3 - Littérature et Dada
Pages 97 à 154
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- BROCHIER, Jean-Jacques,
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- Brochier, J.-J.
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1918, la guerre est finie, Apollinaire et Vaché sont morts, l’époque est complètement désorganisée, et même nos poètes sont perplexes. Comme beaucoup d’autres, la seule chose qu’ils savent, c’est que rien ne doit jamais être pareil, que rien de ce qui s’est passé ne doit recommencer. Breton rappelle qu’il faut « tenir compte du fait que, durant le printemps et l’été 1919 qui voient paraître les six premiers numéros de Littérature, nous sommes loin d’être libres de nos mouvements. Je ne serai, dit-il, démobilisé qu’en septembre et Aragon quelques mois plus tard. Les pouvoirs d’alors se montraient soucieux de ménager une transition entre le genre de vie que la guerre nous avait fait connaître et celui que le retour à la vie civile nous réservait. Cette précaution n’avait rien de superflu : l’inévitable conciliabule des soldats de retour du front avait eu très vite pour effet d’exalter rétrospectivement les sujets de colère : sentiment de l’inutilité du sacrifice de tant de vies, grand “compte à régler” avec l’arrière dont le fameux esprit “jusqu’au boutiste” était allé si longtemps de pair avec un affairisme dépourvu de scrupules, brisement d’innombrables
foyers, extrême médiocrité du lendemain. L’enivrement de la victoire militaire avait fait long feu...
« On revenait de la guerre, c’est entendu, mais ce dont on ne revenait pas, c’est de ce qu’on appelait alors le “bourrage de crânes” qui, d’êtres ne demandant qu’à vivre et — à de rares exceptions près — à s’entendre avec leurs semblables, avait fait, durant quatre années, des êtres hagards et forcenés, non seulement corvéables, mais pouvant être décimés à merci…
Date de mise en ligne : 04/10/2016
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