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Chapitre VII

Aspects de la vie quotidienne des intellectuels

Pages 135 à 148

Citer ce chapitre


  • Masseau, D.
(1994). Aspects de la vie quotidienne des intellectuels. L’invention de l’intellectuel dans l’Europe du XVIIIe siècle (p. 135-148). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/l-invention-de-l-intellectuel-dans-l-europe-du-xvi--9782130458524-page-135?lang=fr.

  • Masseau, Didier.
« Aspects de la vie quotidienne des intellectuels ». L’invention de l’intellectuel dans l’Europe du XVIIIe siècle, Presses Universitaires de France, 1994. p.135-148. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/l-invention-de-l-intellectuel-dans-l-europe-du-xvi--9782130458524-page-135?lang=fr.

  • MASSEAU, Didier,
1994. Aspects de la vie quotidienne des intellectuels. In : L’invention de l’intellectuel dans l’Europe du XVIIIe siècle. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Perspectives littéraires, p.135-148. URL : https://shs.cairn.info/l-invention-de-l-intellectuel-dans-l-europe-du-xvi--9782130458524-page-135?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Voir Cazes, Grimm et les encyclopédistes, Paris, PUF, 1933, p. 49-50.
  • [2]
    Ibid., p. 89.
  • [3]
    Boyer d’Argens, Lettresjuives, t. II, p. 178-179.
  • [4]
    E. Krakowski, Un témoin de l’Europe des Lumières, le comte Jean Potocki, Paris, Gallimard, 1963.
  • [5]
    Diderot, Correspondance, t. II, p. 264-265, lettre du début octobre 1759, citée par J. Proust dans Diderot et l’Encyclopédie, p. 114-115.
  • [6]
    Diderot, Le Neveu de Rameau, Ed. Fabre, Droz, 1963, p. 3-4.
  • [7]
    Metra, ouvr. cité, t. XVI, p. 38.
  • [8]
    Ibid., t. XVI, p. 238-239.
  • [9]
    J.-C. Bonnet, Le réseau culinaire de l’Encyclopédie, Annales, 1976, XXXI, p. 897.
  • [10]
    Caraccioli, Voyage de la Raison en Europe, 1772, p. 285.
  • [11]
    Ibid., p. 284.
  • [12]
    Caraccioli, L’Europe française, 1776, p. 337.
  • [13]
    Sainte-Beuve, Premiers Lundis, Œuvres, t. 1, Gallimard, Pléiade, 1956, p. 358.
  • [14]
    Tissot, De la santé des gens de lettres, 5e éd, 1788, p. 201.
  • [15]
    Ibid., p. 213.
  • [16]
    E. Walter, Le complexe d’Abélard ou le célibat des gens de lettres, Dix-huitième siècle, 1980, n° 12, p. 127-152.

Un tel foisonnement de discours, de représentations, de statuts et de conditions d’existence semble, à première vue, empêcher toute analyse globale de la vie quotidienne des intellectuels. Apparaissent pourtant des constantes. Relevons d’abord l’immensité du temps consacré à l’écriture. Qu’ils soient des plébéiens rétribués à la feuille ou touchant un modeste salaire de journaliste, qu’ils inondent le marché de romans, de pièces de théâtre ou qu’ils s’adonnent au militantisme philosophique, les gens de lettres passent leur temps à écrire. Même le mondain et très libertin Duclos, pourtant attaché à une pratique traditionnelle des belles-lettres, s’astreint aux levers matinaux pour faire un travail régulier. L’écriture est devenue un devoir quotidien, sinon un ascèse, exigeant énergie et volonté. A cet égard, Voltaire représente sans doute un cas limite, car l’auteur d’une œuvre si volumineuse qu’elle emplit 83 volumes d’une édition moderne trouve encore le temps d’écrire 21 000 lettres ! A 75 ans, le patriarche de Ferney travaille quinze heures par jour et il n’hésite pas à se lever à cinq heures pour écrire sa dernière tragédie, Irène. Or le plus surprenant est que ces intellectuels parviennent à mener de front une brillante vie sociale. Les hôtes de Ferney vantent d’un commun accord la qualité d’accueil qui leur est réservée, notent avec plaisir que le philosophe aime quitter son cabinet de travail pour assister aux pièces données à l’intérieur du château. En poursuivant patiemment l’immense entreprise de l…


Date de mise en ligne : 31/08/2016

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