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V. Solidarité

Pages 143 à 175

Citer ce chapitre


  • Ross, K.
(2015). V. Solidarité. L'imaginaire de la Commune (p. 143-175). La Fabrique Éditions. https://shs.cairn.info/l-imaginaire-de-la-commune--9782358720649-page-143?lang=fr.

  • Ross, Kristin.
« V. Solidarité ». L'imaginaire de la Commune, La Fabrique Éditions, 2015. p.143-175. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/l-imaginaire-de-la-commune--9782358720649-page-143?lang=fr.

  • ROSS, Kristin,
2015. V. Solidarité. In : L'imaginaire de la Commune. Paris : La Fabrique Éditions. Hors collection, p.143-175. URL : https://shs.cairn.info/l-imaginaire-de-la-commune--9782358720649-page-143?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Kropotkine, « La Commune », dans Kropotkine, Paroles d’un révolté, p. 106.
  • [2]
    Ibid., p. 112.
  • [3]
    Morris, « Communism and Anarchism », dans May Morris, William Morris, p. 317-318. On observait une division comparable chez les populistes russes de l’époque, Tchernychevski défendant la fondation de « communautés », comme l’association de couturières de Véra Pavlovna – des communautés qui étaient à la fois un lieu de production et un lieu de vie collectif – au cœur de la société bourgeoise, tandis que Tkatchev rejetait ces tentatives en l’absence d’une transformation plus systémique. Voir Éric Aunoble, Le Communisme, tout de suite ! Paris, Les Nuits rouges, 2008, p. 57.
  • [4]
    Élisée Reclus, « Les Colonies anarchistes », Les Temps nouveaux, 7 juillet 1900.
  • [5]
    Élisée Reclus, cité dans Paul Reclus, Les Frères Élie et Élisée Reclus, Paris, Les Amis d’Élisée Reclus, 1964, p. 121.
  • [6]
    Élisée Reclus, « Anarchy : By an Anarchist », The Contemporary Review, 45, janvier-juin 1884, p. 637.
  • [7]
    Paul Reclus, Les Frères Élie et Élisée Reclus, p. 180.
  • [8]
    Élisée Reclus, L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique, reproduit dans Reclus, Écrits sociaux, p. 139.
  • [9]
    Kropotkine, « Les petites communes communistes. Causes de leurs insuccès », dans Kropotkine, La Science moderne et l’anarchie, Paris, P.-V. Stock, 1913, p. 156.
  • [10]
    Morris, « Communism and Anarchism », dans May Morris, William Morris, p. 317-318.
  • [11]
    Voir Philippe Pelletier, Élisée Reclus : géographie et anarchie, Paris, Éditions du Monde libertaire, 2009, p. 66-74.
  • [12]
    Kropotkine, « La Commune », dans Kropotkine, Paroles d’un révolté, p. 118.
  • [13]
    Ibid., p. 117.
  • [14]
    Élisée Reclus, lettre à Élie Reclus, 1868, dans Correspondance, vol. 1, p. 285.
  • [15]
    Élisée Reclus, dans le « Compte rendu du Congrès de la Fédération jurassienne de 1880 », reproduit dans Daniel Guérin, Ni Dieu ni Maître, Paris, La Découverte, 1999, vol. 1, p. 342.
  • [16]
    Élisée Reclus, cité par Ariane Miéville dans « Élisée Reclus en Suisse. Le travailleur et le révolté », dans Élisée Reclus, écrire la terre en libertaire, Orthez, Éditions du Temps perdu, 2005, p. 112.
  • [17]
    Kropotkine, La Conquête du pain, p. 32.
  • [18]
    Élisée Reclus, dans le « Compte rendu du Congrès de la Fédération jurassienne de 1880 », reproduit dans Daniel Guérin, Ni Dieu ni Maître, vol. 1, p. 341-342.
  • [19]
    Élisée Reclus, L’Homme et la terre, vol. 1, p. 318-319.
  • [20]
    Morris, Commonweal, février 1887.
  • [21]
    Élisée Reclus, « Quelques mots sur la propriété », dans Almanach du peuple pour 1873, p. 325, cité dans Fleming, The Geography of Freedom, p. 146.
  • [22]
    Élisée Reclus, À mon frère le paysan, Paris, Aux bureaux des « Temps nouveaux », 1899, p. 6
  • [23]
    Élisée Reclus, L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique, reproduit dans Reclus, Écrits sociaux, p. 126.
  • [24]
    Louise Michel, La Commune, histoire et souvenirs, p. 197.
  • [25]
    Kropotkine, Mémoires, p. 404.
  • [26]
    Léon Metchnikoff, « Revolution and Evolution », Contemporary Review, 50, 1886, p. 412-430 (p. 415).
  • [27]
    Voir Federico Ferretti, « The Correspondence between Élisée Reclus and Petr Kropotkin as a Source for the History of Geography », The Journalof Historical Geography, 37:2, avril 2011, p. 216-222.
  • [28]
    Pierre Kropotkine, L’Entr’aide, un facteur de l’évolution (Louise Guieysse-Bréal, trad.), Paris, Hachette,1906, p. XI.
  • [29]
    Elisée Reclus, « Pourquoi sommes-nous anarchistes ? », dans Élisée Reclus : Colloque organisé à Bruxelles les 1 et 2 février 1985, Bruxelles, Institut des hautes études de Belgique, p. 137.
  • [30]
    Voir Ronald Creagh, cité dans Philippe Pelletier, Élisée Reclus :géographie et anarchie, p. 165-166.
  • [31]
    Élisée Reclus, « L’art et le peuple », dans Reclus, Écrits sociaux, p. 151-152.
  • [32]
    Élisée Reclus, « Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes », La Revue des Deux Mondes, 63, 15 mai 1866, p. 379.
  • [33]
    Élisée Reclus, « De l’action humaine sur la géographie physique », La Revue des Deux Mondes, 54,1er décembre 1864, p. 763.
  • [34]
    Parmi les premières analyses de la dimension écologique de la pensée de Reclus, on peut citer Béatrice Giblin, « Reclus : un écologiste avant l’heure ? », Hérodote, 22, 1981. Pour des développements plus récentsde cet argument, voir John Clark et Camille Martin (éd.), Anarchy, Geography, Modernity, Oakland, PM Press, 2013, p. 19-42 et Philippe Pelletier,Élisée Reclus : géographie et anarchie, p. 107-130.
  • [35]
    Giblin, « Reclus : un écologiste avant l’heure ? », Hérodote, 22, 1981, p. 110.
  • [36]
    Voir, notamment, Ruth Kinna, William Morris : The Art of Socialism, Cardiff, University of Wales Press, 2000, p. 32-60, et Bradley MacDonald, Performing Marx, Albany, SUNY Press, 2006, p. 47-66 (p. 59).
  • [37]
    Pierre Kropotkine, Champs, usines et ateliers (Francis Leray, trad.), Paris, P.-V. Stock, 1910, p. 314-315. Ou chez Morris : « C’est un âge de pacotille (shoddy). La pacotille règne. De l’homme d’État au cordonnier, tout est pacotille… » (cité dans Thompson, William Morris, p. VIII).
  • [38]
    Morris, « Comment vivons-nous ; comment nous pourrions vivre », dans Morris, Contre l’art d’élite, p. 125 (traduction modifiée).
  • [39]
    Élisée Reclus, « Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes », La Revue des Deux Mondes, 63, 15 mai 1866, p. 379.
  • [40]
    Morris dans Commonweal, 26 février 1887.
  • [41]
    Morris, cité dans Thompson, William Morris, p. XXX.
  • [42]
    Kropotkine, La Conquête du pain, p. 60.
  • [43]
    Élisée Reclus, L’Homme et la Terre, tome III, p. 595.
  • [44]
    Morris, « Travail utile ou peine perdue ? », dans Morris, Contre l’art d’élite, p. 72.

Même s’ils revisitaient des formes et des traditions communistes et communales anciennes, et malgré leur attention à la persistance de formes du passé dans leur époque, Morris, Reclus et Kropotkine s’inscrivaient pleinement dans le présent et dans les exigences du présent : ils avaient conscience de ce qui séparait leur temps des expérimentations sociales plus anciennes. Ils n’étaient pas « communalistes ». Kropotkine, notamment, s’est donné beaucoup de mal pour distinguer la commune comme forme révolutionnaire de l’avenir – « un fait absolument nouveau, placé dans des conditions nouvelles et qui nécessairement amènerait des conséquences absolument différentes» – des communes bourgeoises du Moyen Âge, qu’il considérait comme des victimes de leur chauvinisme localiste passées définitivement sous le joug de l’État par la suite. Il identifiait trois grandes différences entre les deux. En premier lieu, la commune du xiie siècle s’élevait contre les seigneurs, tandis que l’ennemi à l’époque moderne était l’État. Deuxièmement, si la commune médiévale s’opposait aux seigneurs, elle ne s’opposait pas aux marchands bourgeois en son sein, qui étaient occupés à amasser la richesse de la ville pour euxmêmes. La commune moderne, en revanche, ferait des transformations révolutionnaires de la production et de la consommation sa priorité – elle serait, insiste-t-il, communiste, non communaliste. Mais la différence qui frappait le plus fondamentalement l’imagination de Kropotkine, mais aussi celle de Morris et de Reclus, avait à voir avec ce qu’on pourrait appeler l’isolement ou l’autarcie de la commune médiévale – un isolement qui fonctionnait relativement bien, à certains égards, mais la vie communale se fondait alors sur et à l’intérieur des enceintes fortifiées, et elle était donc basée sur une séparation nette au moyen de frontières, et généralement, sur une hostilité à l’égard des autres…


Date de mise en ligne : 19/08/2021

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