« La nuit, c’est aussi le silence »
Laurence, infirmière de nuit
- Par Pierre Madiot
Pages 132 à 140
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La nuit, quand, avec l’aide-soignante, j’entre dans une chambre, la lumière du couloir me permet de voir le patient dans son lit. Dans la pénombre, pour vérifier sa respiration, je regarde à quel rythme le drap se soulève. Et j’écoute. Si le patient est perfusé, j’approche pour voir si tout se passe normalement. À ce moment-là, je regarde son visage, à moins qu’il ne soit caché sous les draps… Lorsque je dois remplacer une perfusion, je viens plus près, je cherche parfois discrètement le robinet. Mais la personne sent quelqu’un qui la touche. Elle sursaute… et moi aussi, parce que je suis aussi surprise qu’elle. Alors je lance une plaisanterie pour rendre la situation un peu cocasse. Quand nous avons besoin de plus de lumière, nous ouvrons la porte des toilettes dont nous allumons les lampes. À côté du lit, il y a bien une petite veilleuse, mais elle n’éclaire pas beaucoup. Elle sert juste à ce que le patient ne soit pas dans l’obscurité totale, et qu’il se repère s’il se réveille en pleine nuit. Il se souvient alors qu’il est à l’hôpital et aperçoit la lueur de sa sonnette qui est éclairée de l’intérieur. Il peut appeler… On allume rarement la grande lumière, même lorsqu’il y a besoin d’un change. Dans ce cas, on utilise le petit spot qui est au-dessus du lit. Si c’est insuffisant, on demande au patient de se protéger les yeux pour qu’il ne soit pas ébloui.
La nuit, c’est aussi le silence. L’aide-soignante et moi sommes attentives aux bruits. Quand on passe dans le couloir, on entend les patients respirer…
Date de mise en ligne : 05/07/2024
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