Chapitre d’ouvrage

Chapitre 1. L’évaluation, un champ en tensions

Pages 17 à 69

Citer ce chapitre


  • Huver, E.
  • et Springer, C.
(2011). Chapitre 1. L’évaluation, un champ en tensions. L'évaluation en langues : Nouveaux enjeux et perspectives (p. 17-69). Didier. https://shs.cairn.info/l-evaluation-en-langues--9782278064007-page-17?lang=fr.

  • Huver, Emmanuelle.
  • et al.
« Chapitre 1. L’évaluation, un champ en tensions ». L'évaluation en langues Nouveaux enjeux et perspectives, Didier, 2011. p.17-69. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/l-evaluation-en-langues--9782278064007-page-17?lang=fr.

  • HUVER, Emmanuelle
  • et SPRINGER, Claude,
2011. Chapitre 1. L’évaluation, un champ en tensions. In : L'évaluation en langues Nouveaux enjeux et perspectives. Paris : Didier. Langues et didactique, p.17-69. URL : https://shs.cairn.info/l-evaluation-en-langues--9782278064007-page-17?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Le terme est ici employé à dessein afin de ne pas discuter la question de l’articulation compétence linguistique/compétence langagière (sur ce point, voir infra 2.1.).
  • [2]
    Ainsi, c’est vers la fin des années 1970 que furent créées l’association francophone (Canada et Europe) ADMEE (Association pour le développement des méthodologies d’évaluation en éducation, anciennement Association pour le développement de la mesure et de l’évaluation en éducation, l’évolution du sigle étant en elle-même révélatrice de l’évolution des préoccupations du champ) et sa revue Mesure et évaluation en éducation, qui fait le point sur les questions relatives à l’évaluation.
  • [3]
    Voir notre introduction, rappelant que le terme anglais assessment vient du latin assidere (« être assis à côté »).
  • [4]
    Madaus cite le mouvement des basic skills dans les années 1970, le rapport A nation at risk dans les années 1980, et le rapport Goals 2000 : Educate America dans les années 1990.
  • [5]
    Le baccalauréat international, diplôme d’études secondaires reconnu dans plusieurs pays du monde et permettant l’accès à l’université, est proposé dans des écoles à vocation internationale pour des élèves de 16 à 19 ans. Il s’étend sur deux ans et est proposé en trois langues officielles (anglais, espagnol et français).
  • [6]
    « Our values and social relations determine not only how tests are used but also the nature of the tests themselves » (notre traduction).
  • [7]
    À partir des tests, Jensen tente en effet de démontrer qu’il y aurait deux formes d’intelligence : noble et créative chez les Blancs ; simplement associationniste chez les Noirs.
  • [8]
    Pour d’autres exemples de ce type, on peut également consulter Lin-Goodwin (eds, 1997), ou encore Tabouret-Keller (2007).
  • [9]
    Plus exactement, c’est le roman Am I blue d’Alice Walker qui a été rejeté de l’évaluation californienne, au motif que des enfants de 10e classe n’ont pas à commenter le fait que des animaux doivent être tués pour approvisionner les humains en viande.
  • [10]
    Le Socle identifie en effet sept piliers : la maîtrise de la langue française ; la pratique d’une langue vivante étrangère ; les principaux éléments de mathématiques et la culture scientifique et technologique ; la maîtrise des techniques usuelles de l’information et de la communication ; la culture humaniste ; les compétences sociales et civiques ; l’autonomie et l’initiative.
  • [11]
    Department for Education and Skills, A to Z of School Leadership and Management (http://www.dfes.gov.uk/a-z/KEY%5FSKILLS.html).
  • [12]
    Cette sous-partie s’inspire largement de Huver (2010a).
  • [13]
    Notation et évaluation étant ici largement confondues. Voir infra.
  • [14]
    Ce terme renvoie au processus professionnalisant dans lequel les acteurs en formation ont choisi de s’impliquer. La mise entre parenthèses du mot apprenti souligne le fait qu’un enseignant est toujours en devenir, plus ou moins apprenti, plus ou moins enseignant tout au long de sa vie. Cette notion de continuum de l’apprentissage permet ainsi de préserver la pluralité des identités de tous les acteurs en présence : formateurs, praticiens, enseignants ou chercheurs et de rendre compte de l’évolution de la professionnalité (Huver & Girardeau, 2008 ; Huver & Cadet, 2010 ; p. 304, ici-même).

Les tensions qui traversent le champ de l’évaluation sont à la fois d’ordre épistémologique et sociopolitique : elles concernent en effet les théories scientifiques de référence et les valeurs d’une société, ces deux aspects étant par ailleurs réciproquement liés.
Le champ de l’évaluation s’organise autour du conflit entre deux paradigmes épistémologiques : un paradigme « mécaniciste » et un paradigme « holistique » (Bonniol & Vial, 1997 ; Vial, 2001). Le premier « considère le monde comme un moteur, que l’homme […] peut démonter, réparer, reconstruire » (Bonniol & Vial, 1997 : 30). Cette vision du monde, essentialiste, postule que le monde est un objet univoque, définissable par des caractères permanents, décontextualisés et anhistoriques. L’épistémologie qui la fonde est fondamentalement positiviste et quantitative, procédant de manière analytique. Dans ce cadre, l’évaluation est donc essentiellement conçue de manière quantitative, objective et technique. Ainsi, il s’agirait de trouver le « bon outil » qui permettrait de bien évaluer, c’est-à-dire d’évaluer objectivement, les apprentissages, en découpant ceux-ci en unités distinctes et isolables, le tout étant ensuite supposé être égal à la somme des parties. C’est ce qui justifie, dans le domaine de la DDL, qu’on évalue la « compétence en langue » des apprenants au moyen d’une addition de tests portant sur la phonétique, sur la morphologie, sur la syntaxe, etc.
Le deuxième paradigme postule un monde complexe, polysémique, hétérogène et évolutif, aux frontières instables et en perpétuelle (re)construction…


Date de mise en ligne : 09/09/2024

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter cet ouvrage

13,99 €

336 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)
Membre d'une institution cliente ?