Chapitre V. L’entretien avec l’enfant
- Par Colette Chiland
Pages 99 à 118
Citer ce chapitre
- CHILAND, Colette,
- Chiland, Colette.
- Chiland, C.
- C. Chiland
https://doi.org/10.3917/puf.chila.2013.01.0099
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https://doi.org/10.3917/puf.chila.2013.01.0099
On ne peut présenter d’entretien type : l’âge de l’enfant, sa personnalité, les circonstances seront déterminants.
Le très jeune enfant vient avec sa mère ou ses parents. Le nourrisson ne parle pas, mais il investigue et réagit. On connaît la description que Winnicott a faite du comportement du bébé devant une spatule de métal dans « L’observation des jeunes enfants dans une situation établie » (1941, in De la pédiatrie à la psychanalyse). Tel enfant hésite à s’emparer de l’objet brillant, guette la réaction de sa mère. Il se décide à la prendre, salive de désir, la porte à sa bouche. Mais il refuse qu’on la lui introduise dans la bouche. Il joue avec la spatule, la tape sur la table. Puis il la fait tomber, comme par erreur, la reprend quand on la lui rend, finalement s’en débarrasse agressivement. Chaque bébé a sa manière propre de se conduire, qui en révèle beaucoup sur sa relation avec sa mère et sa confiance en lui-même.
Si le nourrisson ne comprend pas les paroles prononcées entre ses parents et le clinicien, il est néanmoins sensible au climat affectif. Ainsi, un nourrisson, après un jeu significatif avec le clinicien et les propos tenus par le clinicien à la mère qui entraînent un changement dans la manière dont elle le tient, s’endort alors que la consultation avait été motivée par son insomnie.
Un peu plus grand, l’enfant joue avec les jouets qu’on a mis à sa disposition ou… avec le sac de sa mère, tandis que nous parlons avec la mère. Il intervient et la mère nous traduit son discours que, seuls, nous décryptons mal…
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