Chapitre V. Dire avec des mots
Pages 83 à 102
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- MOURIQUAND, Jacques,
- Mouriquand, Jacques.
- Mouriquand, J.
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- Mouriquand, J.
- Mouriquand, Jacques.
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La matière première des journalistes est la langue, même si le recours à l’image est de plus en plus fréquent. Mais quelle langue considérer ? Les 80 000 entrées du Grand Robert ? Les 4 000 à 5 000 mots qui constitueraient le « capital moyen » du lecteur adulte. Les 800 dont seraient détenteurs les élèves de brevets d’enseignement professionnel ? Et comment ne pas intégrer, dans cette réflexion, l’illettrisme ? Dix pour cent d’une classe d’âge de jeunes gens soumis aux examens préalables au service militaire ne dépassent pas la lecture d’une phrase simple. Douze pour cent de la population vivant en France (et 7 % parmi ceux qui sont nés en France) ont des difficultés de lecture, c’est-à-dire sont maladroits dans le maniement d’une langue de plus de 70 mots… Le chômage est une cause identifiée de perte de la capacité de lecture, une fraction de la population n’ayant l’occasion de se confronter à la lecture que dans des activités professionnelles (pour des modes d’emploi, des notes de service…).
Et quelle est l’influence réelle de la parole télévisée sur la langue courante ? Comment ne pas voir que la généralisation de formules du type : « en direct », « ils sont sur les starting-blocks », « il est en pole position », viennent assez largement de la télévision. Cela, sans revenir, bien entendu, sur nos observations antérieures concernant la théâtralisation du récit (cf. chap. i) ou la scénarisation.1. Un aboutissement. – Lorsque, en 842, deux des petits-fils de Charlemagne, Charles et Louis, s’allient contre leur frère Lothaire, ils signent cette alliance dans leurs langues respectives : le germanique, d’une part ; le roman, de l’autre…
Date de mise en ligne : 25/08/2022
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