Un rêveur éveillé
Pages 59 à 68
Citer ce chapitre
- CHALAGUIER, Claude,
- BRICHAUX, Jean,
- Chalaguier, Claude.
- Chalaguier, C.
- J. Brichaux
https://doi.org/10.3917/eres.brich.2012.01.0059
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- Chalaguier, C.
- J. Brichaux
- Chalaguier, Claude.
- CHALAGUIER, Claude,
- BRICHAUX, Jean,
https://doi.org/10.3917/eres.brich.2012.01.0059
En avançant dans l’âge, l’histoire nous fait parfois un peu mieux comprendre qui nous sommes. Mais cette histoire-là, ce n’est pas celle que l’on nous enseignait sur les bancs de l’école. Ce serait plutôt celle qui se bâtit au jour le jour, et que la mémoire collective s’efforce de garder vivante, au milieu de toutes les sollicitations du présent, légitimes ou superficielles. C’est pourquoi si, par une métaphore, nous tentions d’esquisser, dans son entité corps et pensée, l’anatomie de l’éducateur, nous prendrions tout naturellement en compte le passé pour éclairer le présent. Pour ce faire, à partir des gestes et symboles hérités des passeurs rencontrés dans ma propre pratique d’éducateur, je choisirais l’image parcellaire, mais non moins fondatrice du « rêveur éveillé. »
De Pestalozzi à Fernand Deligny, de Korzack à Peter Brook, de Bion à Tony Lainé, en quoi, aujourd’hui comme hier, « la fonction de rêverie » (Bion, 1979) contribue-t-elle à la posture éducative, en ouvrant sur des perspectives de connaissance de l’autre et de soi ?
Cette condition du « rêveur éveillé » est importante, mais j’en suis convaincu, resterait insuffisante, si l’on n’y associait pas la part décisive du sensible, inhérente à la dimension de l’artiste présente en tout éducateur créatif. Autrement dit, j’ai envie d’écrire : « Dans quelle langue tu rêves ? » « Dans celle qui me réveille ! » pourrait peut-être répondre l’éducateur. Pour étayer cette position, je développerai en premier le « concept de rêve »…
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