V. La France et la révision (septembre 1898-septembre 1899)
- Par Vincent Duclert
Pages 48 à 63
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Malgré l'unanimité qui règne pour honorer la politique de Cavaignac, malgré l'intimidation pour ceux qui n'y adhèrent pas, les réactions dreyfusardes au discours du 7 juillet ne manquent pas. Jaurès constate, dans une lettre à La Petite République, que « la discussion est ouverte », que les aveux de Dreyfus sont fabriqués, et que le document saisi en 1896 est « le faux le plus grossier, le plus criant, venu à point pour sauver Esterhazy ». Le 9 juillet, Picquart, de prison, écrit au président du Conseil « que les deux pièces qui portaient la date de 1894 ne sauraient s'appliquer à Dreyfus et que celle qui portait la date de 1896 avait tous les caractères d'un faux ».
Ces ripostes ne font qu'accroître la détermination de Cavaignac. Mais le 13 août au soir, son officier d'ordonnance, le capitaine Cuignet, étudiant les pièces du « dossier secret », découvre à la lumière d'une lampe que la lettre de Panizzardi est un faux, un faux grossier protégé jusqu'ici parce qu'une photographie certifiée conforme le remplaçait. Henry n'avait pas pris garde que le quadrillage du papier utilisé par l'officier italien différait (en taille et en couleur) de celui qu'il avait lui-même choisi. Averti, Cavaignac décide de ne pas écourter les vacances d'Henry et de considérer le faux comme postérieur à la condamnation de Dreyfus : ce dernier reste donc coupable. Il ne ressent même pas le besoin d'avertir le gouvernement et maintient un véritable black-out sur cette affaire. La lutte contre les révisionnistes reste la priorité et Cavaignac multiplie les discours en province…
Date de mise en ligne : 12/06/2012
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