Naples
- Par Philippe Martin
Pages 137 à 147
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- Martin, P.
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Naples, 29 juillet 2020, premier opéra donné en Europe après le confinement du printemps.
Stéphane me commente l’arrivée du public à cette première de Tosca.
Enfin surtout le public des premiers rangs, celui qui fera de sa direction du San Carlo un succès ou un échec. Sur chaque homme politique, chef d’entreprise, journaliste, intellectuel qu’il va accueillir, j’ai droit à un mot qui me le situe.
Comment a-t-il pu connaître tous ces gens en si peu de temps ? Il a été nommé en octobre et n’est quasiment pas venu de tout le printemps qu’il a passé confiné à Paris. Il les reçoit chaleureusement, donne l’impression d’être déjà très à l’aise dans cette nouvelle société. Il me décrit les rapports difficiles entre le maire et le président de la Région, l’influence de ce chef d’entreprise qui a déjà réuni quinze patrons autour de lui pour mécéner le San Carlo, cet industriel de la pasta qui paie la moitié de cette salle installée en plein air sur la place du Plebiscito, ou encore cette anthropologue réputée passionnée d’opéra qui aurait quitté Toronto pour revenir vivre à Naples en apprenant que Stéphane dirigeait le San Carlo !Il enchaîne les interviews, fait un direct pour la RAI, toujours aussi attentif aux médias.
Deux jours plus tard je vois le patron du quotidien le plus influent de la ville, Il Mattino, lui tomber dans les bras dans un restaurant.
Tout indique que la greffe commence à prendre et que son statut est quand même très particulier. Venir ici après avoir dirigé la Scala et l’Opéra de Paris lui donne une aura qui explique la petite nuée de photographes qui accourt vers lui quand nous arrivons sur la place…
Date de mise en ligne : 06/01/2026
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