Question 4. Le tabou de l’inceste est-il universel ?
- Par Isabelle Aubry
- et Gérard Lopez
Pages 48 à 54
Citer ce chapitre
- AUBRY, Isabelle
- et LOPEZ, Gérard,
- Aubry, Isabelle.
- et al.
- Aubry, I.
- et Lopez, G.
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- Aubry, I.
- et Lopez, G.
- Aubry, Isabelle.
- et al.
- AUBRY, Isabelle
- et LOPEZ, Gérard,
La prohibition de l’inceste, probablement universelle, est l’objet de nombreuses tentatives d’explications finalistes : aversion biologique spontanée, crainte des effets supposés négatifs de la consanguinité, fondement symbolique du passage de la nature à la culture, base universelle du contrat social. À quoi s’ajoute, pour les psychanalystes, le parricide fondateur déterminant en retour les sacrifices personnels nécessaires à la vie sociale. Toutes ces théories sont contestées ou complémentaires, mais l’inceste est avant tout une transgression symbolique de l’ordre généalogique, un crime de lien, lourd de conséquences psychologiques et somatiques.
L’inceste est lui-même l’objet d’un tabou (ou déni massif) qu’il partage avec les violences sexuelles en général, surtout quand elles touchent les enfants. Toutes les théories antivictimaires (voir questions 12 et 13) qui en minimisent la fréquence ou la gravité remportent un franc succès alors que sa dénonciation déclenche un sentiment de malaise lié au fait qu’il se situe au-delà de nos capacités de symbolisation.
Au-delà de toutes ces théories, l’inscription de l’interdit de l’inceste figure dans les textes symboliques de toutes les civilisations connues depuis l’invention de l’écriture.
Selon Françoise Héritier (1994), le texte le plus ancien réprimant l’inceste serait hittite :« Si un homme a la fille en mariage et vit ensuite également avec sa mère et sa sœur, il commet un crime capital. »
Il interdit également les relations sexuelles entre un homme et sa mère, entre un homme et sa fille…
Date de mise en ligne : 24/10/2024
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