Chapitre d’ouvrage

Exil et marranisme

Pages 279 à 319

Citer ce chapitre


  • Bensussan, G.
  • et Cohen-Levinas, D.
(2010). Exil et marranisme. L'impatience des langues (p. 279-319). Hermann. https://shs.cairn.info/l-impatience-des-langues--9782705668181-page-279?lang=fr.

  • Bensussan, Gérard.
  • et al.
« Exil et marranisme ». L'impatience des langues, Hermann, 2010. p.279-319. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/l-impatience-des-langues--9782705668181-page-279?lang=fr.

  • BENSUSSAN, Gérard
  • et COHEN-LEVINAS, Danielle,
2010. Exil et marranisme. In : L'impatience des langues. Paris : Hermann. Le Bel Aujourd'hui, p.279-319. URL : https://shs.cairn.info/l-impatience-des-langues--9782705668181-page-279?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Éd. Grasset/Imec, Paris, 2009.
  • [2]
    Éd. Vrin, Paris, première édition, 1947.
  • [3]
    Cf. Éthique et expérience, Levinas politique, éd. la Phocide, Strasbourg, 2008.
  • [4]
    Éditions Galilée, Paris, 1993.
  • [5]
    Éd. Gallimard, Paris, 1957, Folio, 1992.
  • [6]
    Pour la question de l’écriture, je renvoie au livre de Marc Goldschmit, L’écriture du messianique, la philosophie secrète de Walter Benjamin, Hermann, collection « Le bel aujourd’hui », Paris, 2010.

GB : Tu touches au plus sensible, au plus « propre », à une sorte d’idiosyncrasie de la vie philosophique dont nous instruit souvent la façon que nous pouvons avoir, les uns et les autres, de tourner autour de tel concept, de travailler dans telle constellation, de se porter vers telle pensée. Je suis assuré en effet (mais comment en articuler jusqu’au bout la démonstration ou simplement la monstration efficace ?) que le moindre philosophème est l’artisan d’un biographème inavoué. Et comme tu le pointes avec une extrême perspicacité, ce jeu s’effectue pour moi autour de l’enfance algérienne d’une part et du séjour berlinois de l’autre. Je n’entrerai pas ici sur les contenus biographiques ni a fortiori personnels de ces deux épisodes constitutifs et reculés. Je dirai simplement que l’un et l’autre ont à voir de façon très étroite avec l’ensemble de ce que nous avons dit à propos de la langue, des langues, avec leur étrangeté et leur familiarité, avec le temps, avec le nom aussi. Je n’ai jamais eu autant le sentiment très vif de porter un nom juif qu’enfant, dans cette Algérie coloniale où les patronymes et les appartenances qu’ils signifiaient distribuaient les individus selon des ensembles identifiables et assignés une fois pour toutes à cette identification : les Juifs, les Arabes, les Espagnols, les Français (« de France »), je parle à la fois des noms et des sujets, ici. Cette situation où toute désidentification était tout simplement impossible pouvait avoir ses commodités, un peu de la chaleur dont parle Arendt à propos des parias, par exemple…


Date de mise en ligne : 31/03/2022

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