1. Torture et eucharistie, l’inattendue fondation d’une nouvelle forme de théologie ?
- Par Sylvain Brison
Pages 43 à 100
Citer ce chapitre
- BRISON, Sylvain,
- Brison, Sylvain.
- Brison, S.
Citer ce chapitre
- Brison, S.
- Brison, Sylvain.
- BRISON, Sylvain,
Notes
-
[1]
W. T. Cavanaugh, « Préface à l’édition française », dans Torture et Eucharistie, p. 13.
-
[2]
Voir ibid., p. 136.
-
[3]
S. Holland, How Do Stories Save us ?, p. 13, n. 1. Scott Holland rapporte cette histoire d’après le témoignage de Jürgen Manemann.
-
[4]
A. Dorfman, « His Eyes on the Sparrow », cité par W. Cavanaugh, dans Torture et eucharistie, p. 15.
-
[5]
Ibid., p. IX et p. 15. Voulant connaître ces communautés ecclésiales d’un genre nouveau dont parlait Hauerwas (Communautés de base), Cavanaugh effectue un séjour au Chili dans le cadre d’une ONG américaine construisant des habitats dans les bidonvilles de Santiago. Il donna aussi des cours d’anglais au petit séminaire du diocèse et vécu, avec cette double expérience, au milieu de l’Église chilienne.
-
[6]
Ibid., p. 16.
-
[7]
Ibid., p. 17.
-
[8]
Ibid., p. 5.
-
[9]
B.-D. de La Soujeole, « Le débat sur le surnaturel et l’ecclésiologie contemporaine », Revue thomiste 101 (2001), p. 329-344.
-
[10]
Ibid., p. 332.
-
[11]
Ibid., p. 343.
-
[12]
Dès 1938, Lubac avait vu le risque menaçant l’unité de l’Église dans la considération d’une trop rigide conception de la séparation entre visible et de l’invisible, entre sa dimension terrestre et sa réalité céleste ; voir H. de Lubac, Catholicisme. Les aspects sociaux du dogme, Paris, Éd. du Cerf, 2003 (1re éd. 1938), p. 45-48. Cette difficulté sera reprise plus tard ; voir par exemple « Les deux aspects de l’Église une », dans Médiation sur l’Église, Paris, Éd. du Cerf, 2006 (1re éd. 1953), p. 71-106.
-
[13]
W. T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 10-11.
-
[14]
Ibid., p. 47.
-
[15]
Ibid., p. 314-430.
-
[16]
À titre d’exemple, Cavanaugh rapporte qu’en septembre 1990, le Pentagone, après des années de démentis, a été contraint de reconnaître officiellement l’usage de manuels contenant des instructions sur les techniques de torture à l’Army School of the Americas (ibid., p. 39, n. 4). Au sujet de la pratique de la torture par des États « civilisés » voir en particulier : W. T. Cavanaugh, « Making Ennemies : the Imagination of Torture in Chile and the United States », Theology Today 63/3 (2006), p. 307-323.
-
[17]
Cavanaugh montre par ailleurs comment le travail du Vicariat, en centralisant les dépositions des victimes, contribua à faire prendre conscience à l’Église de son propre rôle dans le drame de l’État et comment son action a permis de s’opposer efficacement à la torture. Voir « Reconstituer le tissu social », dans Torture et eucharistie, p. 403-417.
-
[18]
« La torture cherche à produire l’acceptation d’un discours d’État par l’aveu d’une pourriture », M. de Certeau, Histoire et psychanalyse entre science et fiction, Paris, Gallimard, 2002, p. 228. Cité par W. Cavanaugh dans Torture et eucharistie, p. 59.
-
[19]
Ibid., p. 49-50.
-
[20]
Ibid., p. 56-58.
-
[21]
Ibid., p. 59.
-
[22]
Ibid., p. 60.
-
[23]
Ibid.
-
[24]
Ibid., p. 65.
-
[25]
Voir E. Scarry, The Body in Pain : The Making and Unmaking of the World, New York, Oxford University Press, 1985.
-
[26]
Ibid., p. 3-5 (voir W. T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 65, n. 36).
-
[27]
W. T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 65-69.
-
[28]
S. Cassidy, Audacity to Believe, Londres, William Collins Sons & Co., 1977, p. 198. Citée dans ibid., p. 69.
-
[29]
William T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 70.
-
[30]
Ibid., p. 71.
-
[31]
M. Foucault, Surveiller et punir. Naissance de la prison, Paris, Gallimard, 1993, p. 233-234 (voir ibid., p. 86 s). Le Panopticon est un modèle carcéral inventé par Jeremy Bentham à la fin du xviiie siècle. L’objectif de la structure panoptique est de permettre à un individu, installé dans une tour centrale, d’observer tous les prisonniers, enfermés dans des cellules individuelles autour de la tour, sans que ceux-ci ne puissent savoir s’ils sont observés. Le détenu est vu, mais il ne voit pas et ne peut en aucun cas entrer en contact avec ses compagnons de captivité. Dans Surveiller et punir, Michel Foucault en fait le modèle abstrait d’une société disciplinaire.
-
[32]
Voir Tertullien, Apologétique, 50, 13 : Plures efficimur quotiens metimur a vobis : semen est sanguinis christianorum (voir W. T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 102).
-
[33]
Ibid., p. 101 (L’auteur souligne).
-
[34]
J. Sobrino, Jesus the Liberator : A View From the Victims, Maryknoll, Orbis Book, 1993.
-
[35]
L. Boff, « Martyrdom : An Attempt at Systematic Reflection », Concilium 1963 (1983), p. 12-17.
-
[36]
William T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 111.
-
[37]
L’adjectif imaginatively, traduit ici par « imaginaire », renvoie bien entendu à la réalité concrète d’une imagination théologique et non à une affabulation utopique comme on pourrait le supposer de prime abord. (voir ibid., p. 65). Note personnelle.
-
[38]
Ibid., p. 111-112.
-
[39]
Ibid., p. 113.
-
[40]
Ibid., p. 117.
-
[41]
Ibid., p. 123-196.
-
[42]
Pour avoir un autre éclairage, voir aussi B. H. Smith, The Church and Politics in Chile, Princeton, Princeton University Press, 1982.
-
[43]
William T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 131.
-
[44]
Ibid., p. 132-133.
-
[45]
Ibid., p. 142.
-
[46]
Ibid., p. 143.
-
[47]
Ibid., p. 145.
-
[48]
Ibid., p. 181.
-
[49]
Ibid., p. 190.
-
[50]
Il faut ici remarquer que l’imagination en tant que telle est neutre ; elle sert à désigner ce qu’est la réalité du corps social visé. Elle peut avoir une dimension positive ou négative dans le sens où elle peut promouvoir ou détruire la place de l’homme. Mais elle est toujours productive d’une réalité déterminée qui à son tour la conditionne.
-
[51]
W. T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 200-201 (traduction corrigée par nous). Voir Torture and Eucharist, p. 124.
-
[52]
J. Milbank, Théologie et théorie sociale, Paris, Éd. du Cerf/Ad Solem, 2010, p. 356 (Theology and Social Theory, Oxford, Blackwell, 1990, p. 206). Pour suivre l’analyse de Milbank dans toutes ses implications, voir l’ensemble du chapitre viii : « Fonder le surnaturel. La théologie politique et la théologie de la libération dans le contexte de la pensée catholique moderne », dans Théologie et théorie sociale, p. 355-430.
-
[53]
Cet adjectif « intégraliste » est un néologisme. Habituellement, il n’est pas employé par les théologiens francophones qui ne rapprochent pas sous un même vocable les perspectives de théologiens aussi différents que, par exemple, Lubac et Rahner. Cependant, si l’on considère que l’un et l’autre pensent toujours la nature sous l’horizon de la grâce (et jamais totalement indépendamment d’elle), cette forme de classification sugérée par Milbank trouve une forme de pertinence que nous reprenons ici.
-
[54]
J. Milbank, Théologie et théorie sociale, p. 359.
-
[55]
À savoir que l’histoire du salut, l’histoire ecclésiale, et l’histoire politico-sociale ne sont pas séparées.
-
[56]
À savoir : se focaliser uniquement sur la pratique ecclésiale, refusant à la théologie la possibilité de rendre compte efficacement du salut agissant dans l’histoire.
-
[57]
J. Milbank, Théologie et théorie sociale, p. 425-427.
-
[58]
Ibid., p. 422.
-
[59]
Ibid., p. 430.
-
[60]
W. T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 38.
-
[61]
M. Fourcade, « Interrogations maritainiennes », postface à l’édition française, dans ibid., p. 442-443.
-
[62]
L. Bouyer, « Chronique d’histoire de la théologie contemporaine. Où en est la théologie du Corps mystique ? », Revue de Sciences Religieuses 22 (1948), p. 322-323. Nous reviendrons sur la critique de la théologie du corps mystique au chapitre vi (voir p. 267).
-
[63]
Voir W. T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 212-220.
-
[64]
Ibid., p. 223. Cavanaugh cite ici les conclusions de l’analyse de Congar (Jalons pour une théologie du laïcat, Paris, Éd. du Cerf, 1953, p. 492).
-
[65]
W. T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 238-239.
-
[66]
Ibid., p. 245.
-
[67]
O. Compagnon, Jacques Maritain et l’Amérique du Sud. Le modèle malgré lui, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2003. Cette thèse, postérieure de cinq ans à Torture and Eucharist, permet d’élargir le point de vue de Cavanaugh et de comprendre les raisons profondes de l’inspiration maritainienne en Amérique du Sud.
-
[68]
J. Maritain, Primauté du spirituel, dans Œuvres complètes de Jacques et Raïssa Maritain, vol. 3, Fribourg/Paris, Éd. universitaires de Fribourg/Éd. Saint-Paul, 1984, p. 783-988.
-
[69]
J. Maritain, Humanisme intégral, dans Œuvres complètes de Jacques et Raïssa Maritain, vol. 6, Fribourg/Paris, Éd. universitaires de Fribourg/Éd. Saint-Paul, 1984, p. 291-634.
-
[70]
Humanisme intégral, p. 622. Cité dans W. T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 270.
-
[71]
Ibid., p. 279.
-
[72]
Ibid., p. 283.
-
[73]
Ibid.
-
[74]
F. Picart, « Imaginer la visibilité politique du Corps du Christ généré par l’eucharistie », Laval Théologique et Philosophique 63/2 (2007), p. 332-333.
-
[75]
W. T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 284.
-
[76]
Ibid., p. 290-291.
-
[77]
Ibid., p. 291. Ici Cavanaugh s’appuie essentiellement sur la critique de Maritain menée par le jésuite Dean Bracley (voir p. 291, n. 137).
-
[78]
Ibid., p. 317.
-
[79]
É. Mersh, Le corps mystique du Christ : étude de théologie historique, Paris, Desclée de Brouwer, 1946.
-
[80]
Pie XII, Lettre encyclique Mystici corporis Christi du 29 juin 1943.
-
[81]
William T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 323.
-
[82]
H. de Lubac, Méditation sur l’Église, Paris, Éd. du Cerf, 2006, p. 109-111.
-
[83]
William T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 321-324.
-
[84]
Voir H. de Lubac, Corpus mysticum : l’eucharistie et l’Église au Moyen Âge, Paris, Éd. du Cerf, 2009.
-
[85]
William T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 326.
-
[86]
On notera que le basculement au Moyen Âge, entre les termes corps mystique et corps vrai, se produit à une époque où l’on a voulu mettre l’accent sur le « réalisme eucharistique ». Ce faisant, le risque est grand de perdre de vue le dynamisme insufflé par l’eucharistie qui travaille le corps de l’Église pour se contenter de ne considérer que le changement de nature produit dans l’hostie. Il s’ensuit que la « présence réelle » risque d’être réduite à une compréhension uniquement « spatiale ». Cette influence réciproque entre imagination de l’Église et considération eucharistique nous conduit, non seulement à nous interroger sur la nature de l’Église, mais également sur notre relation à l’eucharistie. L’imagination ecclésiologique appelle donc une meilleure compréhension de la réalité eucharistique comme nous le verrons plus loin et vice versa.
-
[87]
Outre les œuvres d’H. de Lubac déjà mentionnées, Cavanaugh a recours pour étayer sa lecture historico-théologique aux écrits de M. de Certeau (en particulier La fable mystique. xvie et xviie siècles, Paris, Gallimard, 1995) et de E. Kantorowicz (Les deux corps du Roi, Paris, Gallimard, 1989).
-
[88]
William T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 335.
-
[89]
Ibid., p. 335.
-
[90]
Dans son étude sur l’imagination sociale et le sacrifice eucharistique à l’aube de la modernité, Cavanaugh explicite ainsi l’apport de Kantorowicz au diagnostic qu’il pose : « Le pouvoir temporel ne fut plus pensé comme la puissance d’ordre de la Chrétienté, temporellement nécessaire alors que nous attendons la seconde venue du Christ ; bien plus, le pouvoir temporel commença à être considéré comme un espace hors de l’Église, affirmant sa propre indépendance et sa pérennité. En d’autres mots, le confinement du Corps du Christ à l’autel autorise l’invention des politiques “modernes” basées sur la privatisation du corps organique et charitable et l’affirmation publique de l’État, territorialement souverain » (W. Cavanaugh, « Eucharistic Sacrifice and the Social Imagination in Early Modern Europe », Journal of Medieval and Early Modern Studies 31/3 [2001], p. 594).
-
[91]
Cavanaugh connaît bien les limites de la position inverse de la confusion entre l’Église et l’État, notamment dans la conception constantinienne de la Chrétienté. Voir, à ce propos, les nuances apportées à ses conclusions dans Torture et eucharistie, p. 338.
-
[92]
À ce propos voir la très pertinente analyse de Michel de Certeau dans La fable mystique, p. 111-121.
-
[93]
F. Picart, « Imaginer la visibilité politique du Corps du Christ généré par l’eucharistie », p. 338.
-
[94]
W. T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 317.
-
[95]
Ibid.
-
[96]
B. Anderson, L’imaginaire national, Paris, La découverte, 1996.
-
[97]
W. T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 342.
-
[98]
Ibid., p. 344.
-
[99]
Ibid., p. 348.
-
[100]
Ibid., p. 348. Cavanaugh renvoie à J.-L. Marion, Dieu sans l’être, Paris, PUF, 1991, p. 225-258.
-
[101]
W. T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 350.
-
[102]
Voir p. 58 s.
-
[103]
Voir W. T. Cavanaugh, « Rendre visible le corps du Christ », dans Torture et eucharistie, p. 359-385.
-
[104]
Ibid., p. 361.
-
[105]
Cavanaugh développera ce thème dans un article pour l’anniversaire de la mort de Mgr Oscar Romero (voir W. T. Cavanaugh, « Dying for the Eucharist or Being Killed by It ? Romero’s Challenge for the First-World Christians », Theology Today, 58/2 (2001), p. 177-189 ; Traduction française : « Mourir pour l’eucharistie ou être tué par elle ? Le défi de Romero adressé aux chrétiens du premier monde », dans S. Brison, H.-J. Gagey, et L. Villemin (dir.), Église, politique et eucharistie. Dialogue avec William T. Cavanaugh, trad. S. Brison, Paris, Éd. du Cerf, 2016, p. 133-147).
-
[106]
W. T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 378.
-
[107]
Ibid., p. 382.
-
[108]
Ici, comme dans l’ensemble de cet essai, le « mystère » est à comprendre selon le sens que lui conféraient les Pères grecs : une réalité profonde, annoncée par voie de révélation et qui fait l’objet de notre foi. Il n’échappe donc pas à la compréhension rationnelle, mais sollicite une articulation intrinsèque entre foi et raison. Sur l’acception grecque du terme mysterion, on pourra consulter : C. Journet, « Le mystère de la sacramentalité », Nova et Vetera 2 (1974), p. 161-214.
-
[109]
W. T. Cavanaugh, Torture et eucharistie, p. 383.
-
[110]
J. Zizioulas, Being as communion, Crestwood, St. Vladimir’s Seminary Press, 1985, p. 185. Cité dans ibid., p. 383.
Torture et eucharistie est un livre remarquable par bien des aspects, ne serait-ce que par le titre volontairement provocateur qui fait cohabiter dans notre esprit deux termes qui semblent, a priori, ne rien avoir à faire l’un avec l’autre. Et pourtant, comme William Cavanaugh le remarque lui-même, l’eucharistie est liée à la mémoire de la torture de Jésus livré aux mains des puissances de ce monde. Ce titre constitue pour le lecteur le point de départ d’un étrange voyage au cœur du Chili sous la dictature du général Pinochet (1973-1990), à la découverte des pratiques scandaleuses de l’état totalitaire et de la difficile position de l’Église catholique face aux terribles événements des disparitions soudaines et de la torture. En prenant le pouvoir par un coup d’État militaire en 1973, Augusto Pinochet prétendait vouloir sauver la civilisation chrétienne, notamment face au socialisme. La mise en œuvre de la politique gouvernementale n’épargna personne dans la recherche de l’annihilation de toute opposition au régime. Cavanaugh reconnaît que, dans un premier temps, l’Église fut impuissante à s’opposer efficacement aux pratiques totalitaires et montre dans quelle mesure elle apprit à être opprimée. En essayant de cerner les soubassements ecclésiologiques de l’Église du Chili – ou, pour le dire autrement, en essayant de comprendre quelle « imagination » l’Église chilienne a d’elle-même –, Cavanaugh note les raisons de cette incapacité et montre comment, par des actions déterminées et une réappropriation de son « imagination eucharistique », l’Église a su trouver, dans un deuxième temps, la place qui devait être la sienne…
Date de mise en ligne : 06/02/2026
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
21,99 €
Acheter ce chapitre
5,00 €