Entreprise
- Par Yves Rey-Herme
Pages 84 à 86
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- REY-HERME, Yves,
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- Rey-Herme, Y.
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Une partie de la jeunesse des quartiers populaires est éloignée du monde de l’entreprise pour différentes raisons. Elle peut ne pas en avoir assimilé les codes. Manquer de motivation ou de persévérance. Présenter d’importante carences scolaires. N’avoir que peu ou pas de diplôme, réduisant ses chances de trouver un emploi. Ne pas croire en ses propres capacités, etc.
Il ne s’agit pas de juger cette jeunesse, ni de lui reprocher ces faiblesses. Elle manque déjà de confiance, est consciente de ses fragilités et en souffre. Des critiques répétées ne feraient que provoquer le repli et nourrir les frustrations qui en découlent. Inutile donc d’appuyer sur un point douloureux.
La réponse au risque de désinsertion professionnelle suppose un engagement volontariste des jeunes concernés, ainsi que de ceux qui ont la charge de sa mobilisation. Mais elle suppose également que l’entreprise s’engage plus qu’aujourd’hui contre la fracture sociale, car elle y a un rôle important à jouer.
Sa mission première n’est naturellement pas d’insérer des jeunes sans repère. Mais ces deux univers – entreprise et insertion – peuvent être mieux reliés, dès lors que chacun en perçoit l’intérêt. Et cet intérêt est partagé car la société dans son ensemble gagne à entretenir la confiance de ses membres. Chaque parcelle de confiance gagnée nourrit en effet la consommation, elle-même nécessaire aux entreprises.
La cohésion sociale est donc aussi l’affaire des entrepreneurs qui doivent donner leur chance – et plusieurs seront parfois nécessaires – à cette jeunesse éloignée de l’emploi, pour qu’elle puisse approcher ce monde de l’entreprise, s’y frotter, puis finalement l’intégrer…
Date de mise en ligne : 01/10/2017
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