Chapitre d’ouvrage

Présentation

Pages 243 à 245

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  • Badinter, É.
(2002). Présentation. L'Un est l'autre : Des relations entre hommes et femmes (p. 243-245). Odile Jacob. https://shs.cairn.info/l-un-est-l-autre--9782738110138-page-243?lang=fr.

  • Badinter, Élisabeth.
« Présentation ». L'Un est l'autre Des relations entre hommes et femmes, Odile Jacob, 2002. p.243-245. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/l-un-est-l-autre--9782738110138-page-243?lang=fr.

  • BADINTER, Élisabeth,
2002. Présentation. In : L'Un est l'autre Des relations entre hommes et femmes. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.243-245. URL : https://shs.cairn.info/l-un-est-l-autre--9782738110138-page-243?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Parménide, in Œuvres complètes, tome VIII, les Belles Lettres, 1965.
  • [2]
    A. Finkielkraut, « La nostalgie de l’épreuve », Le Genre humain, n° 10, juin 1984, Éd. Complexe : « Qu’est-ce que le masculin ? Voilà une question à laquelle les sociétés occidentales ne savent plus répondre. »

Proclamer que l’Un est l’Autre, n’est-ce pas céder à une provocation inutile ? L’anatomie, marquée du sceau de l’universel, est là qui nous défie. Quelle que soit leur évolution vers une plus grande ressemblance, l’homme et la femme se distinguent fondamentalement par leur appareil sexuel. La nature les a faits de telle sorte qu’ils se complètent et ne se confondent pas.
Laissons les subtils méandres de la dialectique platonicienne, nous savons bien que le verbe « être » n’indique pas seulement une relation d’identité. Dire que l’Un est l’Autre ne signifie pas ici que l’Un est le même que l’Autre, mais que l’Un participe de l’Autre et qu’ils sont à la fois semblables et dissemblables.
Si l’anatomie ne change guère au cours des siècles et des millénaires, en revanche l’histoire et l’ethnologie montrent que les sociétés ont des attitudes très diverses quant à l’importance attribuée à celle-là. Certains, comme les Mundugumor, tendent à minimiser les conséquences de la différence ; d’autres, au contraire, les accusent. Selon les temps et les lieux, hommes et femmes se perçoivent plus différents que ressemblants ou inversement. Évidence récente, insuffisamment méditée jusqu’à présent.
Aujourd’hui, en refusant que l’anatomie pèse de son poids sur le destin de l’être humain, les sociétés occidentales privilégient le rapport de similitude entre les sexes comme aucune n’avait pu le faire avant elles. En maîtrisant de mieux en mieux les phénomènes de la vie, en coupant les rôles et les fonctions sociales de leurs racines physiologiques, en prenant conscience enfin d’une bisexualité physique et psychique, longtemps déniée, nous réduisons l’altérité des sexes au strict minimum…


Date de mise en ligne : 29/10/2021

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