Introduction. Intégration et inégalités : deux regards sociologiques à conjuguer
- Par Serge Paugam
Pages 1 à 25
Citer ce chapitre
- PAUGAM, Serge,
- Paugam, Serge.
- Paugam, S.
- S. Paugam
https://doi.org/10.3917/puf.paug.2014.01.0001
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- Paugam, S.
- S. Paugam
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- PAUGAM, Serge,
https://doi.org/10.3917/puf.paug.2014.01.0001
Notes
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[1]
L’enquête SIRS (« Santé, Inégalités et Ruptures Sociales ») a été menée sur Paris et sa première couronne de départements (92, 93 et 94). Celui-ci suit une cohorte représentative de la population adulte et francophone de l’agglomération, constituée de 3 000 personnes interrogées en 2005 (en face-à-face à domicile), 2007 (par téléphone) et 2010 (en face-à-face). L’échantillonnage a été constitué en trois degrés : tirage aléatoire de 50 IRIS (« Îlots regroupés pour l’information statistique » correspondant à la plus petite subdivision d’agrégation à partir de laquelle les données de la statistique nationale sont publiques, qui comptent, dans l’agglomération parisienne, environ 2 000 habitants) en stratifiant sur une typologie socioprofessionnelle de l’espace francilien, puis, au sein de chaque IRIS, tirage aléatoire de 60 logements, puis, au sein de chacun d’eux, tirage aléatoire d’une personne. Les données utilisées ici ont été pondérées afin de tenir compte de ce plan d’échantillonnage. Les chapitres 8 et 26 de cet ouvrage se réfèrent explicitement à cette enquête.
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[2]
Je reprends ici la traduction de son article « La force des liens faibles » qui est publiée dans Mark Granovetter, Sociologie économique, Paris, Seuil, 2008, p. 47.
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[3]
L’approche retenue dans ce livre n’interdit pas bien entendu aux auteurs de se référer, le cas échéant, à la problématique des réseaux sociaux, ne fût-ce que pour en discuter les fondements.
La notion d’intégration est omniprésente dans le débat social et politique. Elle désigne généralement des politiques publiques directement orientées vers les populations immigrées ou en marge du système social. Elle constitue de ce fait un enjeu politique puisqu’à travers elle, on entend à la fois énoncer un problème – les populations concernées sont peu ou mal intégrées – et tenter de le résoudre. À chaque manifestation de violence dans les banlieues, les autorités publiques renouvellent le constat des ratés de l’intégration et rappellent, au nom des principes républicains, la nécessité de mesures urgentes pour pallier ce qui est perçu comme une dérive alarmante de notre modèle national.
Cette notion appartient aussi au langage des sciences sociales et ne saurait se réduire à la question de l’immigration, de l’appartenance nationale et aux politiques censées la résoudre. Lorsqu’ils s’y réfèrent, les sociologues pensent immédiatement à Durkheim. La notion d’intégration désigne alors un processus plus général qui vaut pour l’ensemble du système social. On parlera de l’intégration des individus à la société, tout comme de l’intégration de la société. En suivant l’analyse du fondateur de la sociologie française, une société moderne est intégrée si elle est organisée selon le principe de la solidarité organique entre ses membres. Il est possible que, dans ce type de société, la conscience collective s’affaiblisse de façon telle que les individus perdent le sens du lien social et se replient sur eux-mêmes ou, au contraire, qu’elle imprègne trop fortement la conscience des individus jusqu’à pousser ces derniers à se sacrifier…
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