26. Le buste de Néfertiti est-il authentique ?
- Par Florence Quentin
Pages 259 à 266
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- QUENTIN, Florence,
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En 1912, l’égyptologue allemand Ludwig Borchardt, à la tête de la Deutsche Orientgesellschaft, fouille la ville de Tell el-Amarna, cité bâtie en Moyenne-Égypte par Akhénaton (1350-1336 av. J.-C.). Cet « iconoclaste », qui avait ordonné l’éradication du nom d’Amon sur nombre de monuments égyptiens, va, à sa mort, subir un sort similaire : toute trace de son règne sera effacée, ses édifices privés et cultuels, comme les tombeaux royaux, seront détruits, et sa ville progressivement désertée. Au cours de cette campagne de 1912, Borchardt met au jour l’atelier du sculpteur Thoutmès, qui se révèle être une véritable mine d’or pour la redécouverte de l’art amarnien. Le buste de la « grande épouse royale » Néfertiti, épouse d’Akhénaton, se trouve dans la réserve de l’atelier, abandonné semble-t-il à la hâte, aux côtés d’une série d’études de têtes et de visages en plâtre. Son découvreur écrit dans son rapport de fouilles : « Les couleurs paraissent avoir été fraîchement peintes. Une œuvre vraiment magnifique. Impossible de la décrire, il faut la voir. »
Précisons que cette découverte a lieu le jour de la visite du prince Jean-Georges de Saxe sur le chantier de fouilles. Une « coïncidence » qui, par la suite, devait semer le doute dans le monde de l’égyptologie quant aux motivations de Borchardt.
Les Allemands entendent bien rapporter ce buste à Berlin : le sublime visage de « La Belle est arrivée » (Néfertiti) fait partie des quelque 7 000 objets archéologiques découverts par Borchardt et son équipe sur le site d’Amarna : 5 500 seront expédiés en Allemagne…
Date de mise en ligne : 28/03/2023
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