, Plon, 1860, p. 13.
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[4]
Jean-François Marmontel, Mémoires, John Renwick (éd.), Clermont-Ferrand, G. de Bussac, 1972, vol. 1, p. 80.
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[5]
Ibid., vol. 1, p. 313.
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[6]
Ibid., vol. 1, p. 313-315. Marmontel accompagnait ce commentaire de précisions quant aux sinécures et pensions qui avaient fait de lui un homme riche.
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[7]
Ces pages proposent une version remaniée d’un article publié à l’origine dans l’ouvrage collectif André Morellet (1727–1819) in the Republic of Letters and the French Revolution (sous la dir. de Jeffrey Merrick et Dorothy Medlin, New York, Peter Lang, 1995, p. 5-38). Parce que cette étude vise à comprendre la carrière de Morellet, elle accorde de l’importance à des questions très concrètes, relatives à ses revenus et ses protections plutôt qu’à ses idées et son talent littéraire. Mais il n’est pas question de minimiser ces derniers, qui jouèrent un rôle crucial dans son succès et dont d’autres études ont par ailleurs pris la mesure, et notamment : Daniel Gordon, « “Public Opinion” and the Civilizing Process in France : The Example of Morellet », Eighteenth-Century Studies, vol. 22, n° 3, 1989, p. 302-328 ; Dorothy Medlin, « André Morellet, Translator of Liberal Thought », Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, vol. 174, 1978, p. 189-202 ; Dorothy Medlin, « André Morellet and the Idea of Progress », Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, vol. 189, 1980, p. 239-246 ; et Auguste Mazure, Les Idées de l’abbé Morellet, Paris, L. Larose et L. Tenin, 1910. Une étude beaucoup plus récente — William H. Sewell Jr., « The Abbé Morellet between Publishing and Patronage », in Capitalism and the Emergence of Civic Equality in Eighteenth-Century France, Chicago, University of Chicago Press, 2021, p. 181-199 — vient confirmer mon interprétation, tandis qu’une autre la conteste : Daniel Gordon, Citizens without Sovereignty. Equality and Sociability in French Thought, 1670-1789, Princeton, Princeton University Press, 1994.
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[8]
André Morellet, Mémoires de l’abbé Morellet de l’Académie française sur le dix-huitième siècle et sur la Révolution, Jean-Pierre Guicciardi (éd.), Paris, Mercure de France, 1988, p. 41.
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[9]
Ibid., p. 54.
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[10]
Ibid., p. 55.
-
[11]
Ibid., p. 56.
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[12]
Ibid., p. 66.
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[13]
Ibid., p. 81.
-
[14]
Morellet à A. R. J. G. G. de Sartine, 15 juin 1760, in Lettres d’André Morellet, Dorothy Medlin, Jean-Claude David et Paul LeClerc (éd.), Oxford, Voltaire Foundation, 1991, t. i, p. 3.
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[15]
André Morellet, Mémoires de l’abbé Morellet de l’Académie française sur le dix-huitième siècle et sur la Révolution, op. cit., p. 106. Morellet fut incarcéré six semaines, et non six mois, comme il l’écrit par erreur.
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[16]
Ibid., p. 102.
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[17]
Ibid., p. 136.
-
[18]
Alessandro Verri et Pietro Verri, Viaggio a Parigi e Londra (1766–1767) : Carteggio di Pietro e Alessandro Verri, éd. Gianmarco Gaspari, Milan, Adelphi, 1980, p. 102.
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[19]
André Morellet, Mémoires de l’abbé Morellet de l’Académie française sur le dix-huitième siècle et sur la Révolution, op. cit., p. 65.
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[20]
Ibid.
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[21]
Ibid., p. 140.
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[22]
Diderot à Sophie Volland, 23 août 1769, dans sa Correspondance, George Roth et Jean Varloot (éd.), Paris, Éditions de Minuit, 16 vol., 1955-1970, vol. 9, p. 120.
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[23]
André Morellet, Mémoires de l’abbé Morellet de l’Académie française sur le dix-huitième siècle et sur la Révolution, op. cit., p. 139.
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[24]
Me prémunissant contre toute conception anachronique de la littérature du xviiie siècle, je n’entends certes pas laisser penser pour autant que les écrivains de cette époque manquaient d’un sentiment de vocation. Bien au contraire, Morellet, à l’instar de nombreux philosophes, considérait que les écrivains, en guidant l’opinion publique, finiraient par déterminer le cours de l’histoire, son progrès. Il n’envisageait pas ses œuvres polémiques comme de la simple propagande, même lorsqu’il indiquait clairement qu’elles visaient les ennemis de ses protecteurs et qu’il attendait de leur part une récompense pour les avoir écrites.
-
[25]
André Morellet, Mémoires de l’abbé Morellet de l’Académie française sur le dix-huitième siècle et sur la Révolution, op. cit., p. 161.
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[26]
Ibid., p. 164-165.
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[27]
Ibid., p. 166.
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[28]
Ibid., p. 168-169.
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[29]
André Morellet, Théorie du paradoxe, Amsterdam, s. n., 1775, citation tirée de la page 7 ; André Morellet, Mémoires de l’abbé Morellet de l’Académie française sur le dix-huitième siècle et sur la Révolution, op. cit., p. 200-204.
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[30]
Ibid., p. 206.
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[31]
Ibid., p. 241 : « Ce travail assez considérable devint, comme presque tous mes ouvrages, la proie des libraires : un volume in-octavo, de plus de 400 pages, fut entièrement perdu pour moi ». Voir également ses remarques similaires sur la commercialisation de sa traduction de Beccaria : « Cette traduction, faite avec tant de soin, et si répandue en si peu de temps, ne m’a valu presque rien, attendu la grande habileté des libraires et la grande ineptie des gens de lettres, ou du moins la mienne, en matière d’intérêt » (p. 150). Cependant, les lettres de Morellet à la Société typographique de Neuchâtel (que l’on retrouve dispersées dans les Lettres d’André Morellet, op. cit., t. i, p. 295-521) laissent penser qu’il n’était pas aussi naïf quant à l’économie de l’édition qu’il le prétendait dans ses Mémoires.
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[32]
Voir la lettre de Morellet à Pietro Verri du 20 novembre 1771, in Lettres d’André Morellet, op. cit., p. 153.
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[33]
Un abbé commendataire touchait le revenu d’un bénéfice sans résider sur place ni faire aucun service.
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[34]
André Morellet, Mémoires de l’abbé Morellet de l’Académie française sur le dix-huitième siècle et sur la Révolution, op. cit., p. 271.
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[35]
Ibid., p. 272.
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[36]
Ces chiffres n’incluent pas les 1 000 livres de pension attachées à l’abbaye de Tholey que Morellet avait touchées auparavant au titre de sa mission de précepteur de La Galaizière — un montant qui passa à 1 200 livres en 1759 — puisqu’il perdit cette pension en 1770 à la suite de complexes intrigues ecclésiales. L’« indemnité » de 4 000 livres passa à 6 000 en 1769 et fut ensuite convertie en une pension fixe par Anne Robert Jacques Turgot, mais Joly de Fleury la ramena à 3 000 livres en 1782. Elle était censée couvrir les frais impliqués par le travail sur le Dictionnaire de commerce, dont un salaire de 1 500 livres versé à son secrétaire et divers émoluments versés à un copiste. Dans ses Mémoires, Morellet n’évoquait pas les sommes que lui versaient les éditeurs du Dictionnaire de commerce, le « robinet » ayant sans doute été coupé après son échec à venir à bout de l’entreprise. Il continua néanmoins à recevoir vingt ans durant des subsides de la part du gouvernement pour ce Dictionnaire, jusqu’à ce que la Révolution vienne mettre un terme à ces versements. Sur l’accord passé entre Morellet et les frères Estienne, Jacques et Robert, voir la lettre de Morellet à Turgot du 29 novembre 1768, in Lettres d’André Morellet, op. cit., t. i, p. 102. Le prospectus publié au mois de mai 1769 avait apparemment permis aux éditeurs de recueillir 250 souscriptions à 120 livres chacune. Les frères Estienne et les protecteurs de Morellet semblent tous avoir déploré son échec à mener à bien cette entreprise. Il se défendit du mieux qu’il put en rappelant avec insistance à quel point les commandes gouvernementales l’avaient accaparé, mais il parlait de son échec à produire le dictionnaire comme du grand « tort de [s]a vie littéraire » : voir les Mémoires de l’abbé Morellet de l’Académie française sur le dix-huitième siècle et sur la Révolution, op. cit., p. 163-169. Il évoqua ces difficultés dans plusieurs lettres adressées à Turgot entre 1768 et 1776.
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[37]
André Morellet, ibid., p. 270.
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[38]
André Morellet à Cesare Bonesana, marquis de Beccaria, 3 janvier 1766, in Lettres d’André Morellet, op. cit., t. i, p. 45.
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[39]
Morellet à Turgot, 25 décembre 1779, ibid., t. i, p. 146-148.
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[40]
Morellet à Shelburne, 10 mai 1783, ibid., t. i, p. 487. Voir également, pour des remarques similaires, la lettre de Morellet à Shelburne du 27 octobre 1782, ibid., t. i, p. 468 : « Vous savez à combien de ministres et de gens en place j’ai été attaché sans fruit ».
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[41]
Morellet à Turgot, 23/24 décembre 1768, ibid., t. i, p. 104-105.
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[42]
Morellet à Turgot, 23 septembre 1770, ibid., t. i, p. 145-146.
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[43]
Morellet à Turgot, 25 décembre 1770, ibid., t. i, p. 147.
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[44]
Morellet à Turgot, 10 septembre 1773, ibid., t. i, p. 207.
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[45]
Ibid.
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[46]
Morellet à Turgot, 11 août 1775, ibid., t. i, p. 262-263.
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[47]
Morellet à Turgot, 11 ou 18 septembre 1775 (la date est incertaine), ibid., t. i, p. 282.
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[48]
André Morellet, Mémoires de l’abbé Morellet de l’Académie française sur le dix-huitième siècle et sur la Révolution, op. cit., p. 220.
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[49]
Le récit à venir s’appuie sur la correspondance d’Arnaud publiée en ligne sous le titre Enlightenment Biographical Dictionary : François Thomas Marie de Baculard d’Arnaud ; il s’appuie également sur ses nombreux ouvrages ainsi que sur des sources contemporaines comme les Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la république des lettres en France depuis 1762 jusqu’à nos jours… (op. cit.), ou la Correspondance littéraire, philosophique et critique par Grimm, Diderot, Raynal, Meister, etc., (Maurice Tourneux (éd.), Paris, Garnier, 1879). Mais il ne prétend en rien à l’originalité et doit beaucoup à la biographie de Robert L. Dawson, Baculard d’Arnaud : Life and prose fiction (Banbury, Voltaire Foundation, 1976), qui fut publiée sous la forme de deux volumes (les 141 et 142) des Studies on Voltaire and the Eighteenth Century. Pour ce qui est des finances d’Arnaud, il s’appuie également sur Bertran de la Villehervé, François-Thomas de Baculard d’Arnaud : Son théâtre et ses théories dramatiques (Paris, Honoré Champion, 1920).
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[50]
Bertran de la Villehervé, François-Thomas de Baculard d’Arnaud : Son théâtre et ses théories dramatiques, op. cit., p. 8.
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[51]
Le dossier de d’Arnaud à la Bastille montre que la police le suspectait aussi d’avoir produit « quelques couplets satiriques contre la cour ». Voir François Ravaisson-Mollien, Archives de la Bastille, Paris, A. Durand et Pedone-Lauriel, 1881, t. xii, p. 210.
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[52]
Pour un récit contemporain détaillé de cette affaire, qui témoigne de la fascination qu’elle suscita, voir Edmond-Jean-François Barbier, Chronique de la Régence et du règne de Louis XV (1718-1763) ou Journal de Barbier, Avocat au Parlement de Paris, Paris, Charpentier, 1857, vol. 4, p. 54-61 et p. 107.
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[53]
Baculard d’Arnaud, Les Époux malheureux, Paris, vol. 9 et 10, 1803, p. 115. Cette réédition était fidèle à l’édition originale de 1745, à l’exception de sa fin que d’Arnaud avait réécrite pour en faire un dénouement heureux : l’annulation du mariage était en définitive elle-même annulée.
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[54]
Ibid., p. 121.
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[55]
Ibid., p. 159.
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[56]
Robert L. Dawson, Baculard d’Arnaud : Life and prose fiction, op. cit., p. 78-79 et p. 682-688.
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[57]
Évoquant — chose rare — un paiement, Joseph d’Hémery, l’inspecteur de police en charge de la librairie, notait dans son journal, le 15 juillet 1751, que d’Arnaud avait reçu 2 000 livres pour une édition de ses Œuvres diverses de la part du libraire parisien Durand : ibid., p. 163.
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[58]
Fanny, histoire anglaise, in Les Épreuves du sentiment, Paris, Le Jay, 1772, citations tirées du vol. 1, p. 78 et 17.
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[59]
Robert L. Dawson, Baculard d’Arnaud : Life and prose fiction, op. cit., p. 273.
-
[60]
François-Thomas-Marie de Baculard d’Arnaud, Salisbury in Nouvelles historiques, Maastricht, Edme Dufour et Philippe Roux, 1785, t. i, p. 125.
-
[61]
Norston et Suzanne, ou le malheur in Œuvres de M. d’Arnaud, Paris, Ballard et fils, 1784, t. iii : Délassements de l’homme sensible, 5e partie, p. 9.
-
[62]
Louis Petit de Bachaumont, Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la République des lettres en France depuis 1762 jusqu’à nos jours…, op. cit., 2 juillet 1767 ; voir également Bertran de la Villehervé, François-Thomas de Baculard d’Arnaud : Son théâtre et ses théories dramatiques, op. cit., p. 44-45.
-
[63]
Robert Dawson a fourni un effort proprement héroïque pour identifier les premières éditions de ces œuvres et en a publié une liste qui court sur plus de cent pages : Baculard d’Arnaud : Life and prose fiction, op. cit., p. 609-712.
-
[64]
Correspondance littéraire, philosophique et critique par Grimm, Diderot, Raynal, Meister, etc., op. cit., t. vii, p. 479. Voir le semblable et très ironique commentaire suivant (t. ix, p. 185) au sujet du succès de d’Arnaud auprès du public populaire : « Il a beaucoup de vogue parmi les couturières et les marchandes de modes, et s’il peut mettre les femmes de chambre dans son parti, je ne désespère pas de sa fortune. »
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[65]
Dans Fanny, d’Arnaud s’élevait contre « l’autorité des grands, qui écrasent toujours sous leurs pieds et avec impunité les petits » (p. 49). Mais sa sympathie pour les opprimés ne le conduisait pas à critiquer les privilèges et l’organisation hiérarchique de l’Ancien Régime.
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[66]
Charles Monselet, Les Oubliés et les dédaignés : Figures littéraires de la fin du xviiie siècle, Alençon, Poulgt-Malassis et De Broise, 1857, t. ii, p. 157-172 (p. 168).
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[67]
Comme je l’ai expliqué en introduction, la carrière prérévolutionnaire de Brissot me semble illustrer au mieux la difficile condition des écrivains qui se situaient au bas de la hiérarchie du monde des lettres. Plutôt que d’évoquer ici une nouvelle fois son cas personnel, j’ai choisi de m’intéresser à son ami Pierre-Louis Manuel, qui aspirait lui aussi à la gloire en tant que philosophe et qui dut se résigner à de nombreux compromis et connaître un sort d’écrivassier.
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[68]
La seule biographie consacrée à Manuel — Pierre Louis Manuel 1753-1793 : Du pouvoir à l’échafaud par Huguette Leloup-Audibert (Gien, Éditions de l’Écluse, 2006) — s’attarde sur ses origines, à Montargis, mais elle ne nous dit pas grand-chose sur sa carrière prérévolutionnaire. Voir également les articles qui lui sont consacrés dans Auguste Kuscinski, Dictionnaire des Conventionnels 1792-1795, éd. A. Kuscinski, Paris, 1916, vol. 2, p. 427 ; ainsi que Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne, Paris, 1820, t. xxvi, p. 541-544. On trouve dans Vie secrète de Pierre Manuel de Pierre Turbat (sans indication de lieu ni de date) des détails évocateurs au sujet de sa jeunesse, mais il s’agit d’un grossier libelle produit au cours de la répression des girondins, en 1793, et qu’il est impossible de considérer comme une source fiable.
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[69]
On trouve dans un rapport sur l’incarcération de Manuel à la Bastille — les Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la République des lettres en France depuis 1762 jusqu’à nos jours… (op. cit.) —, en date du 11 février 1786, les lignes suivantes : « Un M. Manuel ayant perdu son état de gouverneur des enfants de M. Tourton par la sortie violente qu’un certain abbé Royou avait faite contre lui dans L’Année littéraire, en le représentant comme un impie, comme un homme abominable, avait été obligé pour ressource de se faire libraire ou colporteur, a été aussi arrêté. »
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[70]
Pierre-Louis Manuel, Essais historiques, critiques, littéraires et philosophiques, par M. Ma…, Genève, s. n., 1783, citations tirées des pages 9 et 80. Manuel semblait également faire référence à sa propre expérience quand il déplorait la condition d’un auteur contraint de subvenir à ses besoins en faisant le précepteur (p. 41).
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[71]
Pierre-Louis Manuel, Coup-d’œil philosophique sur le règne de Saint-Louis : Par M. Manuel, « À Damiette » ; s. n., 1788), citations tirées des pages 5 et 8. Manuel mettait un abrupt point final à son livre en faisant référence à l’ouvrage de l’abbé Pierre-Louis Saint-Martin, Les Établissements de Saint Louis, Roi de France (Paris, Nyon, 1786), déclarant : « Son travail me dispense de continuer mes recherches » (p. 164).
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[72]
Correspondance littéraire, philosophique et périodique par Grimm, Diderot, Raynal, Meister, etc., op. cit., t. XIV, p. 394. Mais les Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la République des lettres en France depuis 1762 jusqu’à nos jours… (op. cit.) du 30 avril 1786 faisaient l’éloge du Coup d’œil, le présentant comme un récit « hardi, satirique, plaisant ».
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[73]
Pierre-Louis Manuel, Lettre d’un garde du roi, pour servir de suite aux mémoires sur Cagliostro, Londres, s. n., 1786, p. 5. Dans la Correspondance littéraire, (t. xiv, p. 372), Meister traitait la Lettre avec dédain dans une note de bas de page : « Les critiques de ce pamphlet sont beaucoup plus amères qu’elles ne sont piquantes et spirituelles ».
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[74]
La source du récit que l’on va lire est un dossier qui se trouve aux Archives nationales, W 295, n° 246, complétée par l’entrée consacrée à Manuel dans Frantz Funck-Brentano, Les Lettres de cachet à Paris : Étude suivie d’une liste des prisonniers de la Bastille (1659-1789), Paris, Imprimerie nationale, 1903, p. 415.
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[75]
Frantz Funck-Brentano, Les Lettres de cachet à Paris : Étude suivie d’une liste des prisonniers de la Bastille (1659-1789), op. cit., p. 415.
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[76]
Sur les relations de Mirabeau avec Mme de Nehra, voir Louis de Loménie, Les Mirabeau : Nouvelles études sur la société française au xviiie siècle, Paris, Dentu, 1889, t. iii, chap. 10. Cependant, cette étude n’évoque pas le rôle joué par Manuel dans l’activité pamphlétaire de Mirabeau.
-
[77]
Pierre-Louis Manuel, La Bastille dévoilée, ou recueil de pièces pour servir à son histoire, Paris, Desenne, 1789, vol. 3, p. 105-106. La brève notice consacrée à Manuel le présente ainsi : « Né à Montargis, fils d’un marchand de toile » ; elle mentionne qu’il fut suspecté d’avoir écrit la Lettre d’un garde du roi, ajoutant qu’il fut « accusé de vendre plusieurs livres défendus, tels que les ouvrages de M. de Mirabeau, et d’envoyer en province des nouvelles à la main ». Les Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la République des lettres en France depuis 1762 jusqu’à nos jours… (op. cit.) du 12 février 1786 notaient que, outre la Lettre, Manuel avait écrit « beaucoup d’autres pamphlets ». Et dans un rapport sur sa sortie de la Bastille, en date du 14 mai 1786, il est affirmé qu’« il se loue de la douceur avec laquelle il y a été traité ».
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[78]
Archives Lenoir, Bibliothèque municipale d’Orléans, ms. 1422, « Sûreté » ; et ms. 1423, « Mélanges ». Lenoir avait l’intention de faire de ses notes et de ses écrits divers un livre mais il ne l’acheva jamais. Ceux-ci sont présentés en appendice de l’excellente étude que Vincent Milliot a consacrée à Lenoir et à la police parisienne dans Un Policier des Lumières, op. cit., où l’on trouve les commentaires de Lenoir sur Audouin et Manuel (p. 655-656 et p. 1033). Milliot présente Lenoir comme un fonctionnaire consciencieux dont le témoignage est digne de foi, même s’il y faisait part du sentiment d’horreur que lui inspirait la Révolution. Il confirme également ma conviction que Manuel et Brissot espionnaient pour le compte de la police.
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[79]
Sur ma conviction, fondée sur les archives de Lenoir, que Brissot était très probablement un espion de la police, voir mon essai « The Grub Street Style of Revolution : J.-P. Brissot, Police Spy », Journal of Modern History 40, 1968, p. 301-327. Et sur le débat qu’il provoqua, voir « The Brissot Dossier », art. cit.
-
[80]
Pierre-Louis Manuel, L’Année française, ou vie des hommes qui ont honoré la France, ou par leurs talents, ou par leurs services, et surtout par leurs vertus : Pour tous les jours de l’année, Paris, Nyon, 1789, t. ii, p. v. Dans les faits, Manuel avait intégré à cet ensemble des notices favorables consacrées à François Ier et à Colbert, et il y évitait soigneusement les remarques anticléricales ; ce faisant, il ne s’exposait pas au sort qui avait été réservé à Pierre-Sylvain Maréchal, emprisonné pour son Almanach des honnêtes gens (1788), qui honorait les philosophes en lieu et place des saints et qui, en conséquence, fut condamné et brûlé. Le censeur qui avait approuvé le privilège accordé à l’ouvrage de Manuel, en date du 28 août 1788, notait ceci : « Le but de l’auteur est raisonnable, ses principes sont sains ».
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[81]
Antoine de Rivarol, Le Petit Almanach de nos grands hommes, s. l., s. n., 1788, p. 120.
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[82]
Pierre-Louis Manuel, Supplément à la nouvelle édition du Petit Almanach des grands hommes, ou lettre à Messieurs de Rivarol et de Champcenets, par un des grands hommes du Petit Almanach, s. l., s. n., 1788, p. 12.
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[83]
Antoine de Rivarol, Lettre d’une Muséenne à M. Manuel, auteur du Supplément au Petit Almanach des grands hommes, s. l., s. n., s. d., p. 2 et 4. Le Musée était un lieu ouvert à tous et où des écrivains inconnus pouvaient chaque mercredi lire leurs ouvrages devant une assistance venue pour cela. Louis-Sébastien Mercier, qui en était membre, en parlait comme d’une sorte de forum où ne régnait aucun privilège, par contraste avec l’Académie française : voir « Musées » et « Le Musée de Paris », in Tableau de Paris, Jean-Claude Bonnet (éd.), Paris, Mercure de France, 1994 ; un reprint basé sur les éditions de 1782 à 1789, t. i, p. 1469-1470 et t. ii, p. 1279-1280. Mercier ne cessa pas de défendre les écrivains qui menaient leurs carrières hors des cercles de l’élite littéraire. Voir « La littérature du faubourg Saint-Germain et celle du faubourg Saint-Honoré », in ibid., t. i, p. 1211-1213 ; ainsi que De la littérature et des littérateurs, op. cit.
-
[84]
Auguste Kuscinski, Dictionnaire des Conventionnels 1792-1795, op. cit., vol. 2, p. 427.
Si, comme l’affirmait Mercier, trente écrivains seulement pouvaient en France vivre de leur plume, comment s’y prenaient les autres ? La littérature n’était certes pas une profession mais les contemporains la considéraient comme un phénomène social à part entière : le monde des lettres avait ses points d’entrée, ses schémas de réussite et d’échec, et les sources de revenu dans ce monde reposaient sur les institutions culturelles de l’Ancien Régime. Le meilleur moyen de comprendre comment les écrivains intégraient le paysage institutionnel consiste à retracer certaines carrières exemplaires. Bien que cette approche ne rende pas justice aux qualités esthétiques et intellectuelles de leurs écrits respectifs, elle a le mérite de révéler les conditions auxquelles ils avaient affaire, qu’ils aient rencontré le succès, connu une carrière « moyenne » ou lamentablement échoué.
Les schémas de carrière étaient le résultat de conditions qui remontaient au xviie siècle, mais ils adoptèrent un caractère particulier au cours du xviiie, époque où Voltaire démontra que l’activité d’écriture pouvait exercer une influence extraordinaire et conduire à la célébrité. C’est à l’âge de 24 ans que Voltaire a conquis Paris avec sa tragédie Œdipe (1718), qui allait le faire passer comme un digne successeur de Corneille et Racine. S’aidant de ses relations, dont certaines dataient de ses jeunes années passées sur les bancs de Louis-le-Grand, et de son esprit, qui scandalisait et ravissait à la fois la société « à la page », il se fit une place dan…
Date de mise en ligne : 04/03/2026
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