1697. Philippe de Courpon
- Textes établis, présentés et annotés par Réal Ouellet
Pages 693 à 697
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Notes
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[1]
Sur l’histoire mouvementée de Saint-Christophe, entre l’invasion française de 1689 et la cession de l’île entière à l’Angleterre par le traité d’Utrecht, en 1713, voir N. M. Crouse, The French Struggle for the West Indies, 1665-1713, p. 246-255 ; R. B. Sheridan, Sugar and Slavery, p. 154-155 ; J. Pritchard, In Search of Empire, p. 378-379 et 400-401.
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[2]
ANOM, C8B2, n° 36, 4 feuillets ; non signé.
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[3]
Philippe de Courpon était lieutenant à la Martinique depuis 1693, et membre du Conseil souverain depuis un an quand il écrivit ce mémoire.
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[4]
Selon Ch. de la Roncière, aux 3 000 hommes de Christopher Codrington, le chevalier Charles de Guitaud n’avait pu opposer que 1 100 miliciens, « encadrés par trois compagnies d’infanterie » (Histoire de la marine française, vol. 6, p. 243-244).
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[5]
En juillet-août 1694, Jean-Baptiste Ducasse, gouverneur de Saint-Domingue, avait dévasté la Jamaïque et enlevé de 1 300 à 3 000 esclaves (Ch. de La Roncière, ibid., vol. 6, p. 250-252 ; J. Pritchard, In Search of Empire, p. 317-318).
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[6]
Les rescapés de Saint-Christophe ont-ils vraiment apporté « l’abondance dans la Martinique » ? Cette affirmation est difficile à accepter. Si la population noire s’y accrut de 12 857 à 17 382 de 1692 à 1702, la blanche augmenta à peine, passant de 6 413 à 6 820. C’est en 1715 qu’on notera une augmentation sensible de la population blanche, évaluée à 9 391, les Noirs atteignant 29 247. Les sucreries, au nombre de 184 en 1687, après avoir décliné à 166 en 1697, atteindront le nombre de 186 en 1702 (J. Pritchard, In Search of Empire, p. 54, 171 et 424). Si l’on compare les données pour les années 1685-1700, on découvre une baisse considérable de la population blanche, qui diminue, à Saint-Christophe et aux îles françaises Sous-le-Vent, de 4 598 à 1 061 (les Noirs passant de 5 294 à 722) ; cette population blanche augmente à la Guadeloupe et à Marie-Galante, de 3 670 à 4 466, à la Martinique et à la Grenade, de 5 183 à 6 774 (J. Pritchard, ibid., p. 424).
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[7]
Courpon pense sans doute à l’attaque par terre et par mer de John Foulke et de Francis Wheler, en 1693, repoussée par les Français : voir le récit de Charles Auger, supra, p. 688-693.
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[8]
Des habitants de Saint-Christophe sont-ils devenus flibustiers après la conquête des Anglais ? On peut le présumer en lisant les réflexions de Jean-Baptiste du Casse et de Tarin de Cussy sur ces « flibustiers habitants » très nombreux vers la fin du siècle (J.-P. Moreau, Pirates, p. 147-148).
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[9]
Déjà, dans les années 1684-1686, la Barbade comptait 46 500 esclaves, la Martinique 10 454, la Guadeloupe 4 625, et Saint-Christophe 4 348 (P. D. Curtin, The Atlantic Slave Trade, p. 59 ; J. Pritchard, In Search of Empire, p. 428). En 1700, la moitié (228 000 tonnes) de la production sucrière des Antilles britanniques viendra de la Barbade (R. B. Sheridan, Sugar and Slavery, p. 487).
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[10]
En dehors d’une occupation française de huit mois en 1666-1667, Antigua avait été une colonie anglaise depuis 1632. Son industrie sucrière s’était fort développée avec l’installation, vers 1674, de Christopher Codrington, venu de la Barbade.
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[11]
Après avoir été colonisée par les Hollandais et les Anglais, Sainte-Croix fut occupée en 1650 par les Français, qui l’abandonnèrent en janvier 1696.
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[12]
Depuis 1648, les Français (au nord) et les Hollandais (au sud) se partageaient Saint-Martin ; Saint-Barthélemy était une colonie française depuis 1648. Dans son mémoire de 1700, l’intendant François-Roger Robert jugera « ces deux petites îles comme très utiles aux autres colonies françaises, et plus particulièrement à celle de Saint-Christophle » (Mémoire sur l’état présent des îles françaises, cité par É. Taillemite, « Une description de la Guadeloupe en 1700 », p. 16).
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[13]
Depuis 1684, la France et l’Angleterre considéraient Tobago comme un territoire neutre.
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[14]
Le verso du 4e feuillet porte : « M. de Courpon 1697 § Mémoire sur les colonies en échange de St Christophle ». Le recto est blanc.
La guerre de la Ligue d’Augsbourg (ou King William’s War), qui coalisa plusieurs pays d’Europe contre la France, de 1688 à 1697, eut des répercussions importantes aux Antilles. Chassés de Saint-Christophe en juin 1690, attaqués l’année suivante à Saint-Domingue par l’Armada de Barlovento, les Français attaquèrent à leur tour la Jamaïque (1694) et pillèrent la riche ville de Cartagena, en Colombie (1697). Cette intense activité maritime et militaire fit comprendre à quel point les diverses possessions des puissances européennes n’étaient pas toujours situées favorablement l’une par rapport aux autres. Philippe de Courpon voit très bien que la colonie française de Saint-Christophe ne peut guère tenir, coupée en deux par la partie centrale où sont installés les Anglais : pour que les Français puissent occuper l’île entière, il faut, suggère-t-il, convaincre les Anglais de l’abandonner et de recevoir en compensation Sainte-Croix, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. L’histoire en ira bien autrement.
De Courpon, obéissant à ce que Votre Grandeur souhaite de lui au sujet des îles de l’Amérique, prend la liberté de l’assurer que, depuis qu’il a l’honneur d’y servir Sa Majesté, il a toujours vu les peuples qui l’habitent prêts à faire tout ce qu’on peut attendre d’eux pour le service, et fort attachés à tirer par leurs travaux tout ce que ces climats* peuvent fournir pour l’entretien et l’augmentation du commerce. Ce sont, Monseigneur, les deux choses qu’il m’a paru que vous demandez de ces nouvelles colonies…
Date de mise en ligne : 15/10/2024
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