11. Mao, le grand génocidaire
Pages 141 à 158
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- GIESBERT, Franz-Olivier,
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- Giesbert, F.-O.
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Comme les mousquetaires, les grandes consciences françaises du maoïsme ont été quatre. Après Althusser, Sartre et, d’une certaine manière, Foucault, voici le talentueux Philippe Sollers, sans doute le seul maoïste à pétiller d’humour, une bibliothèque vivante et un as de l’autopromotion qui, avec son fume-cigarette, a des airs de Marlene Dietrich. C’est un jeune vieux qui, toute sa vie, semblera en exil de quelque chose.
Il ne badine pas avec la politique. À la tête de la revue intellectuelle Tel Quel où batifolent Jean-Loup Dabadie ou Jean-Edern Hallier, Sollers n’est pas encore le notable des lettres à la Sainte-Beuve, qui, plus tard, regardera tout le monde de très haut. À l’époque, il fait figure de Petit Timonier ou de « flic » des maos. C’est au demeurant le surnom que lui avait donné le philosophe Jacques Derrida.
Un jour que nous déjeunions au restaurant La Coupole, à Montparnasse, Derrida avait rencontré fortuitement Sollers, un verre de champagne à la main comme de coutume. J’avais senti un grand malaise entre les deux hommes. « Le monde intellectuel a perdu tout crédit, m’avait dit ensuite Derrida, une belle personne, comme essoufflé, sous le coup de l’émotion. Avec ses méthodes de basse police et sa passion des tribunaux populaires, techniques staliniennes et maoïstes, ce flic a tout tenté pour faire de nous des complices des crimes contre l’humanité perpétrés en Chine. »
Homme de lettres surdoué aux imposantes bagouses, Sollers disposait, en bon flic, d’un impressionnant réseau dans le Paris des lettres : quand il s’emballe pour un manuscrit mal écrit et d’une confondante bêtise, il est suivi, séance tenante, par le camp du Bien…
Date de mise en ligne : 13/03/2026
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