Question 6. Discussion sur la prescription de l’inceste
- Par Isabelle Aubry
- et Gérard Lopez
Pages 62 à 64
Citer ce chapitre
- AUBRY, Isabelle
- et LOPEZ, Gérard,
- Aubry, Isabelle.
- et al.
- Aubry, I.
- et Lopez, G.
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- Aubry, I.
- et Lopez, G.
- Aubry, Isabelle.
- et al.
- AUBRY, Isabelle
- et LOPEZ, Gérard,
Dans l’emballement mimétique qu’a entraîné le livre de Camille Kouchner, Monsieur Robert Badinter, en accord sur ce point avec la majorité des juristes, s’insurgeait contre l’idée que l’on puisse comparer les crimes de guerre ou la Shoah - des crimes imprescriptibles - à l’inceste. Il est vrai que les crimes contre l’humanité nécessitent un plan concerté que l’on ne trouve pas dans l’inceste.
Il serait malvenu de comparer l’incomparable. Pourtant, certains enfants vivent l’horreur absolue dans des familles maltraitantes ou à « transaction incestueuse ». Rappelons ces nombreuses jeunes mineures réduites en esclavage, parfois séquestrées pendant des décennies comme Natasha Kampusch, ou victimes de viols par inceste compliqués de nombreuses grossesses, à Sheffield, en Autriche, en France, en Pologne ou aux États-Unis.
Est-il vraiment pertinent d’invoquer la fréquence inconnue des amnésies dissociatives pour réclamer l’imprescriptibilité comme on l’entend en boucle dans les médias ou les discours politiques ? Les survivants de l’inceste se taisent pour de multiples raisons bien suffisantes pour expliquer la fréquence et la massivité du déni et justifier l’imprescriptibilité (voir question 14). Ce fut précisément le cas de Victor Kouchner et de la très grande majorité des survivants qui ne parviennent pas à oublier et à dévoiler le crime qu’ils ont subi.
On peut également balayer un argument dit pragmatique contre l’imprescriptibilité, car elle ne surchargerait pas notre justice déjà débordée par le nombre d’affaires de viols en raison de la difficulté…
Date de mise en ligne : 24/10/2024
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