Mes patients me l’ont apprise
- Par Yves Prigent
Pages 15 à 23
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- PRIGENT, Yves,
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- Prigent, Y.
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Notes
-
[1]
Le mot foi est utilisé dans ce texte au sens de confiance vitale.
La « foi » dont je voudrais parler ici ne m’a pas été donnée directement et telle quelle, dans mon enfance par mes parents et mes éducateurs. Elle n’a que des rapports lointains avec la somme de croyances et de lois morales que l’Église catholique a tenté de m’enseigner plus tard. Encore moins est-elle le fruit de mes études universitaires de médecine et de psychiatrie. Tous ces enseignements, toutes ces éducations m’ont sûrement fourni des matériaux, des outils pour vivre et pour penser ; ils furent pour moi de précieux moyens. Mais j’essaierai de dire que cela n’est pas la foi au sens fondamental que j’aime à donner à ce mot. Pour que d’emblée je m’expose, hors précautions, je dirais même que la foi dont je veux parler est exactement, point par point, crûment, le contraire d’un catéchisme, d’une croyance, d’une philosophie, d’une sagesse.
C’est un pas de danse, une façon un peu plus juste, un peu plus belle, un peu plus simple de s’asseoir, de se lever, de s’étendre, d’ouvrir et de fermer les bras, de sourire. Autant dire que cette foi ne s’enseigne pas et j’ai bien peur qu’on ne puisse guère en parler et encore moins en écrire.
Alors, qu’est-ce qui me prend de vouloir parler de cette foi si difficile à exprimer, à discerner et encore plus à cerner, cette foi par nature insaisissable ? Au vrai, je me le suis demandé à moi-même. Il y a, bien sûr, la satisfaction d’attirer l’attention par un écrit… passons ; il n’est ni salubre ni agréable de s’attarder sur ces étroitesses bien réelles…
Date de mise en ligne : 03/02/2026
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