Chapitre d’ouvrage

Les mécanismes de destruction de l’autre

Pages 225 à 247

Citer ce chapitre


  • Sironi, F.
(2004). Les mécanismes de destruction de l’autre. Dans
  • A. Berthoz
  • et G. Jorland
L'Empathie (p. 225-247). Odile Jacob. https://doi.org/10.3917/oj.berth.2004.01.0223.

  • Sironi, Françoise.
« Les mécanismes de destruction de l’autre ». L'Empathie, Odile Jacob, 2004. p.225-247. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/l-empathie--9782738114853-page-225?lang=fr.

  • SIRONI, Françoise,
2004. Les mécanismes de destruction de l’autre. In :
  • BERTHOZ, Alain
  • et JORLAND, Gérard,
L'Empathie. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.225-247. DOI : 10.3917/oj.berth.2004.01.0223. URL : https://shs.cairn.info/l-empathie--9782738114853-page-225?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/oj.berth.2004.01.0223


Notes

  • [1]
    Nothomb P., Le Délire logique, Paris, Phébus, 1999.
  • [2]
    Branche R., La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie (1954-1962), Paris, Gallimard, 2001.
  • [3]
    Viñar M. et M., Exil et Torture, Paris, Denoël, 1989.
  • [4]
    Russell B., Signification et Vérité, trad. fr. Devaux P., Paris, Flammarion, 1969.
  • [5]
    Voir le documentaire de Petarson J.F. et Stephensen E., Le Fils de ton voisin, Copenhague, Ebbe Preibler Film, 1982.
  • [6]
    Ferenczi S., Psychanalyse 2 (1913-1919), trad. fr., Dupont J. et Viliker M., Paris, Payot, 1970.
  • [7]
    Sironi F., Bourreaux et Victimes, Paris, Odile Jacob, 1999.

Lorsque j’ai commencé à travailler avec les victimes de torture, je me suis rendu compte que les théories habituelles dans mon champ, qui sont majoritairement d’inspiration psychanalytique, ne rendaient absolument pas compte de la spécificité de la souffrance psychologique des patients que je traitais : ils étaient devenus, à divers degrés, comme un autre les avait pensés. Par ailleurs, les théories dominantes dans ma discipline ne me permettaient pas de construire un cadre thérapeutique satisfaisant du fait qu’elles étaient toutes fondées sur la causalité intrapsychique de la souffrance psychologique. Ce fut la découverte de l’ethnopsychiatrie clinique telle que l’a instaurée Tobie Nathan, qui m’a permis d’élaborer une approche novatrice, ouverte et adaptée à ce type de situation clinique totalement singulière que sont les victimes de torture, les victimes de traumatismes intentionnels.
Les faits psychiques n’existent pas en tant que tels. Complexes, ils sont la résultante de la chose observée, de l’observateur, de l’outil d’observation. Mais ils sont également déterminés par le destinataire de l’observation. En tant que méthode, l’ethnopsychiatrie clinique restaure pleinement l’observation. Elle libère de ce fait le clinicien ou le chercheur en le délivrant de toute tentation de penser son objet d’étude préalablement aux faits observés et de risquer de l’enfermer, de par ce fait, dans des catégories préexistantes. L’ethnopsychiatrie invite les utilisateurs de ces catégories à les penser, à étudier leur mode de fabrication, leur pertinence, leur validité, l’impact de leur utilisation sur l’objet, sur le clinicien, sur sa discipline et sur la société en général…


Date de mise en ligne : 10/08/2022

https://doi.org/10.3917/oj.berth.2004.01.0223

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