Introduction. L’immoralité littéraire et ses juges : problèmes et perspectives
Pages 7 à 39
Citer ce chapitre
- AMADIEU, Jean-Baptiste,
- AMADIEU, Jean-Baptiste,
- DARMON, Jean-Charles
- et DESAN, Philippe,
- Amadieu, Jean-Baptiste.
- Amadieu, J.-B.
Citer ce chapitre
- Amadieu, J.-B.
- Amadieu, Jean-Baptiste.
- AMADIEU, Jean-Baptiste,
- AMADIEU, Jean-Baptiste,
- DARMON, Jean-Charles
- et DESAN, Philippe,
Notes
-
[1]
Voir la contribution de Laurence Macé, « Immoralité et hétérodoxie : les Lumières devant la censure romaine », infra, p. 67-80.
-
[2]
Voir la contribution de Daniel Desormeaux, « Alexandre Dumas, auteur immoral », infra, p. 255-256.
-
[3]
Voir la contribution de Frank Lestringant, « “Jeter des torches dans nos abîmes” : la moralité de l’immoralisme, selon Mauriac, juge de Gide », infra, p. 177-199.
-
[4]
Voir Jean-Baptiste Amadieu, « Corydon de Gide devant les tribunaux catholiques », Bulletin de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français, Genève-Paris, Droz, t. 158, 2012, p. 93-119.
-
[5]
Cité dans la contribution de Michèle Rosellini, « Théophile devant ses juges ou l’œuvre en procès », infra, p. 44.
-
[6]
Voir la contribution de Daniel Desormeaux, « Alexandre Dumas, auteur immoral », infra, p. 262.
-
[7]
Ibid., p. 263, 265-266.
-
[8]
Cité dans la contribution d’Anne Urbain, « Un éditeur immoral ? Jean-Jacques Pauvert face à la censure et à l’opinion publique », infra, p. 117.
-
[9]
Voir la contribution de Philippe Desan, « De la censure à l’éducation de la jeunesse : les transformations morales de Montaigne à travers les siècles », infra, p. 223-224, 226.
-
[10]
Cité dans la contribution d’Emmanuelle Tabet, « “Anéantissez ces chimères” : création littéraire et auto-censure chez Chateaubriand », infra, p. 241. Voir aussi p. 246-247.
-
[11]
Article 2 de la loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. (Modifié par la loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010, art. 27.)
-
[12]
Voir la contribution de Philippe Desan, « De la censure à l’éducation de la jeunesse : les transformations morales de Montaigne à travers les siècles », infra, p. 226.
-
[13]
André Guyaux, « “Il y a plusieurs morales” : retour sur le procès des Fleurs du mal », infra, p. 150.
-
[14]
Laurence Macé, « Immoralité et hétérodoxie : les Lumières devant la censure romaine », infra, p. 74.
-
[15]
Voir « L’immoralité littéraire à l’épreuve des tribunaux », compte rendu par Thomas Hochmann de la table ronde, infra, p. 134-135.
-
[16]
Anne Urbain, « Un éditeur immoral ? Jean-Jacques Pauvert face à la censure et à l’opinion publique », infra, p. 123.
-
[17]
Cité dans la contribution d’Anne Urbain, « Un éditeur immoral ? Jean-Jacques Pauvert face à la censure et à l’opinion publique », infra, p. 118.
-
[18]
Voir la contribution de Philippe Roger, « Le chant du cygne des censeurs français ? Les “scandales” de 1966 », infra, p. 99-116.
-
[19]
Anne Urbain, « Un éditeur immoral ? Jean-Jacques Pauvert face à la censure et à l’opinion publique », infra, p. 125.
-
[20]
Ibid., p. 127.
-
[21]
Elisabeth Ladenson, « La censure à l’usage des censeurs », infra, p. 278.
-
[22]
Cité dans la contribution de Frank Lestringant, « “Jeter des torches dans nos abîmes” : la moralité de l’immoralisme, selon Mauriac, juge de Gide », infra, p. 190.
-
[23]
Réquisitoire d’Ernest Pinard contre Les Fleurs du mal, cité dans Baudelaire, Œuvres complètes, éd. Claude Pichois, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1975, t. I, p. 1206.
-
[24]
La contribution de Daniel Desormeaux témoigne d’attaques personnelles contre Dumas considéré comme personne immorale. Plus proche de nous, la déprogrammation du Voyage au pays sonore ou l’art de la question de Peter Handke prévu sur la scène du Vieux Colombier au début de l’année de 2007 ne fut pas dictée par l’inconvenance de la pièce mais par la participation de son auteur aux obsèques de Slobodan Milosevic.
-
[25]
Le premier Index romain dû au pape Paul IV mentionnait, outre la liste des livres condamnés, des noms d’imprimeurs suspects. Deux ans après la mort de ce pontife, le cardinal grand inquisiteur Michele Ghislieri publia une Moderatio Indicis librorum prohibitorum qui levait une telle interdiction. La contribution d’Anne Urbain montre que les éditions Pauvert ont subi une flétrissure rejaillissant sur les publications de cette maison. Plus récemment encore, la condamnation de la réédition du Salut par les Juifs de Léon Bloy par la maison d’édition d’Alain Soral tient à l’intention de l’éditeur plus qu’à celle de son auteur ou qu’au contenu du texte (non poursuivi pour ses autres rééditions) ; le commentaire de Légipresse note ainsi : « la morale de cette histoire, c’est qu’il y a des bons et de mauvais éditeurs. » (Basile Ader, « Interdiction en référé de réédition de livres antisémites », Légipresse, n° 313, février 2014, p. 114.)
-
[26]
Stendhal, Le Rouge et le Noir [1830], éd. Anne-Marie Meininger, Paris, Gallimard, coll. « Folio classique », 2000, p. 88.
-
[27]
Cité dans la contribution de Jean-Baptiste Amadieu, « Les mises à l’Index de Notre-Dame de Paris et des Misérables par le Saint-Siège », infra, p. 86, n. 8.
-
[28]
Cité dans la contribution de Daniel Desormeaux, « Alexandre Dumas, auteur immoral », infra, p. 253.
-
[29]
Philippe Desan, « De la censure à l’éducation de la jeunesse : les transformations morales de Montaigne à travers les siècles », infra, p. 219.
-
[30]
Erich Auerbach, Figura. La Loi juive et la promesse chrétienne [1938], trad. Diane Meur, Paris, Éditions Macula, 2003, p. 29-30.
-
[31]
Leo Strauss, La Persécution et l’art d’écrire [Persecution and The Art of Writing, 1952], trad. Olivier Sedeyn, Paris/Tel-Aviv, Éditions de l’Éclat, 2003, p. 35.
-
[32]
Pierre-François Muyart de Vouglans, Institutes au droit criminel ou Principes généraux sur ces matières, suivant le droit civil, canonique, et la jurisprudence du Royaume, avec un traité particulier des crimes, Paris, Le Breton, 1757, p. 349. Cité par Anna Arzoumanov, « La Censure des libelles diffamatoires à clef », dans Papers on French Seventeenth Century Literature, dir. Mathilde Bernard et Mathilde Levesque, juin 2009, p. 398.
-
[33]
Cité dans la contribution de Michèle Rosellini, « Théophile devant ses juges ou l’œuvre en procès », infra, p. 57.
-
[34]
Emmanuelle Tabet, « “Anéantissez ces chimères” : création littéraire et autocensure chez Chateaubriand », infra, p. 243, 244, 248.
-
[35]
Mallarmé, propos rapporté par Jules Huret, Enquête sur l’évolution littéraire, Paris, Bibliothèque Charpentier, 1891, p. 60.
-
[36]
Sainte-Beuve, « M. de Malesherbes », Causeries du lundi, t. II, Paris, Garnier frères, s. d., p. 523.
-
[37]
Cité dans « L’immoralité littéraire à l’épreuve des tribunaux », compte rendu par Thomas Hochmann de la table ronde, infra, p. 139.
-
[38]
Voir Jean-Baptiste Amadieu, Le Censeur critique littéraire, Paris, Hermann, coll. « Des morales et des œuvres », 2019.
-
[39]
Laurence Macé, « Immoralité et hétérodoxie : les Lumières devant la censure romaine », infra, p. 78.
-
[40]
Michèle Rosellini, « Théophile devant ses juges ou l’œuvre en procès », infra, p. 60-61.
-
[41]
« La fonction offensive de l’illusion argotique, mirage et trompe-l’ouïe […] est désormais avant tout une force de fascination et d’envoûtement (mot célinien), une force hypnotique. » (Jean-Pierre Martin, Contre Céline, ou D’une gêne persistante à l’égard de la fascination exercée par Louis Destouches sur papier bible, avec Quelques Propositions de sujets pour le baccalauréat d’une fin de millénaire, Paris, José Corti, 1997, p. 113 ; voir aussi l’usage de cette même image p. 163.)
-
[42]
Voir par exemple Antonio Ballerini, De peccatis [tractatus IV], Opus theologicum morale, volumen I, Prati, Ex Officina libraria Giachetti, 1889, en particulier : caput I (« De peccato in genere»), dubium II (« De desideriis et delectationibus»), articulus II (« An delectatio morosa sit semper peccatum »).
-
[43]
Voir Antoine Compagnon, Le Démon de la théorie, Littérature et sens commun, Paris, Seuil, coll. La Couleur des idées, 1998.
-
[44]
Cité dans la contribution d’Anne Urbain, « Un éditeur immoral ? Jean-Jacques Pauvert face à la censure et à l’opinion publique », infra, p. 130.
-
[45]
Mais pas seulement : les travaux de Paul Bénichou montrent à l’époque romantique la vocation d’écrivains à exercer une forme de magistère y compris spirituel. On pourrait généraliser l’essai de typologie que propose Louis Van Delft pour les moralistes classiques à la littérature considérée sous son aspect moral : 1) une attitude de législateur, comprenant une vocation soit a) apostolique (le guide spirituel), soit b) pédagogique (les exempla, qui nous occupent principalement ici) ; 2) une attitude d’observateur, qu’il s’agisse a) de décrire (le modèle du naturaliste), de dévoiler (le « démasqueur ») ou de représenter (le peintre) ; enfin 3) le contemplateur, spectateur du monde. Voir Louis Van Delft, Le Moraliste classique. Essai de définition et de typologie, Genève, Droz, coll. « Histoire des idées et critique littéraire » (vol. 202), 1982, p. 291 sqq.
-
[46]
Abbé Louis Bethléem, Romans à lire et romans à proscrire, Paris, Éditions de la Revue des lectures, 1928, p. 12.
-
[47]
Ibid., p. 521.
-
[48]
Ibid., p. 452.
-
[49]
Voir Jean-Yves Mollier, La Mise au pas des écrivains. L’impossible mission de l’abbé Bethléem au xxe siècle, Paris, Fayard, 2014.
-
[50]
Voir notamment le récent essai de William Marx : La Haine de la littérature, Paris, Les Éditions de Minuit, coll. Paradoxe, 2015.
- [51]
-
[52]
Ibid.
-
[53]
Platon, La République, livre X, 607a, trad. de Georges Leroux (Platon, La République, trad. et éd. Georges Leroux, Paris, GF Flammarion, 2004, p. 501).
-
[54]
Aristote, Poétique, VI, 1449b, 20-30.
-
[55]
Pierre Glaudes, « Barbey d’Aurevilly et les paradoxes de l’exemple négatif. À propos du Bonheur dans le crime », infra, p. 159.
-
[56]
Rousseau, Lettre à d’Alembert sur les spectacles : J[ean]-J[acques] Rousseau, À Mr d’Alembert sur son article Genève, Amsterdam, Chez Marc Michel Rey, 1758, p. 19 et 22.
-
[57]
Georges Longhaye, Théorie des Belles-Lettres. L’Âme et les choses dans la parole, Paris, Retaux-Bray, 1885.
-
[58]
Ibid., p. 74.
-
[59]
Ibid., p. 76.
-
[60]
Mme de Staël Holstein, De l’Allemagne, Paris, Nicolle, t. II, 1814, p. 312. Cité dans Georges Longhaye, Théorie des Belles-Lettres, op. cit., p. 77-78.
-
[61]
Georges Longhaye, Théorie des Belles-Lettres, op. cit., p. 77.
-
[62]
Ibid., p. 76.
-
[63]
Thomas Pavel, « La littérature réfléchit sur l’immoralité : un exemple portugais », infra, p. 208.
-
[64]
Voir la contribution d’André Guyaux, « “Il y a plusieurs morales” : retour sur le procès des Fleurs du mal », infra, p. 155-156.
-
[65]
Voir la contribution de Daniel Desormeaux, « Alexandre Dumas, auteur immoral », infra, p. 265-266.
-
[66]
Simone Weil, L’Enracinement ou Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain [1943], éd. Florence de Lussy et Michel Narcy, Paris, Flammarion, coll. « Champs classiques », 2014, p. 98-99.
-
[67]
Ibid., p. 99.
-
[68]
Antoine Compagnon, La Littérature, pour quoi faire ?, Paris, Collège de France/ Fayard, coll. « Leçons inaugurales du Collège de France », 2007, p. 45-46.
-
[69]
Baudelaire, Mon cœur mis à nu [1859 ?], Œuvres complètes, éd. Claude Pichois, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », t. I, 1975, p. 701.
-
[70]
Cité dans : Louis Barthou, Autour de Baudelaire. Le Procès des Fleurs du mal, Victor Hugo et Baudelaire, Paris, Maison du livre, 1917, p. 38.
-
[71]
Elisabeth Ladenson, « La censure à l’usage des censeurs », infra, p. 275.
-
[72]
Annie Ernaux, « Le pamphlet fasciste de Richard Millet déshonore la littérature », Le Monde, 10/09/2012, <https://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/10/le-pamphlet-de-richard-millet-deshonore-la-litterature_1758011_3232.html>.
-
[73]
Claude Lévi-Strauss, Race et histoire [1952], « L’ethnocentrisme », Paris, Denoël, coll. « Folio essais », 1987, p. 20.
Le titre du présent volume fait allusion et rend ainsi hommage à L’Erreur et son juge de Bruno Neveu. L’œuvre maîtresse de l’ancien directeur de l’École pratique des hautes études suivait la genèse, le développement et le déclin de l’ars censoria pratiquée par les tribunaux académiques et inquisitoriaux de l’Europe moderne. Au fil des générations, le juge ecclésiastique avait perfectionné ses instruments et sa terminologie pour mesurer le degré d’écart entre la doctrine magistérielle et les énoncés suspects, en particulier jansénistes. Une proposition condamnée était-elle hérétique, proche de l’hérésie, erronée, proche de l’erreur, téméraire, proche de la témérité, etc. ? Les plus subtils des censeurs distinguaient jusqu’à trois cents degrés d’erreur, dont la sophistication confond aujourd’hui le lecteur même averti. L’idée des organisateurs du colloque à l’origine de ce livre, fut d’interroger la manière de juger dans un autre domaine que celui d’une doctrine confessionnelle, puisqu’il s’agit de la morale, sur une période plus large (époque moderne et contemporaine) et sur des corpus plus strictement littéraires.
L’élargissement à d’autres juges que les seuls tribunaux ecclésiastiques d’une part, et la restriction aux corpus littéraires d’autre part, entraînent cependant une perspective différente de celle de Bruno Neveu. L’Immoralité littéraire et ses juges n’est donc pas le pendant « moral » de l’étude doctrinale qu’il a conduite dans L’Erreur et son juge, bien que la contribution de Laurence Macé s’emploie à réfléchir aux qualifications utilisées par les mêmes tribunaux (Index et Saint-Office)…
Date de mise en ligne : 17/02/2025
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
23,99 €
Acheter ce chapitre
10,00 €