Chapitre 10. Fin de siècle et de millénaire
Pages 216 à 229
Citer ce chapitre
- DE MONTBRIAL, Thierry,
- De Montbrial, Thierry.
- De Montbrial, T.
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- De Montbrial, T.
- De Montbrial, Thierry.
- DE MONTBRIAL, Thierry,
Notes
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[1]
La rédaction de ce texte a été achevée le 25 juillet 2000.
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[2]
Lors des élections législatives autrichiennes du 3 octobre 1999, le Parti de la Liberté d’Autriche (FPÖ), d’extrême droite, devient le deuxième parti à la tête du pays avec 26,91 % des voix [NdE].
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[3]
À l’issue du sommet franco-britannique de Saint-Malo des 3 et 4 décembre 1998, qui a réuni le président Jacques Chirac et le Premier ministre Tony Blair, une déclaration sur la défense européenne a été publiée. Les deux parties s’y accordent sur la nécessité de doter l’Union européenne d’une capacité autonome de décision et d’action, appuyée sur des forces militaires crédibles, afin de pouvoir répondre aux crises internationales lorsque l’Alliance atlantique n’est pas engagée [NdE].
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[4]
Le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, TICE, (en anglais Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty, CTBT) a été ouvert à la signature en 1996. En signant ce traité, les États parties s’engagent à ne pas effectuer d’explosion nucléaire dans quelque environnement terrestre que ce soit. Ce traité n’est toujours pas entré en vigueur car il n’a pas été ratifié par 8 États, « dits de l’annexe II », c’est-à-dire indispensables à l’entrée en vigueur du TICE [NdE].
Au-delà des considérations politiques de court terme, ce qui est important, dans la réaction des Quatorze à l’entrée du parti d’extrême droite dirigé par Jörg Haider dans la coalition gouvernementale constituée à Vienne en février 2000, c’est la peur qu’elle traduit d’une résurgence des vieux démons, comme si le monstre n’était pas complètement mort. Moyennant quoi, l’Europe court un double risque : celui de pousser trop loin l’autocensure hors des chemins étroits du « politiquement correct », en interdisant par exemple tout débat sur des questions sensibles comme l’immigration ; celui, en l’occurrence, de provoquer ce que l’on redoute, c’est-à-dire une réaction nationaliste chez un peuple qui ne semblait pourtant pas majoritairement séduit par les outrances verbales du leader populiste. Quoi qu’il en soit, cet épisode révèle une fragilité psychologique de l’Europe que son élargissement à l’est ne fera qu’augmenter tant la mémoire y est refoulée. On peut en déduire que les horreurs européennes du xxe siècle continueront longtemps encore de peser sur les réalités politiques de notre continent. Il n’est pas étonnant, non plus, que ce millénaire s’achève sur la multiplication des actions de « repentance », jusqu’à l’Église catholique qui, à travers le pape Jean-Paul II, demande pardon pour le mal qu’elle a causé aux Juifs au cours des siècles, mais aussi pour l’Inquisition. Ainsi, cette Europe qui croyait encore dominer le monde et en tout cas « l’éclairer » au début de ce siècle, parvient-elle à son terme certes dans la satisfaction et le confort d’une prospérité matérielle inouïe, mais aussi dans la résignation et le renoncement à l’exercice de la puissance, dans l’autoflagellation, la culpabilité, la repentance, autant de sentiments étrangers aux Russes, aux Arabes ou aux Asiatiques par exemple…
Date de mise en ligne : 16/05/2025
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