Chapitre d’ouvrage

Connaissance de soi

Pages 55 à 56

Citer ce chapitre


  • Rey-Herme, Y.
(2016). Connaissance de soi. L’abécédaire de la jeunesse et des banlieues : Indignation, propositions (p. 55-56). Champ social. https://shs.cairn.info/l-aabecedaire-de-la-jeunesse-et-des-banlieues--9782353719228-page-55?lang=fr.

  • Rey-Herme, Yves.
« Connaissance de soi ». L’abécédaire de la jeunesse et des banlieues Indignation, propositions, Champ social, 2016. p.55-56. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/l-aabecedaire-de-la-jeunesse-et-des-banlieues--9782353719228-page-55?lang=fr.

  • REY-HERME, Yves,
2016. Connaissance de soi. In : L’abécédaire de la jeunesse et des banlieues Indignation, propositions. Nîmes : Champ social. Acteurs sociaux, p.55-56. URL : https://shs.cairn.info/l-aabecedaire-de-la-jeunesse-et-des-banlieues--9782353719228-page-55?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Alexandre Jollien, écrivain, philosophe.
  • [2]
    Pierre Charron, « Le traité de la sagesse » (1601).

1 L’accompagnement social vise souvent à permettre aux habitants de gagner en confiance et en autonomie. Or, nous pouvons avoir parfois tellement envie de soutenir ces habitants dans leurs démarches que nous prenons des décisions à leur place, plus ou moins consciemment. Sans vigilance suffisante, nous pouvons ainsi dériver vers un soutien directif, pesant trop sur les choix de l’usager qui deviennent en partie les nôtres. Cela se traduit par des propos tels que :

2

  • - « Vous allez prendre rendez-vous avec le service logement, puis avec une conseillère d’insertion. Alors, nous vous reverrons ».
  • - « Vous devriez porter plainte, cette situation n’a que trop duré ».
  • - « Ne prenez pas cette orientation professionnelle, ça va être trop difficile ».

3 Certaines formulations laissent même parfois penser que l’usager travaillerait pour nous :

4

  • - « Vous allez me rédiger votre Curriculum Vitae ».
  • - « Faites-moi le plaisir de vous bouger un peu ».

5On croit ainsi aider un usager, mais on le déresponsabilise. On l’infantilise. Plutôt que de le questionner adroitement pour qu’il prenne confiance en trouvant lui-même son propre cheminement, on entretient inconsciemment sa dépendance. L’habitant ainsi accompagné peut voir sa situation avancer et en être satisfait. L’aide pourra donc lui être utile à court terme. Mais à moyen et long terme, elle sera inefficace, voire contreproductive.

6 Naturellement, chacun projette toujours une part de lui-même dans sa relation à l’usager. L’inconscient est et sera toujours à l’œuvre. Pourtant, on peut en réduire la part, en s’imprégnant des composantes facilitant l’autonomisation de l’usager d’une part et d’autre part en travaillant sur une meilleure connaissance de nos propres modes d’interaction avec les autres.

7

« Grandir n’est pas s’enrichir de quelque chose de nouveau, mais découvrir ce que l’on a déjà à l’intérieur. [1]»

8 Cette connaissance de soi permet finalement d’entrer dans une meilleure relation d’écoute des habitants. C’est là un gage d’accompagnement social plus performant. En organisant plus de temps d’observation et d’analyse de nos pratiques, nous questionnerons plus solidement nos modes d’interactions avec les autres, pour mieux percevoir ce que nous projetons de nous-mêmes dans notre accompagnement social.

9 On a toujours beaucoup à gagner en allant à la découverte de soi, définie depuis toujours comme étant « la première de toutes les connaissances » [2].

10 Question / pistes d’action locale. Quel serait l’intérêt de démultiplier les temps d’analyse de pratiques de l’ensemble des intervenants sociaux ?


Date de mise en ligne : 01/10/2017