Présentation
- Par Fernand Braudel
Pages 9 à 11
Citer ce chapitre
- BRAUDEL, Fernand,
- Braudel, Fernand.
- Braudel, F.
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- Braudel, F.
- Braudel, Fernand.
- BRAUDEL, Fernand,
Ce chapitre et le suivant présentent, dans la longue durée, une perspective de la France économique d’autrefois. Je n’en suivrai le destin qu’à partir de l’An Mille ou mieux, de 1450, quand les lumières sont suffisantes pour poser les grands problèmes avec quelque chance de les bien saisir. Mais, même ainsi réduite, la distance de temps reste impressionnante. Il fallait, en outre, atteindre une histoire économique en profondeur. Pour cette raison et beaucoup d’autres, il était logique de donner la primauté aux campagnes françaises, partir d’elles, juger l’ensemble de cette vie économique en fonction de leur rôle. C’est ce qu’annonce le titre de ces chapitres. Mais je n’ai pas inventé l’expression d’économie paysanne dont je vais longuement me servir. Je l’ai empruntée, telle quelle, à un article décisif et libératoire de Daniel Thorner, paru en mai-juin 1964, dans lequel il a tenté de débarrasser nos discours habituels de leurs formules creuses, y compris celle du mode de production asiatique, alors en faveur.
Bien entendu, par économie paysanne, il n’entendait pas désigner exclusivement le secteur paysan qu’inclut toute économie, et qui, jadis, était d’une surabondance massive. Son intention : identifier une forme d’économie globale où la vie rurale est dominante par rapport aux autres activités qui l’accompagnent nécessairement et qui, d’ailleurs, peu à peu, vont grandir et se développer à ses dépens.
Pour Daniel Thorner, la proportion entre activités rurales et non rurales est le trait qui, prioritairement, définit et différencie les sociétés…
Date de mise en ligne : 23/06/2022
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