Chapitre d’ouvrage

9. L’UPC interdite (mai 1955)

Pages 218 à 242

Citer ce chapitre


  • Deltombe, T.,
  • Domergue, M.
  • et Tatsitsa, J.
(2019). 9. L’UPC interdite (mai 1955) Kamerun ! : Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971) (p. 218-242). La Découverte. https://shs.cairn.info/kamerun--9782348041761-page-218?lang=fr.

  • Deltombe, Thomas.,
  • et al.
« 9. L’UPC interdite (mai 1955) ». Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971) La Découverte, 2019. p.218-242. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/kamerun--9782348041761-page-218?lang=fr.

  • DELTOMBE, Thomas,
  • DOMERGUE, Manuel
  • et TATSITSA, Jacob,
2019. 9. L’UPC interdite (mai 1955) In : Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971) Paris : La Découverte. Poche / Essais, p.218-242. URL : https://shs.cairn.info/kamerun--9782348041761-page-218?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Jean Bernard, « Comment les communistes préparent une insurrection en Afrique noire », Samedi Soir, 27 juillet 1955.
  • [2]
    « Actualités », Radio télévision française, 24 mai 1955.
  • [3]
    Cité in Simon Nken, La Gestion de l’UPC, op. cit., p. 123-124.
  • [4]
    Cité in Service de linformation du Haut Commissaire, Cameroun 1955. Les émeutes de Mai, op. cit., p. 25.
  • [5]
    Pierre Divol, Étude concernant les événements de mai 1955, direction de la Sûreté, 23 juin 1955, p. 30 (archives personnelles du docteur Abraham Sighoko Fossi).
  • [6]
    Richard Joseph, Le Mouvement nationaliste au Cameroun, op. cit., p. 305.
  • [7]
    Ibid., p. 289.
  • [8]
    Sans plus de précision, Pierre Divol indique : « Deux jours après, on déplorera des morts » (Étude concernant les événements de mai 1955, op. cit., p. 30).
  • [9]
    Achille Mbembe, La Naissance du maquis au Sud-Cameroun, op. cit., p. 320.
  • [10]
    Jean Perilhou (délégué du Haut Commissaire à Douala), « Chronologie des événements », 4 juin 1955, p. 5 (CAOM, Aff-Pol 3337).
  • [a]
    Eugène-Jean Duval évoque la venue de « deux pelotons de gendarmerie (un de Libreville, un de Pointe-Noire) ; trois sections aérotransportées (une de Brazzaville, une de Pointe-Noire et une de Libreville) ; deux compagnies aérotransportées du DMA de Bouar ». Il signale en outre que « trois autres unités (escadron de reconnaissance de Bouar, une section aérotransportable de Fort-Lamy et une autre de Fort-Archambault) ont été mises en alerte mais n’ont pas eu à intervenir » (Eugène-Jean Duval, Le Sillage militaire de la France au Cameroun, 1914-1964, op. cit., p. 181).
  • [12]
    Pierre Divol, Étude concernant les événements de mai 1955, op. cit., p. 33.
  • [13]
    « JMO [journal de marche et des opérations] du détachement de gendarmerie de l’AEF-Cameroun de juillet 1954 à décembre 1956 » (SHAT, 6H109).
  • [14]
    Pierre Divol, Étude concernant les événements de mai 1955, op. cit., p. 35.
  • [15]
    Jean Perilhou, « Chronologie des événements », loc. cit., p. 12.
  • [16]
    Service de linformation du Haut Commissaire, Cameroun 1955. Les émeutes de Mai, op. cit., p. 59.
  • [17]
    André Bovar, Au tournant de l’indépendance camerounaise, op. cit., p. 107.
  • [18]
    Entretien des auteurs avec Henri Tamo et Foe Gorgon, Yaoundé, respectivement les 6 février et 9 mars 2007.
  • [19]
    « JMO du détachement de gendarmerie de l’AEF-Cameroun de juillet 1954 à décembre 1956 », loc. cit.
  • [20]
    Ibid.
  • [21]
    Achille Mbembe, La Naissance du maquis au Sud-Cameroun, op. cit., p. 327.
  • [a]
    Un témoin interrogé dans le documentaire de Frank Garbély L’Assassinat de Félix-Roland Moumié. L’Afrique sous contrôle (Triluna/TSR/Arte, 2005), André Nguimbous, indique à propos des événements dans cette région : « Le 30 mai 1955, l’UPC avait organisé une grande réunion qui avait regroupé plus de 3 000 personnes. L’armée française venait de l’autre côté, de Songbengue ; ils ont encerclé et ils ont ouvert le feu sur la foule. Il y a eu soixante-dix-neuf personnes mortes, sans compter ceux qui portaient des blessures qui devaient mourir en brousse. »
  • [23]
    Voir le descriptif involontairement éloquent de l’inspecteur des affaires administratives A. Lasserre, 10 juin 1955 (CAOM, Aff-Pol 3337) ; et aussi le récit autobiographique de Jean Mbouende, Pour la patrie, contre l’arbitraire, édité à compte d’auteur, [sd], p. 50-56.
  • [24]
    Grégoire Momo, « Informations sur le terrorisme en pays bamiléké » (inédit), 1986 (archives personnelles de Grégoire Momo, Dschang).
  • [a]
    Le 16 avril 1955 est notamment votée une loi octroyant à la partie du Togo sous tutelle française un début d’autonomie interne, avec la création d’un conseil de gouvernement comprenant cinq membres élus par l’Assemblée territoriale et quatre désignés par le commissaire de la République (Robert Cornevin, Le Togo, nation-pilote, Nouvelles Éditions latines, Paris, 1963, p. 115). Une loi comparable était en préparation, au même moment, pour le Cameroun sous tutelle française.
  • [a]
    Cinquante morts et cent cinquante blessés parmi les émeutiers, selon un récapitulatif anonyme, intitulé « Pertes » (CAOM, Aff-Pol 3337).
  • [27]
    Pierre Divol, Étude concernant les événements de mai 1955, op. cit., p. 19 et 51.
  • [28]
    Ibid., p. 51.
  • [29]
    Roland P, Rapport du Haut Commissaire au ministre de la France d’outre-mer, 11 juin 1955 (CAOM, Aff-Pol 3337).
  • [30]
    Ibid., p. 26.
  • [a]
    En témoigne le rapport du capitaine Balladur, chef du cabinet militaire et secrétaire permanent de la Défense nationale au Cameroun, qui n’est qu’une copie, presque mot pour mot, de celui de Roland Pré réalisé dix jours plus tôt. Ce qui n’empêche pas son « auteur » de préciser : « Cette étude est purement personnelle. Je l’ai établie pour renseigner certains de mes chefs hiérarchiques sur les derniers événements au Cameroun. Elle […] doit être considérée comme mon point de vue personnel au même titre qu’une correspondance privée » (capitaine Balladur, « Incidents au Cameroun, mai 1955 », loc. cit., p. 27).
  • [32]
    « La répression aurait coûté : cent tués, plusieurs centaines de blessés, trois cents arrestations, des déportations », L’Humanité, 8 juin 1955.
  • [a]
    En réaction à l’annonce de la mort du syndicaliste tunisien Farhat Hached, des émeutes éclatent dans la capitale du protectorat français les 7 et 8 décembre 1952, avant de s’étendre à d’autres villes du Maroc et de l’Algérie, faisant plusieurs victimes. Après l’interdiction de son parti, l’Istiqlal (le « parti de l’indépendance »), le leader Allal El Fassi trouvera refuge au Caire. Le Maroc deviendra finalement indépendant le 7 mars 1956, avec le roi Mohammed V pour chef d’État.
  • [34]
    Roger Paret, « “L’ordre règne” », L’Observateur, 9 juin 1955.
  • [35]
    Roland P, « Télégramme du Haut Commissaire au ministère de la France d’outre-mer », Douala, 30 mai 1955 (CAOM, Aff-Pol 3337).
  • [36]
    Cité in Simon Nken, La Gestion de l’UPC, op. cit., p. 155.
  • [37]
    Mathieu Tagny, Dure réalité, op. cit., p. 22.
  • [38]
    Cité in Ruben UmNyobÈ, « Lettre au secrétaire général de l’Organisation des Nations unies », 13 décembre 1955 (cité in Achille Mbembe, Écrits sous maquis, op. cit., p. 115).
  • [39]
    Voir : « La terreur s’accentue au Cameroun… », L’Humanité, 25 septembre 1955.
  • [40]
    Marthe MoumiÉ, Victime du colonialisme, op. cit., p. 80.
  • [41]
    Communiqué nº 101BCD/M.I, 30 novembre 1955 (cité in Abraham SighokoFossi, Discours politiques, L’Harmattan, Paris, 2007, p. 225-226).
  • [42]
    « Organisation et fonctionnement du Mouvement national », 20 septembre 1955 (cité in Achille Mbembe, Le Problème national kamerunais, op. cit., p. 318-335).
  • [43]
    Achille Mbembe, La Naissance du maquis au Sud-Cameroun, op. cit., p. 327.
  • [44]
    Ruben UmNyobÈ, « Rapport présenté au IIe Congrès statutaire de l’UPC », loc. cit.
  • [45]
    Achille Mbembe, La Naissance du maquis au Sud-Cameroun, op. cit., p. 329.
  • [46]
    Ibid., p. 330.
  • [47]
    Ibid., p. 330 et 329.
  • [a]
    Dans une lettre du 9 janvier 1956 adressée à Moumié, Kingué, Ouandié, Ngapeth et Sende, Um reconnaît que l’indépendance nationale d’un pays colonisé ne peut théoriquement être acquise que s’il existe un « large front anti-impérialiste », une « direction de la classe ouvrière » et une « révolte armée ». Il estime cependant que « l’histoire et l’évolution internationale de ces derniers temps ont permis une modification de ces conditions ». Et il ajoute : « Dans un pays sous tutelle comme le nôtre, tout montre que nous pouvons arriver à la victoire sans passer par la révolte armée. Il suffit que les deux autres conditions soient remplies et que le front anti-impérialiste ne soit pas vulnérable par les menaces et la corruption pratiquées par l’occupant » (extraits de la lettre nº 24/BCD/M.I.CF ; CAOM, Aff-Pol 3336).
  • [49]
    Ruben UmNyobÈ, « Rapport présenté au Ier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950 (cité in Achille Mbembe, Écrits sous maquis, op. cit., p. 60).
  • [50]
    Service de linformation du Haut Commissaire, Cameroun 1955. Les émeutes de Mai, op. cit., p. 73.
  • [51]
    Entretien des auteurs avec Yves Vergoz, Vaucresson, 9 décembre 2008.
  • [52]
    Max Dorsinville, Mémoires de la décolonisation, Mémoire d’encrier, Montréal, 2006.
  • [53]
    Lettre de Félix Moumié au « camarade Molotov, ministre des Affaires étrangères de l’Union soviétique », 16 septembre 1955 ; et lettre d’Ernest Ouandié au « secrétaire général de la Fédération panchinoise de la jeunesse démocratique », 3 septembre 1955 (CAOM, Aff-Pol 3336).
  • [54]
    Lettre d’Um Nyobè à Ouandié, 24 août 1956 (CAOM, Aff-Pol 3336).
  • [55]
    Richard Joseph, Le Mouvement nationaliste au Cameroun, op. cit., p. 307.
  • [56]
    François Charbonnier, La Vie française, 12 août 1955 (cité in Richard Joseph, Le Mouvement nationaliste au Cameroun, op. cit., p. 307).
  • [57]
    « Nouveaux aspects de la défense en surface du Territoire », 1er juillet 1955 (SHAT, 6H83).
  • [58]
    SHAT, 6H109.
  • [59]
    SHAT, 10T180.
  • [60]
    SHAT, 6H62.
  • [61]
    SHAT, 6H34 (cité in Eugène-Jean Duval, Le Sillage militaire de la France au Cameroun, 1914-1964, op. cit., p. 189).
  • [62]
    Ibid., p. 188.
  • [63]
    « Lettre de M. Soustelle » (SHAT, 6H62).

Rassemblée le long de la chaussée en ce dimanche 15 mai 1955, la foule communie dans un même enthousiasme. Des « Noirs » endimanchés, d’un côté, portant avec fierté un lourd costume trois pièces sous leur chapeau colonial ; des « Blancs » gorgés de sueur, de l’autre, faisant crépiter leurs appareils photo en s’épongeant le front. De belles images ! Des tirailleurs en costume d’apparat marchant en cadence au son du tambour. Et des milliers d’enfants, en habit blanc, chantant à tue-tête des rengaines d’écoliers : « La Madelon », « Cadet Rousselle », « Il était un petit navire »… Le speaker de la RTF commente ces images avec l’allégresse d’un conquérant : « La visite que vient de faire en Afrique noire M. Pierre-Henri Teitgen, ministre de la France d’outre-mer, a été marquée à Douala par d’importantes manifestations à l’occasion de l’inauguration d’un ouvrage d’art unique en son genre : le pont du Wouri ! Jadis séparés par les deux bras du fleuve, les ports de Douala et de Bonabéri sont maintenant reliés par une route et par une voie ferrée qui empruntent les 1 830 mètres de ce pont gigantesque, appelé à jouer un rôle de premier plan dans la vie économique du Cameroun ! »
À l’ombre de sa tribune, le ministre a pourtant l’air préoccupé. S’il a préparé un discours plein d’optimisme sur l’avenir de la France au Cameroun, il sait aussi combien l’atmosphère est électrique à Douala, comme du reste dans tout le Territoire. Lui-même n’a d’ailleurs pas hésité à jeter un peu d’huile sur le feu que ne cesse d’attiser Roland Pré depuis qu’il est Haut Commissaire…


Date de mise en ligne : 25/10/2023

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter cet ouvrage

17,99 €

976 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)

Acheter ce chapitre

5,00 €

25 pages format électronique (HTML, PDF et feuilletage)
Membre d'une institution cliente ?