Chapitre 7 - Réception et autonomisation, la littérature
- Par Olivier Abel
- et Michel Meyer
Pages 143 à 161
Citer ce chapitre
- ABEL, Olivier
- et MEYER, Michel,
- ABEL, Olivier,
- Abel, Olivier.
- et al.
- Abel, O.
- et Meyer, M.
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- ABEL, Olivier,
Notes
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[1]
LL, p. 205. Nous ne prendrons pas ces réserves dans le passage de style un peu pamphlétaire et caricatural de la page 204, qui ne mord pas vraiment sur le sujet, mais dans les pages 208 sq. nettement plus argumentées.
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[2]
LL, p. 208-209. Ici encore je laisse de côté l’amalgame de l’herméneutique avec des notions comme l’intuition, la révélation, ou l’autorité de la tradition, contre lesquelles non seulement Ricœur, mais même Gadamer, ont porté des coups bien plus aiguisés que ceux de la tradition analytique. Quant à celle-ci, à laquelle Meyer renvoie les herméneutes, un auteur comme Ricœur est de ceux qui l’ont le plus effectivement travaillée dans la philosophie francophone.
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[3]
LL, p. 211.
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[4]
PhH, p. 163.
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[5]
On se souvient de ce qu’il disait contre l’excès naïf de définition (PhH, p. 164).
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[6]
PhH, p. 161.
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[7]
TA, p. 368.
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[8]
TA, p. 77, 112, 165, 187, 358, 368 ; et L2, p. 488.
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[9]
De toute façon cela ne serait pas dans le style de Ricœur, dont nous avons vu qu’il tient toujours méthodiquement à maintenir ce qu’il appelle la discontinuité des problèmes.
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[10]
D’abord il parle d’une « dialectique de distanciation plus primitive que l’opposition de l’écriture à la parole et qui appartient déjà au discours oral en tant que discours » : c’est « la dialectique de l’événement et de la signification » dont l’un est inscrit dans le contexte et l’autre le déborde (TA, p. 102 sq.). Il reprend ensuite cette idée ainsi : « Sans doute faudrait-il dire, à l’encontre de toute hypostase de l’écriture, que la première condition de toute inscription est, dans le discours comme tel, même oral, la distance infime qui se creuse entre le dire et le dit » (TA, p. 166). Et il poursuit enfin : « Le dire s’évanouit mais le dit subsiste ; à cet égard, l’écriture ne représente aucune révolution radicale dans la constitution du discours, mais accomplit son vœu le plus profond » (TA, p. 367).
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[11]
TA poche, p. 35.
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[12]
LL, p. 235.
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[13]
H.R. Jauss, Pour une esthétique de la réception, Paris, Gallimard, « Tel », 1978, p. 269.
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[14]
Ibid., p. 270-271.
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[15]
On se souvient que c’était la fonction attribuée au mythe par Patocka, et Jauss parle de la puissance étonnante du vieux mythe d’Iphigénie, « dont l’antique solution pose à l’homme, d’époque en époque, toujours des questions nouvelles » (ibid., p. 265).
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[16]
Ibid., p. 248.
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[17]
Et suivant en cela Wolfgang Iser, comme il le dit, ibid., p. 232.
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[18]
Ibid., p. 249.
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[19]
Ibid., p. 258 sq.
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[20]
Ibid., p. 141.
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[21]
Ibid., p. 169-170.
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[22]
Ibid., p. 172 et 287.
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[23]
Ibid., p. 286.
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[24]
LL, p. 228 sq.
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[25]
LL, p. 236.
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[26]
LL, p. 237.
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[27]
LL, p. 115.
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[28]
PB poche, p. 291. C’est ce qu’il appelle la loi de complémentarité, qui rejoint sa loi de problématicité inversée : plus un problème est exprimé littéralement, moins la forme est déterminante pour marquer la différence entre ce qui est problématologique et ce qui est apocritique ; et plus figurativement un problème est exprimé, plus problématique se révèle la textualité entière (LL, p. 186).
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[29]
LL, p. 224-225.
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[30]
LL, p. 182 et 199. « La réponse littéraire n’apparaît pas comme une solution, parce que sa fonction de déplacement garantit son autonomie à l’égard du problème dans lequel elle s’origine. Néanmoins le littéraire est une expression problématologique d’une certaine relation à la réalité » (p. 183).
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[31]
LL, p. 115 sq. La narration offre ainsi entre le problème du début et la résolution finale un trouble dans la séquence chronologique des faits, qui permet ce jeu de la lecture.
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[32]
PB, p. 254.
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[33]
LL, p. 117.
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[34]
PB, p. 255.
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[35]
LL, p. 118.
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[36]
Paul Ricœur, TR1, p. 122.
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[37]
TR1, p. 86-87.
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[38]
TR1, p. 108.
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[39]
TR1, p. 120.
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[40]
TR3, p. 262.
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[41]
C’est l’axe même de Soi-même comme un autre, où Ricœur inverse la réduction phénoménologique. Qu’est-ce que « se » reconnaître ? Ce n’est pas trouver une identité invariante, mais déchiffrer une ipséité au travers des variations de l’identité, et donc au travers des différences. Dans la lecture d’une bande dessinée on peut faire cette expérience simple : qu’identifier les personnages d’un bon dessin, c’est les reconnaître sans signe distinctif univoque, les reconnaître sans qu’ils soient jamais dessinés identiquement, les reconnaître dans leur variation même, et d’autant plus singuliers.
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[42]
« Rhétorique, poétique, herméneutique », L2, p. 487, sur lequel nous reviendrons à la note 3, p. 204. On n’est pas très loin de ce que dit Meyer (Ph, p. 31), ni de ce que dit Gadamer parlant de l’application (PhH, p. 104). Mais le propos de Ricœur dans cet article est de marquer les visées et les limites spécifiques de chacune de ces disciplines : « La difficulté du thème ici soumis à l’investigation résulte de la tendance des trois disciplines nommées à empiéter l’une sur l’autre au point de se laisser entraîner par leurs visées totalisantes à couvrir tout le terrain » (ibid., p. 479). Le « terrain », au niveau du discours, sera ainsi parcouru par une typologie irréductible à celle des speech-acts, qui sont pertinents au niveau de la phrase (voir aussi La métaphore vive, études nos 3, 4 et 8). Et Racœur termine : « La rhétorique reste l’art d’argumenter en vue de persuader un auditoire qu’une opinion est préférable à sa rivale. La poétique reste l’art de construire des intrigues en vue d’élargir l’imaginaire individuel et social. L’herméneutique reste l’art d’interpréter les textes dans un contexte distinct de celui de leur auteur et de leur auditoire initial, en vue de découvrir de nouvelles dimensions de la réalité » (MV, p. 493-494).
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[43]
L2, p. 486. Ricœur montre comment l’intrigue, le muthos, comporte une dimension proprement utopique.
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[44]
L2, p. 490 et 492.
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[45]
TR1, p. 116-117.
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[46]
TR1, p. 115.
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[47]
C’est le sens de la micro-phénoménologie poétique de Bachelard, qui parle d’un cogito seulement poétique : « Une sorte de cogito multiple se renouvelle dans le monde fermé d’un poème » (Poétique de la rêverie, Paris, PUF, 1974, p. 131). Et ailleurs : « L’image poétique nous met à l’origine de l’être parlant (...) Elle devient un être nouveau de notre langage, elle nous exprime en nous faisant ce qu’elle exprime, autrement dit elle est à la fois un devenir d’expression et un devenir de notre être. Ici, l’expression crée de l’être » (Poétique de l’espace, Paris, PUF, 1974, p. 7). Et Ricœur (qui cite le passage ci-dessus dans La métaphore vive, Paris, Le Seuil, 1975, p. 272), écrit dans cette même veine : « Comprendre, c’est se comprendre devant le texte. Non point imposer au texte sa propre capacité finie de comprendre, mais s’exposer au texte et recevoir de lui un soi plus vaste (...) La subjectivité du lecteur n’advient à elle-même que dans la mesure où elle est mise en suspens, irréalisée (...) La lecture m’introduit dans les variations imaginatives de l’ego » (TA, p. 117).
Notre objectif est maintenant, comme ce sera le cas dans le chapitre 10 sur la métaphore, symétrique de celui-ci, de mesurer la congruence et la divergence de la problématologie avec l’herméneutique. Nous partirons du problème du double-sens, puis nous irons vers l’autonomisation littéraire du texte.
N’y a-t-il que des compréhensions aussi ambiguës et compliquées que celles mises en œuvre par l’herméneutique ? Telle est la question par laquelle la problématologie répond à l’objection : « Peut-on toujours expliciter la question implicite ? » par laquelle à son tour l’herméneutique se défend. On verra que l’herméneutique nie que l’on puisse thématiser, même problématiquement, toutes nos présuppositions, que l’on puisse ainsi « se » placer au commencement. La problématologie, beaucoup plus proche en cela du style de la philosophie post-analytique anglo-saxonne, résiste à ce qu’elle considère encore comme l’extension indue d’une situation de communication extra-ordinaire, limite. Elle demande d’arrêter les métaphores, de cesser de chercher toujours autre chose que ce qui est dit. Son mot d’ordre ici pourrait être : retour à l’ordinaire. C’est dans l’ouvrage de Meyer sur Langage et littérature que nous irons chercher l’expression de cette réserve, qu’il résume ainsi : « En somme l’herméneutique vient au premier plan quand la polysémie est la règle. » Or n’existe-t-il pas des contextes d’interlocution où la compréhension « va sans dire », et n’est-ce pas ce que la problématologie relève comme une condition élémentaire du dialogue, où l’on n’a justement pas besoin de chercher à expliciter la question …
Date de mise en ligne : 30/07/2024
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