Chapitre 2. L’État québécois et le « statut de la femme »
- Par Anne Revillard
Pages 75 à 108
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- REVILLARD, Anne,
- Revillard, Anne.
- Revillard, A.
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Notes
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[1]
Archives nationales du Québec (ci-après ANQ), fonds E99, versement 1993-05-007 \ 1.
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[2]
Gouvernement du Québec, 1972, Rapport au Conseil des ministres du groupe de travail sur la création d’un organisme voué à la promotion des intérêts de la femme, ANQ, fonds E99, versement 1993-05-007 \ 1.
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[3]
Assemblée nationale, Journal des débats, 4 juillet 1973, p. 2094.
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[4]
Camille Laurin, un des fondateurs du mouvement souverainiste, venait de préfacer l’ouvrage La femme au Québec (paru début 1973), co-écrit par Marcelle Dolment, fondatrice du RAIF, et Marcel Barthe.
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[5]
Assemblée nationale, Commission permanente de l’Éducation, des Affaires culturelles et des Communications, Journal des débats, 5 juillet 1973, p. 3981-4001.
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[6]
Le Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme vient alors d’être créé en mai 1973.
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[7]
Loi n° 63 sur le Conseil du statut de la femme, 1973. Les membres et « le président » sont désignés au masculin dans le texte de loi, dont nous reprenons ici la formulation.
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[8]
Il s’agit des sous-ministres des Affaires sociales, de l’Éducation, de la Justice, du Travail et de la main-d’œuvre, de la Fonction publique, des Affaires culturelles, des Communications, et des Institutions financières, compagnies et coopératives.
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[9]
Sauf indication contraire, toutes les données de cette sous-partie sont issues des apports annuels du CSF.
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[10]
Conseil du statut de la femme, Direction de Consult-Action, 1988, La direction de Consult-Action douze ans plus tard, ANQ, Fonds E99 (CSF), versement 2000-10-006 \ 28, p. 6-7.
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[11]
Conseil du statut de la femme, 2015, Rapport annuel de gestion 2014-2015, p. 43-44.
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[12]
Source : ANQ, versement E99, Conseil du statut de la femme, 1993-058-007, art. 1, Chemise « Bureau de la présidence. CV Claire Bonenfant. 1100-01-01-9 » (CV, interviews, correspondance, discours de départ de Claire Bonenfant).
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[13]
« Claire Bonenfant, présidente du CSF : “Je suis une femme qui agit selon un gros bon sens” », Le Devoir, lundi 4 décembre 1978.
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[14]
Ibid.
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[15]
Conseil du statut de la femme, Rapport annuel 1976-1977, p. 21.
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[16]
Décision n° 77-168 du Conseil des ministres du 18 mai 1977, citée par Secrétariat à la condition féminine, 1985, Dates importantes de la petite histoire du Secrétariat à la condition féminine, ANQ, fonds E5 (Conseil exécutif), versement E5 - 2001-06-005/ 19, p. 1.
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[17]
Enseignante, Léa Cousineau avait contribué, dans le cadre d’un syndicat, l’Alliance des professeurs de Montréal, à la rédaction d’un mémoire pour la Commission Bird sur l’image des femmes dans les manuels scolaires. Elle a ensuite été en 1974 la première femme présidente d’un parti politique au Québec, le Rassemblement des citoyens et citoyennes de Montréal (RCM) (Source : entretien avec Léa Cousineau, avril 2005).
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[18]
Ces protestations se sont notamment exprimées lors de la commission parlementaire qui s’est tenue à partir de janvier 2005 sur la définition d’une politique d’égalité (voir ci-dessous).
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[19]
Les prénoms et noms ont été modifiés.
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[20]
Les CLSC sont, au Québec, des organismes publics locaux offrant des services de base à la population en matière de santé et de services sociaux (soins, prévention, périnatalité).
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[21]
Secrétariat à la Condition féminine, 1985, Le Secrétariat à la condition féminine, ANQ, fonds E5 (Conseil exécutif), versement E5 - 2001-06-005/ 19, p. 2.
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[22]
ANQ, fonds E5 (Conseil exécutif), versements E5 - 1999-09-004/ 6 et E5 - 2001-06-005/ 19.
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[23]
Plusieurs témoignages d’ex-ministres ou membres de cabinets ont par ailleurs fait état d’un second réseau de correspondantes à la Condition féminine situées au niveau des cabinets ministériels.
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[24]
Il s’agit là des deux institutions ayant une vocation générale de défense de la cause des femmes dans l’État. Doit également être signalée l’existence d’un autre conseil spécialisé, la Commission de l’équité salariale, chargée de la mise en œuvre de la loi sur l’équité salariale (adoptée en 1996 et modifiée en 2009).
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[25]
Entretien réalisé en avril 2005.
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[26]
Entretien avec une agente du CSF, avril 2005.
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[27]
Entretien avec une agente de la Direction de la recherche du Conseil, février 2003.
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[28]
Entretien avec une agente de la Direction de la recherche du CSF, novembre 2005.
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[29]
Entretien avec une agente du Secrétariat, février 2003.
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[30]
Alban Jacquemart décrit une démarche similaire consistant à « mobiliser les hommes pour renouveler le féminisme » chez certaines associations féministes mixtes françaises depuis la fin des années 1990 (Jacquemart, 2015, p. 113).
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[31]
Conseil du statut de la femme, 2004, Vers un nouveau contrat social pour l’égalité entre les femmes et les hommes, p. 5.
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[32]
Ibid., p. 152.
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[33]
Assemblée nationale du Québec. Commission des affaires sociales, 2005, Rapport et recommandations à la suite des auditions tenues dans le cadre de la consultation générale sur le document intitulé : Vers un nouveau contrat social pour l’égalité entre les femmes et les hommes.
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[34]
Le succès idéologique de certains thèmes masculinistes conduit ainsi Francis Dupuis-Déri à identifier des formes d’« antiféminisme dans l’État » (Dupuis-Déri, 2013, p. 175).
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[35]
Nos conclusions rejoignent ici celles de Sandrine Dauphin comparant le féminisme d’État en France et dans l’administration fédérale canadienne (Dauphin, 2006, 2010).
L’institutionnalisation de la cause des femmes au Québec doit se comprendre à la lumière du caractère incontournable du mouvement des femmes, qui dispose d’une large assise sociale en milieu rural comme en milieu urbain depuis le début du xxe siècle (Cohen, 1991 ; Corbeil et Descarries, 1997). Les enjeux sociaux et politiques liés à l’affirmation de l’État-nation québécois sont tout aussi déterminants (Lamoureux, 2001). La surface sociale, le poids politique et le succès conséquent des mobilisations féministes reposent en effet pour partie sur l’intérêt doublement stratégique que les responsables gouvernementaux et parlementaires québécois ont pu trouver dans une alliance avec les femmes. Il s’agissait de disputer à l’Église catholique son emprise sur la société, mais aussi d’affirmer l’identité de la Province face au gouvernement fédéral. Cette double rivalité se cristallise à plusieurs reprises au fil du xxe siècle, favorisant l’institutionnalisation de la cause des femmes dans l’État. Celle-ci a pris la forme d’une structure duale, autour du Conseil du statut de la femme et du Secrétariat à la condition féminine. Cette assise institutionnelle stable a fourni la base d’une politique suivie et solidement ancré dans l’appareil d’État, en dépit des remises en cause dont elle a récemment fait l’objet.
Au début du xxe siècle, le mouvement des femmes québécois s’organise autour de deux clivages structurants, un clivage linguistique/confessionnel, opposant les « Canadiennes françaises » catholiques et les anglophones protestantes…
Date de mise en ligne : 25/06/2020
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