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Pages 23 à 28
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- DE LAGASNERIE, Geoffroy,
- De Lagasnerie, Geoffroy.
- De Lagasnerie, G.
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- De Lagasnerie, Geoffroy.
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Élaborer une éthique des œuvres et se conduire en accord avec elle suppose d’abord pour les artistes (mais aussi pour les galeristes, les critiques, les curateurs, les professeurs, etc.) de rompre avec l’ensemble des représentations qui conduisent à ne pas prendre en compte le monde, et le monde social, lorsqu’ils produisent une œuvre et réfléchissent à sa réception, sa diffusion, son installation – la plus perverse de ces représentations étant celles qui affirme que l’art est en tant que tel oppositionnel en sorte qu’il n’y aurait pas à se poser ces questions car elles seraient d’emblée résolues.
Il n’y a pas de non-participation possible au monde et donc pas de neutralité. Le monde existe, il est là, il fonctionne. Des systèmes de pouvoirs se reproduisent et les dispositifs culturels accomplissent leurs fonctions. Nos actions s’inscrivent de fait dans tout un ensemble de dispositifs. Ils les ratifient ou les déstabilisent. Ils font partie de leur existence. Dès lors, si l’on veut ne pas avoir honte de la culture devant le monde, il faut que la culture parte du monde et de son action à l’intérieur de celui-ci pour donner sens à son existence.
En disant qu’il n’y a pas de non-participation au monde, j’entends affranchir la réflexion sur l’art de catégories à l’œuvre dans une large partie de la théorie esthétique et de la sociologie de l’art, qui reconduisent l’idée d’une opposition entre un art qui serait en prise avec des exigences politiques quelles qu’elles soient d’un côté et, d’un autre côté, un art plus autoréférentiel, qui afficherait une neutralité politique et éthique pour se consacrer à faire vivre d’autres émotions : esthétiques, intimes, passionnelles, etc…
Date de mise en ligne : 09/12/2022
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