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Introduction

Pages 7 à 20

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  • Fuchs, É.
(2020). Introduction. L’humanité et ses droits (p. 7-20). Éditions Kimé. https://shs.cairn.info/l-humanite-et-ses-droits--9782841749799-page-7?lang=fr.

  • Fuchs, Édith.
« Introduction ». L’humanité et ses droits, Éditions Kimé, 2020. p.7-20. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/l-humanite-et-ses-droits--9782841749799-page-7?lang=fr.

  • FUCHS, Édith,
2020. Introduction. In : L’humanité et ses droits. Paris : Éditions Kimé. Philosophie en cours, p.7-20. URL : https://shs.cairn.info/l-humanite-et-ses-droits--9782841749799-page-7?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Dans L’avenir dure longtemps (1992) Althusser, écrit Pierre Aubenque, reconnaît que la Lettre sur l’humanisme « ne fut pas sans influencer ses thèses sur l’antihumanisme théorique de Marx », in Pierre Aubenque, « Du débat de Davos (1929) à la querelle parisienne sur l’humanisme (1946-1968) : genèse, raisons et postérité de l’anti-humanisme Heideggerien », sous la direction de Bruno Pinchard : Heidegger et la question de l’humanisme. Faits, concepts, débats, Paris, PUF, 2005, pp. 228-238.
  • [2]
    Jean Beaufret demandait à Heidegger « comment redonner sens au mot “humanisme” ». Ne demandons pas ce que Jean Beaufret pouvait espérer de Heidegger en 1946.
  • [3]
    Rappel de Pierre Aubenque, op. cit., supra. p. 233, « … das böse Geschick des Seins » in « Der Spruch des Anaximander », Holzwege.
  • [4]
    Philosophies de l’humanisme, 2006, n° 15, de L’Art du comprendre. François Prost : « Humanitas : originalité d’un concept cicéronien », p. 31-47.
  • [5]
    Odyssée VI, 206-210, cité et commenté par Étienne Helmer, in Le dernier des hommes- figures du mendiant en Grèce ancienne, Paris, Le Félin, 2015, p. 36.
  • [6]
    La République, IX, 588c à 590a.
  • [7]
    Traduction prise à Pierre Aubenque, op. cit., p. 231. Quant à l’« eugénique du corps », Pierre Aubenque précise dans la note 2 de la p. 231, avoir traduit ainsi « faute de mieux « Züchtung des Leibes » qui ne se ramène pas à la « culture physique », ni même à une « discipline asiatique », (trad. A. Préau) mais est une claire allusion aux théories et pratiques “eugénistes’” du IIIe Reich…».
  • [8]
    Platon, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, La Pléiade, traduction Joseph Moreau, t. II, 1955, p. 255.
  • [9]
    Platon Lettre VII, 342a-344b, les cinq « facteurs » de la connaissance que Platon commence à exposer sur l’exemple du cercle, in Œuvres complètes, t. II, 1955, p. 1210-1213.
  • [10]
    « Des centaines de milliers meurent en masse. Meurent-ils ? (Sterben Sie?) Ils périssent. Ils sont abattus. Meurent-ils ? Ils deviennent les pièces de réserve d’un stock de fabrication de cadavres. Meurent-ils ? ils sont liquidés discrètement dans les camps d’extermination. Et sans cela – des millions périssent aujourd’hui de faim en Chine. », in M. Heidegger, Bremer und Freiburger Vorträge, GA. 79, p. 56., cité, traduit et commenté par Emmanuel Faye in, Arendt et Heidegger – extermination nazie et destruction de la pensée, Paris, Albin Michel, 2016, p. 200.
  • [11]
    La célèbre confrontation de Davos opposa en 1929 Cassirer à Heidegger ; le thème de ce colloque tenait en la question kantienne : Qu’est-ce que l’homme ? et le débat se centra sur la question de la finitude, dépassable selon Cassirer tandis qu’au contraire, selon Heidegger il est requis de s’y enfoncer.
  • [12]
    Jean-Michel Muglioni, « Qui a dit « animal rationale ? », in Bulletin de la Société Française de Philosophie, mai 2016.
  • [13]
    Il ne sera peut-être pas vain de rappeler qu’il n’est pas question, pour Descartes, de l’homme dans la Seconde de ses Méditations, mais seulement de la pensée en acte, considérée ou plutôt, expérimentée elle-même, en elle-même. C’est en revanche et à la Sixième des Méditations, et aux Passions de l’âme, qu’il faut s’attacher pour voir comment Descartes prend en considération l’humanité de l’homme.
  • [14]
    La « païdéïa » à laquelle W. Jaeger consacra un ouvrage important, réside en la formation des élites politiques. Notons dès maintenant combien Hannah Arendt s’inscrit dans ce genre de vues, car, selon la philosophe, l’accomplissement humain suppose une « seconde naissance » – celle par laquelle, en accédant à l’espace de visibilité de la sphère publique, on se rend digne de louanges. (pour plus amples références voir Emmanuel Faye, op. cit.)
  • [15]
    « La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide est adoptée au Palais de Chaillot en présence de Raphaël Lemkin le 9 décembre 1948. Les parties confirment que « le génocide, qu’il soit commis en temps de paix ou en temps de guerre est un crime du droit des gens, qu’elles s’engagent à prévenir et punir ». Le génocide s’avère ainsi universellement reconnu comme un crime international et interne ». Ainsi le rappelle Olivier Beauvallet dans son Lemkin - Face au génocide, Michalon, 2011, p. 59. Nous reviendrons sur cet aspect juridique de l’idée d’humanité ultérieurement.
  • [16]
    Pour les besoins de la cause nous juxtaposons une allusion à une célèbre analyse de la notion d’obstacle par Sartre, à la fin de l’Être et le Néant à une page de Maurice Merleau-Ponty dans sa Structure du comportement dans laquelle il cite Jean Cassou qui écrivit sans paradoxe que « Le Greco était astigmate parce qu’il produisait des corps allongés », Paris, PUF, 1953, p. 219.
  • [17]
    Ph. Lacoue-Labarthe, Fiction du politique - Heidegger, l’art et la politique, Bourgois, 1987, paragraphe 9 « l’éveil de la puissance auto-poiétique est une nécessité dès lors que s’est révélée l’inconsistance des universels abstraits de la raison et que se sont effondrées les croyances de l’humanité moderne (le christianisme et la croyance dans l’humanité elle-même) qui n’étaient, au fond, que des mythes exsangues. Là encore, il ne faut pas s’y méprendre : le nazisme est un humanisme en tant qu’il repose sur une détermination de l’humanitas à ses yeux plus puissante, plus effective que tout autre ». L’auteur poursuit en reconnaissant qu’il manque au « sujet de l’auto-création absolue » du nazisme, l’universalité et certes aussi que, du point de vue de cet humanisme-là les Juifs n’« appartiennent pas à l’humanitas parce qu’ils n’ont ni rêves ni mythes ». On comprend donc que la « puissance auto-poïétique » dont parle l’auteur, est celle de l’effectuation du mythe nazi.
  • [18]
    Jean Améry, Par-Delà le crime et le châtiment – essaipour surmonter l’insurmontable, Babel, Actes Sud, 1995.
  • [19]
    Songeons également à l’Apologie de Socrate, 41e-42c : le paradis philosophique tiendrait à la possibilité de s’entretenir sans entraves avec les meilleurs esprits des temps écoulés…
  • [20]
    F. Wolff, Notre humanité - d’Aristote aux neuroscience, Paris, Fayard, 2010.

Nous connaissons tous le mot de Proudhon, repris par Carl Schmitt : qui dit « humanité » veut tromper et nous n’avons sans doute pas déjà oublié le mépris nazi, selon lequel tout humanisme serait « humanisme bêlant » ; dans un tout autre registre, théorique cette fois, nous avons entendu Michel Foucault déclarer dans Les mots et les choses que « l’homme est en train de périr à mesure que brille plus fort à l’horizon l’être du langage ».
De la « mort de Dieu » à la « mort de l’homme », les voies furent et demeurent multiples. Ainsi, les récusations Heideggeriennes de toute forme d’humanisme, et partant, de toute idée d’humanité ont conquis grand nombre d’esprits divers – même Althusser, fut comme tant d’autres, séduit par La Lettre sur l’humanisme. Si cette Lettre constitue sans doute une réponse de Heidegger à la question de Jean Beaufret en 1946, elle s’attache nommément à réfuter Jean-Paul Sartre quand celui-ci défendit l’humanisme de la philosophie existentielle contenue dans l’Être et le Néant par un petit opus qu’il intitula : L’existentialisme est-il un humanisme ? Pour Heidegger, il s’agissait de mettre en pièces l’humanisme de la liberté que Sartre octroie à l’humanité, en tant que « destin » dicté par le Néant d’où surgit la condition humaine, sans être déterminée par quoi que ce soit de donné. Seul compte le « choix existentiel », méta-empirique en quelque sorte, tel qu’il prend réalité dans chacune de nos conduites, y compris dans ce que nous imaginons nous submerger passivement comme font les émotions…


Date de mise en ligne : 20/01/2022

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