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Chapitre 3 / La tradition de l'humanisme civique réinvestie

Pages 85 à 106

Citer ce chapitre


  • Ramel, F.
(2012). Chapitre 3 / La tradition de l'humanisme civique réinvestie. L'attraction mondiale (p. 85-106). Presses de Sciences Po. https://shs.cairn.info/l-attraction-mondiale--9782724612684-page-85?lang=fr.

  • Ramel, Frédéric.
« Chapitre 3 / La tradition de l'humanisme civique réinvestie ». L'attraction mondiale, Presses de Sciences Po, 2012. p.85-106. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/l-attraction-mondiale--9782724612684-page-85?lang=fr.

  • RAMEL, Frédéric,
2012. Chapitre 3 / La tradition de l'humanisme civique réinvestie. In : L'attraction mondiale. Paris : Presses de Sciences Po. Références, p.85-106. URL : https://shs.cairn.info/l-attraction-mondiale--9782724612684-page-85?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Les propriétés de cet humanisme civique républicain permettent de rejeter les interprétations récentes qui présentent républicanisme et cosmopolitisme comme deux sensibilités appartenant à la même famille libérale. Ce chapitre repose sur l’idée selon laquelle les fondements du républicanisme s’opposent radicalement au libéralisme. Pour une illustration de cette confusion, voir Kane, 2008.
  • [2]
    Une constitution mixte regroupe des éléments qui proviennent de la démocratie (la multitude), de l’aristocratie (quelques-uns), de la monarchie (un seul) dans l’organisation des pouvoirs.
  • [3]
    Jean Delumeau distingue la sécurité (« croyance bien ou mal fondée qu’on est à l’abri de tout péril ») de la sûreté (« connote surtout des réalités et des situations concrètes : mesures de précaution, garanties diverses, caractère d’une personne de confiance, lieu où l’on ne craint pas d’agression ») (Delumeau, 1989, p. 12).
  • [4]
    Nicholas Onuf repère chez Vattel et Kant les figures emblématiques de deux ramifications de l’humanisme civique : l’un atlantique, l’autre continental.
  • [5]
    René-Jean Dupuy repère une convergence de mobilisation entre les mouvements syndicaux ou associatifs de la société civile des États communistes à l’époque bipolaire, et l’activisme de leurs homologues dans les pays occidentaux (Dupuy, 2001).
  • [6]
    Cette seconde condition s’inspire parfois de l’exemple américain entre 1781 et 1861, lequel est élevé au rang de modèle d’équilibre savamment entretenu entre ses composantes (les États fédérés) et la projection d’une retenue stratégique à l’extérieur.
  • [7]
    Le cosmopolitisme « réflexif » ou « criticiste » de Jean-Marc Ferry peut être intégré dans cette catégorie. Il repose sur l’idée républicaine et non sur la perspective d’individus réclamant la reconnaissance de leurs droits. Cette option « substitue au modèle libéral d’un consensus par recoupement celui d’un consensus par confrontation, supposant qu’en dernière instance, c’est la délibération publique de citoyens, à travers des espaces publics autonomes, qui serait seule habilitée à adopter et faire éventuellement évoluer les principes constitutifs d’une communauté de citoyens » (Ferry, 2010, p. 93).
  • [8]
    Sur le plan éthique, le cosmopolitisme ne suppose pas seulement des obligations morales à l’égard de l’humanité. Il intègre également des obligations morales auprès du groupe ou de la communauté à laquelle les individus appartiennent : « Le cosmopolitisme peut reconnaître que notre allégeance morale fondamentale, primitive en quelque sorte, est celle qui prend sa source dans le lien qui nous lie à l’humanité, tout en reconnaissant qu’un intérêt caractéristique – universel – de cette humanité est de former des sociétés et d’y vivre. » (Couture, 2010, p. 35.) Voir également les travaux de Kai Nielsen.

Du xive au xvie siècle se développe dans la péninsule italienne un courant qualifié d’humanisme civique, lequel s’exprime dans les traités politiques aussi bien que sous différentes formes esthétiques. Ayant pour finalité de renouer avec plusieurs arguments défendus par les Anciens, il repose sur une volonté d’apprivoiser le temps (refus de la vie contemplative et apologie de l’action), sur un modèle de constitution mixte (combinaison de la démocratie, de la monarchie, de l’aristocratie en vue de garantir l’ordre politique le meilleur) et, surtout, sur l’idéal de liberté républicaine. Se méfiant de la représentation, les humanistes civiques insistent sur la nécessaire participation des citoyens à la chose publique, avec pour corollaire la nécessité de se sacrifier en cas de besoin. Ce courant fait l’objet d’un double regain d’intérêt au xxe siècle : avec la République de Weimar en crise, et à la charnière des années 1970 aux États-Unis (guerre du Vietnam, ultralibéralisme virulent) (Pocock, 1997 ; Skinner, 2003). Dans les deux cas, recouvrer l’esprit de l’humanisme civique signifie sortir d’un « assoupissement libéral ». La cible privilégiée est en effet identique : une conception réductrice de la modernité fondée sur l’idée d’un individu porteur de droits d’une part, et sur celle d’une loi dont la fonction est avant tout de protéger ces droits ainsi que les activités privées de l’autre. Les défenseurs du « révisionnisme républicain » interrogent au contraire cette façon de définir exclusivement l’homme comme un individu privé, coupé de l’action civique…


Date de mise en ligne : 02/04/2013

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