Préface. Dissolution de la pratique...
- Par Joseph Rouzel
Pages 7 à 17
Citer ce chapitre
- ROUZEL, Joseph,
- DUVAL HÉRAUDET, Jeannine,
- Rouzel, Joseph.
- Rouzel, J.
- J. Duval Héraudet
https://doi.org/10.3917/eres.duval.2015.01.0007
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- Rouzel, J.
- J. Duval Héraudet
- Rouzel, Joseph.
- ROUZEL, Joseph,
- DUVAL HÉRAUDET, Jeannine,
https://doi.org/10.3917/eres.duval.2015.01.0007
Notes
-
[1]
J. Lacan, Télévision, Paris, Le Seuil, 1974.
-
[2]
G. Devereux, De l’angoisse à la méthode dans les sciences du comportement, Paris, Champs Flammarion, 2012.
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[3]
Mot d’origine occitane, encore bien présent dans le Midi. Le verbe pegar signifie : coller, poisser ; empegar, encoller ; desempegar, décoller…
-
[4]
S. Freud, La technique psychanalytique, Paris, Puf, 2013.
-
[5]
J. Lacan, « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », dans Écrits, Paris, Le Seuil, 1966.
-
[6]
J. Cardan, De subtilitate (1547), 1re éd. 1550, Nuremberg. De la subtilité et subtiles inventions, ensemble les causes occultes, et raisons d’icelles, Paris, Charles Langelier, traduit par Richard Le Blanc, 1556.
-
[7]
À titre d’exemple : C. Allione, La part du rêve dans les institutions. Régulation, supervision, analyse des pratiques, Paris, Les Belles Lettres, 2011 ; J. Rouzel, La supervision d’équipes en travail social, Paris, Dunod, 2007 ; C. Blanchard-Laville et D. Fablet (sous la direction de), L’analyse des pratiques professionnelles, Paris, L’Harmattan, 2006.
-
[8]
M. Mauss, Essai sur le don, Paris, Puf, 2012.
-
[9]
J. Lacan, « La science et la vérité », dans Écrits, op. cit.
-
[10]
L. Grimaud, Éducation thérapeutique. Pratiques institutionnelles, Toulouse, érès, 1998.
-
[11]
J. Lacan, « L’agressivité en psychanalyse », dans Écrits, op. cit.
Le grec ana-lusis, d’où est issue notre « analyse », renvoie à une opération de dissolution, de « lyse », radical que l’on trouve dans autolyse, euphémisme pour désigner le suicide. Qu’y aurait-il donc à dissoudre dans la pratique, que l’on soit éducateur ou rééducateur ? Cette dissolution (dit-solution ?) me renvoie à quelques souvenirs d’enfance. Nous avions bien usé les pneus des vélos sur des sentiers sauvages et là, paf : crevaison. Il fallait démonter la chambre à air du pneu, repérer la fuite, frotter à la lime, enduire de dissolvant et obturer avec une rustine. Le dissolvant sert à dissoudre légèrement le caoutchouc pour assurer une bonne adhérence de la rustine. Il y aurait donc dans la pratique des éducateurs des crevaisons qui nécessitent cette dissolution ? Il y aurait donc une sorte de gomme, de gélatine, de magma qui exigerait qu’on en ramollisse la compacité, pour obtenir une meilleure adhérence, voire adhésion, de l’acte éducatif. Évidemment, la métaphore, pour parlante qu’elle soit, s’arrête là. L’acte éducatif n’est en rien comparable à une rustine, même si d’aucuns le pensent.
Je le dis souvent : ce type de travail – celui de travailleurs soucieux ! – ça calamine. D’où le décalaminage, pardon l’analyse de la pratique. Mais qu’est-ce qu’une pratique ? « Une pratique n’a pas besoin d’être éclairée pour opérer », affirme Jacques Lacan dans Télévision. Cependant, le praticien social, lui, ne peut s’en passer. Si la pratique éducative « calamine », c’est du fait de la relation intime, directe, profonde, engagée par tout éducateur ou rééducateur avec ceux que maladroitement le langage courant, celui des textes et de l’administration, désigne comme « usagers », parfois bien usagés, il faut bien le dire…
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