3 - Les colonisations démantelées
- Par René Sédillot
Pages 60 à 78
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Remontons encore le temps, pour saluer les premières émancipations et les premiers transferts de colonisation.
Les colons d’Amérique du Nord, au XVIIIe siècle finissant, sont deux millions au moins, répartis en treize colonies : anglais pour la plupart, mais avec de gros appoints scandinaves, écossais, irlandais, allemands qu’on attire en offrant des terres à bas prix. Les Yankees, comme on les appelle en déformant le mot « Anglais », commencent à se suffire à eux-mêmes : ils ont leurs universités, des bibliothèques, des journaux, des savants. Les colonies du Nord exportent du bois et du blé, celles du Sud du tabac, du riz, du sucre, du coton. Elles ne songent pas à se libérer de la tutelle britannique.
Mais, semblables à des parents qui ne se résignent pas à voir grandir leurs enfants, les Anglais persistent à traiter leurs colonies américaines comme à leur premier âge. Ils considèrent les colons comme gens de peu : des Quakers mécontents, des Irlandais papistes qui se croient les égaux des lords et dont les revendications leur paraissent impertinentes.
Revendications commerciales : les colons protestent contre l’Acte de navigation. Ils veulent acheter librement, vendre à qui bon leur semble.
Revendications industrielles : l’Angleterre, pour écarter un risque de concurrence, prohibe en Amérique la transformation des produits, y compris le travail du fer. Les colons du Nord passent outre.
Revendications territoriales : les terres de l’Ouest, qui
viennent d’être enlevées aux Français, sont interdites aux Yankees…
Date de mise en ligne : 01/01/2017
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