Chapitre d’ouvrage

14. Une bonne fortune : Julie Clary

Pages 124 à 133

Citer ce chapitre


  • Lentz, T.
(2016). 14. Une bonne fortune : Julie Clary. Joseph Bonaparte (p. 124-133). Perrin. https://shs.cairn.info/joseph-bonaparte--9782262048730-page-124?lang=fr.

  • Lentz, Thierry.
« 14. Une bonne fortune : Julie Clary ». Joseph Bonaparte, Perrin, 2016. p.124-133. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/joseph-bonaparte--9782262048730-page-124?lang=fr.

  • LENTZ, Thierry,
2016. 14. Une bonne fortune : Julie Clary. In : Joseph Bonaparte. Paris : Perrin. Biographies, p.124-133. URL : https://shs.cairn.info/joseph-bonaparte--9782262048730-page-124?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Fragment historique, p. 55.
  • [2]
    Les lettres à Désirée sont publiées dans le premier volume de la Correspondance générale. On doit à P. Hicks et É. Barthet une édition complète de Clisson et Eugénie (Fayard, 2007). Notons que le surnom d’Eugénie resta, puisque Joseph n’appellera pas sa belle-sœur autrement dans sa correspondance avec son épouse Julie.
  • [3]
    Version donnée, par exemple, par B. Nabonne, Pauline Bonaparte. La vénus impériale, p. 20.
  • [4]
    Mémoires de Barras, t. I, p. 291.
  • [5]
    Témoignage de Désirée dans baron Hochschild, Désirée, reine de Suède et de Norvège, p. 6. Le père de l’auteur était chambellan de Désirée lorsqu’elle fut reine de Suède.
  • [6]
    Sur la généalogie de cette famille : L. Antonini, Les Clary. Une grande famille provençale.
  • [7]
    G. Girod de l’Ain, Les Demeures de la famille Clary à Marseille, sans date ni éditeur, BNF, L7 K-49123.
  • [8]
    Fondée en 1599, la chambre de commerce de Marseille percevait les taxes et droits de douane pour le port, soit 895 000 livres en 1789, avec lesquels elle rémunérait les consuls du Levant, entretenait les installations portuaires et les phares, réglait certaines pensions, etc. Son encaisse de 1789 était de 1,6 million de livres. Elle fut supprimée, comme toutes les chambres de commerce, par le décret du 27 septembre 1791.
  • [9]
    Un moment inscrits sur la liste des émigrés, ils en seront rayés sur intervention de Casabianca, à la demande de Napoléon (Napoléon à Joseph, 5 messidor an III [23 juin 1795], Correspondance générale, no 306).
  • [10]
    M. Amar de Micheli, Les Mariés de l’an II, sur le site Internet www.cuges-les-pins.fr (consulté le 1er septembre 2014). Notons qu’une rue de Cuges porte aujourd’hui le nom de Julie Clary.
  • [11]
    Selon Désirée, citée par Hochschild, Désirée, reine de Suède et de Norvège, p. 7.
  • [12]
    Nous soupçonnons le commissaire des guerres d’avoir, par exemple, fait bénéficier les Clary d’un marché pour cinquante quintaux de savon et autant de riz pour les hôpitaux militaires à la fin du siège (lettre du 16 frimaire an II [6 décembre 1793], Catalogue Christie’s. Importants livres anciens, livres d’artistes et manuscrits, 29 novembre 2005, no 227 ; la lettre est fautivement attribuée à Napoléon). Plus tard, Napoléon s’arrangera pour que Clary obtienne la fourniture d’encre pour l’armée d’Italie (lettre à Joseph, 5 vendémiaire an IV [27 septembre 1795], Correspondance générale, no 344).
  • [13]
    V. Haegele, Napoléon et Joseph Bonaparte. Le pouvoir et l’ambition, p. 71-72.
  • [14]
    Portrait signé F. Masson, Napoléon et sa famille, t. I, p. 94 ; B. Nabonne, Joseph Bonaparte, le roi philosophe, p. 46 ; Mémoires de Barras, t. I, p. 292.
  • [15]
    Mémoires d’Arnault [Souvenirs d’un sexagénaire], t. III, p. 258.
  • [16]
    G. de Staël, Dix ans d’exil, p. 102.
  • [17]
    Joseph à Julie, 26 floréal an II [15 mai 1794], citée par G. Girod de l’Ain, Joseph Bonaparte, le roi malgré lui, p. 49-51. Girod de l’Ain était apparenté aux Clary. Il disposa pour l’écriture de son ouvrage des archives familiales Beauverger (branche Marie-Rose Clary) dont il livra quelques documents dans son ouvrage. Cette longue lettre en fait partie.
  • [18]
    Dans son Fragment historique, Joseph parle d’une corvette et d’un brick. Il s’agissait en réalité de la frégate L’Alceste et des corvettes L’Expédition et Le Scott.
  • [19]
    Joseph à Julie, 24 prairial an II [12 juin 1794], A. N., 400 AP 131.
  • [20]
    B. Nabonne, Joseph Bonaparte, le roi philosophe, p. 46.
  • [21]
    L’acte de mariage a été publié par T. Iung, Lucien Bonaparte et ses Mémoires, t. I, p. 476. Nous l’avons corrigé, notamment sur l’orthographe des conjoints, grâce à la reproduction de cette pièce en PDF sur le site Internet de la commune de Cuges-les-Pins.
  • [22]
    Le certificat date du 9 thermidor [27 juillet]. Il est cité dans A. Jal, Dictionnaire critique de biographie et d’histoire, p. 905. On notera que lorsqu’il était officier municipal à Ajaccio, Coti avait déjà fourni de faux certificats de naissance à Joseph pour lui permettre d’être éligible. Un autre certificat avait été établi le 13 mai, signé par des « patriotes réfugiés du département de la Corse » attestant qu’il avait plus de vingt-cinq ans. Les signataires étaient notamment le général Cervoni, l’adjudant général Joseph Arena, l’adjoint aux adjudants généraux Sebastiani, le commissaire des guerres Henri Leca, etc. (Dossier de carrière de Joseph Bonaparte, SHD Terre, 7 Yd 432).
  • [23]
    A. Jal, Dictionnaire critique de biographie et d’histoire, p. 905.
  • [24]
    Cette fille est parfois appelée fautivement « Julie Joséphine » dans les petites notices biographiques de Joseph. Ses prénoms auraient été choisis en hommage à sa mère et à l’épouse de Napoléon. Or, en février 1796, Joseph ignorait l’existence de la veuve Beauharnais. Le prénom Zénaïde évoque une fille divine, de la famille de Zeus.
  • [25]
    Les filles de Joseph et Julie auront pour gouvernante Mme Damery, future surintendante des maisons d’éducation de la Légion d’honneur sous la monarchie de Juillet.
  • [26]
    Général Bertrand, Cahiers de Sainte-Hélène, mai-juin 1818.
  • [27]
    T. Iung, Lucien Bonaparte et ses Mémoires, t. II, p. 275.
  • [28]
    G. Ducrest, Mémoires sur l’impératrice Joséphine, la cour de Navarre et la Malmaison, p. 119.
  • [29]
    Joseph à Julie, 26 messidor an XII [15 juillet 1804], A. N., 400 AP 131
  • [30]
    Premier cas : dans les papiers de Joseph saisis par les Anglais à Vitoria (1813) figure une lettre signée « V…s » qui parle d’un « malheureux enfant à qui vous avez donné et la vie et vos traits » (bibliothèque de l’Institut, Ms 5669). On n’en sait pas plus. Deuxième cas : dans un rapport de police à Louis XVIII, le chef de la police, Beugnot, écrivit que Mme Lefebvre-Desnouettes, née Marie-Louise Stéphanie Rollier, « pass[ait] pour être la fille naturelle de Joseph Bonaparte » (rapport du 9 août 1814, dans E. Welvert, Napoléon et la police sous la première Restauration, p. 120). Née en 1787, elle était la fille d’une cousine de Madame Mère, Maria Lavinia Benielli, née pour sa part en 1765. Maria avait donc trois ans de plus que Joseph. Elle avait épousé un sieur Rollier, en août 1785. Les Benielli et les Bonaparte étaient proches. C’est aux premiers que les seconds achetèrent un immeuble jouxtant leur maison ajaccienne. Ils restèrent toujours en relation. Pensionnaire de Mme Campan, Marie-Louise épousa Lefebvre-Desnouettes en juillet 1806. Napoléon leur offrit à cette occasion son hôtel de la rue de la Victoire (décret du 1er juillet 1806). Le général servit ensuite sous les ordres de Jérôme Bonaparte en Westphalie et participa aux premières opérations en Espagne, sans toutefois figurer dans l’entourage de Joseph. Il le rejoignit aux États-Unis après 1815 et mourut dans un naufrage en rentrant en Europe, le 22 avril 1822. Quant à Maria, elle mourut en 1806… au Petit Luxembourg. Troisième cas : les descendants américains de Louis Maillard, homme de confiance de Joseph à la fin de sa vie, prétendent que celui-ci était le fils de son maître. C’est impossible : Louis Maillard est né le 22 mai 1795 à Mortefontaine et fut donc conçu à la fin de l’été 1794, à un moment où Joseph était loin de ce lieu qu’il ne connaîtra que trois ans plus tard (voir le témoignage des Maillard actuels dans F. Beaucour, Un fidèle de l’Empereur en son époque : Jean Mathieu Alexandre Sari, t. V, p. 463).
  • [31]
    Né le 22 mai 1808, Gérard Labrunie était le fils d’Étienne, médecin militaire, et de Marie-Antoinette Laurent. Il fut élevé par ses grands-parents maternels dans leur propriété de Nerval, non loin de Mortefontaine. Ils furent en affaire avec les gens de Joseph, lors de la vente d’une parcelle. On ne peut exclure qu’en son jeune temps le futur poète ait fréquenté Zénaïde et Charlotte Bonaparte. Lors d’une de ses crises de folie, de février à mars 1841, celui qui se faisait désormais appeler Gérard de Nerval fut admis dans une maison de santé parisienne dont il ressortit avec plusieurs feuillets qu’il avait rédigés, constituant ce qu’il prétendait être sa généalogie. Ce document a été décortiqué notamment par S. Lécuyer dans La Généalogie fantastique de Gérard de Nerval (Presses universitaires de Namur, 2011). Entre autres prétentions fantaisistes, il affirmait être le fils de Joseph Bonaparte et avoir été conçu à l’automne 1807, ce qui est impossible puisque son père revendiqué était alors à Naples et sa mère en France. Le 5 mars 1841, il écrivit pourtant à un ami : « Moi, je descends de Napoléon, je suis le fils de Joseph Bonaparte. » Il ajoutait encore, comme preuve de sa filiation, que l’empereur avait reçu ses parents à Dantzig… à un moment où Napoléon n’y était pas. L’affabulateur, jamais guéri de sa maladie mentale, mourut le 26 janvier 1855. Même si on discuta beaucoup des circonstances de sa mort, il est probable qu’il se suicida par pendaison. Reconnu comme un des grands poètes français, il ne l’a jamais été, et pour cause, comme un rejeton adultérin de l’ex-roi de Naples et d’Espagne. Une rue de Mortefontaine porte aujourd’hui son nom.
  • [32]
    Il est possible – mais il s’agit d’un simple soupçon – que Julie ait eu elle-même une aventure avec un « Monsieur Rey », de Marseille, apparemment un ami du couple puisqu’on connaît des billets à lui adressés par Joseph. Plusieurs lettres d’elle à ce personnage sont passées en ventes publiques. Dans l’une d’elles, datée d’un 6 juillet, sans année, elle regrette « les moments agréables que nous passions ensemble à nous communiquer les différents sentiments que nous éprouvions » (Catalogue de vente Osenat, 24 juin 2006, no 96).
  • [33]
    B. Nabonne, Joseph Bonaparte, le roi philosophe, p. 232.
  • [34]
    Après le coup d’État de Brumaire, une des premières interventions de Joseph auprès du ministre Gaudin (qu’il ne connaissait pas encore) sera pour obtenir une exonération de droits de douanes en faveur de Nicolas Clary pour une cargaison de tabac arrivée à Marseille (Joseph à Gaudin, 6 frimaire an VIII [27 décembre 1800], BNF, Mss, NAF 22737, collection Bixio, vol. IV).
  • [35]
    Voir, en annexe, une brève présentation de cette génération des Clary.
  • [36]
    Napoléon avait plusieurs fois été accueilli chez les Bonaparte-Clary pendant l’hiver. Il courtisait encore Désirée à cette époque.

« Nous réunîmes à Marseille, où nous étions plus souvent appelés par la nature de notre service, notre famille, qui s’y trouva plus convenablement. Je ne tardai pas à m’y marier. » Elliptique sur bien des points, le Fragment historique de Joseph l’est particulièrement sur un des événements les plus importants de sa vie : son mariage avec Julie Clary. On a évidemment envie d’en savoir plus, d’autant que ces épousailles furent aussi une alliance politico-économique de longue durée entre deux clans, l’un de Marseille, l’autre d’Ajaccio. Elle aurait même pu être encore approfondie si Napoléon avait réussi à s’unir à la sœur de la mariée, la fameuse Désirée, à qui il adressa pendant plusieurs mois des billets brûlants et dédia un de ses romans de jeunesse, Clisson et Eugénie.
C’est Joseph qui entra le premier en relation avec les Clary, à l’automne 1793. Plusieurs légendes ont circulé sur les circonstances de la rencontre. On a prétendu que c’est en livrant du linge que Letizia lavait pour gagner sa vie que Pauline et Élisa auraient permis le rapprochement des deux familles. Autre version, tirée des Mémoires de Barras : Joseph ayant repéré un bon parti aurait convoqué sans raison un des fils Clary, Étienne, afin de faire sa conquête et d’atteindre ainsi ses sœurs. Ces deux scénarios peuvent être rejetés : Letizia ne lavait pas de linge pour gagner sa vie et Étienne Clary ne joua pas le rôle que Barras lui attribue. La version la plus acceptable, bien qu’un peu romancée, a été donnée par une des actrices de l’histoire : Désirée Clary elle-même…


Date de mise en ligne : 04/09/2019

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