Chapitre 2. Le stigmate comme objectivation de l’aura de la déficience
- Par Alain Blanc
Pages 48 à 67
Citer ce chapitre
- BLANC, Alain,
- Blanc, Alain.
- Blanc, A.
Citer ce chapitre
- Blanc, A.
- Blanc, Alain.
- BLANC, Alain,
Le 26 décembre 1934, les membres du groupe surréaliste – dont, autour des années 1920 rappelle Benjamin, les premières réunions furent organisées dans le café Certa, passage de l’Opéra – se retrouvent au Café Cyrano dans le 18e arrondissement de Paris. Breton et Caillois, des commentateurs mentionnent aussi la présence de Jacques Lacan, discutent à propos du mystère des haricots sauteurs en provenance du Mexique : alors que ces légumes semblent inanimés, ils font des bonds ; que faire face à ce mystère ? Caillois prône la dissection immédiate en avançant l’argument qu’une force cachée les anime et que l’opération permettra de savoir. Si Breton n’y est pas opposé par principe, il recommande pourtant d’en différer l’exécution au motif que le mystère de ces haricots doit continuer de prévaloir. Lacan, quant à lui, préconise de ne rien faire. Tirant les conclusions de cette controverse, tout sauf anecdotique et ayant fait l’objet de présentations variables et de commentaires approfondis en soulignant les nombreuses implications (Blachère, 1996 ; Béhar, 2002 ; Moutot, 2006), Caillois quitte le groupe surréaliste : Breton et lui auront désormais des itinéraires séparés.
L’aura génère de la proximité du fait de l’éloignement : le mystère de l’objet auratique est enveloppant parce que le spectateur le regarde de loin, baigné de son irisation, et qu’il investit l’objet du regard. L’aura circule à partir de ces deux points d’appui. Certes, la reproduction rapproche les œuvres des publics – par exemple les photos de guerres lointaines imprimées dans la presse qui nous rendent le conflit plus intime ; mais, de ce fait, l’aura de l’œuvre s’éloigne car les copies se perdent dans les décors…
Date de mise en ligne : 29/08/2023
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
13,99 €
Acheter ce chapitre
5,00 €