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Chapitre 11 / Une vision stratégique pour le cnrs (1988-1994)

Pages 231 à 258

Citer ce chapitre


  • Vilkas, C.
(2010). Chapitre 11 / Une vision stratégique pour le cnrs (1988-1994) Dans
  • P. Urfalino
  • et M. Zuber
Intelligences de la France : Onze essais sur la politique et la culture (p. 231-258). Presses de Sciences Po. https://doi.org/10.3917/scpo.urfal.2010.01.231.

  • Vilkas, Catherine.
« Chapitre 11 / Une vision stratégique pour le cnrs (1988-1994) ». Intelligences de la France Onze essais sur la politique et la culture, Presses de Sciences Po, 2010. p.231-258. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/intelligences-de-la-france--9782724611465-page-231?lang=fr.

  • VILKAS, Catherine,
2010. Chapitre 11 / Une vision stratégique pour le cnrs (1988-1994) In :
  • URFALINO, Philippe
  • et ZUBER, Martha,
Intelligences de la France Onze essais sur la politique et la culture. Paris : Presses de Sciences Po. Académique, p.231-258. DOI : 10.3917/scpo.urfal.2010.01.231. URL : https://shs.cairn.info/intelligences-de-la-france--9782724611465-page-231?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/scpo.urfal.2010.01.231


Notes

  • [1]
    Jean-François Picard, La République des savants. La Recherche française et le CNRS, Paris, Flammarion, 1990. Voir aussi les Cahiers pour l’histoire du CNRS, 1-10, 1988-1990.
  • [2]
    Michel Callon et Bruno Latour (dir.), La Science et ses réseaux. Genèse et circulation des faits scientifiques, Paris, La Découverte, 1989.
  • [3]
    Ce travail commencé au Centre de sociologie des organisations en 1991 a pu, grâce à Pierre Grémion qui en a repris la direction, être finalisé en thèse : L’Art de gouverner la science dans le système public français : le cas du CNRS. Représentation, évaluation, direction de quatre disciplines, Sciences Po Paris, 2001. Voir également : « L’évaluation au CNRS. Le Comité national “en action” au début des années 1990 », La Revue pour l’histoire du CNRS, 11, 2004, p. 36-51.
  • [4]
    Voir le discours de Nicolas Sarkozy du 28 janvier 2008 prononcé sur le campus d’Orsay à l’occasion d’un hommage au prix Nobel de physique 2007 Albert Fert, qui avait pourtant plaidé la cause du CNRS.
  • [5]
    Standard qui souffre diverses exceptions : instituts Max Planck en Allemagne, centres de recherche dépendant de certains Research Councils en Grande-Bretagne, laboratoires propres des National Institutes of Health aux États-Unis, etc.
  • [6]
    Parmi les récents écrits qui donnent à voir de l’intérieur l’état actuel de l’Université française, citons l’ouvrage dirigé par Pierre Jourde (dir.), Université. La grande illusion, Paris, L’Esprit des péninsules, 2007.
  • [7]
    Groupements d’intérêt public, filiales, participations... Voir Jean-François Théry et Rémi Barré, La Loi sur la recherche de 1982. Origines, bilan et perspectives du modèle français, Paris, INRA Éditions, 2001.
  • [8]
    Cf. Le Plan de modernisation du CNRS. Conférence de presse du 27 juin 1989 de M. François Kourilsky, directeur général du CNRS, document CNRS.
  • [9]
    Cf. la conférence-débat organisée par le Comité pour l’histoire du CNRS, Les Années 1980 au CNRS : la réforme des statuts des personnels, Paris, CNRS, 17 juin 2004.
  • [10]
    Entretien avec François Kourilsky, 25 septembre 2001.
  • [11]
    Non pas issus des milieux littéraire, journalistique ou politique, ni des seules sciences humaines et sociales : nous incluons dans cette catégorie les chercheurs en sciences exactes et de la nature qui se livrent à une activité intellectuelle de production de nouvelles connaissances.
  • [12]
    Comme le montre un ouvrage d’historien paru après la rédaction de ce texte, la référence à l’entreprise n’est pas une innovation radicale. Ainsi en 1973, Hubert Curien, alors directeur général, souhaitait-il voir le CNRS évoluer vers « une entreprise de science » à l’aide de nouvelles méthodes de gestion et de programmation, telles les actions thématiques programmées. Dans les années qui suivirent la loi de 1982, Pierre Papon puis Serge Feneuille, en dépit de conceptions divergentes, se montrèrent tous deux sensibles à la nécessité de promouvoir une stratégie scientifique pour l’organisme, réflexion élargie aux diverses dimensions du management avec Kourilsky. Voir Denis Guthleben, Histoire du CNRS, de 1939 à nos jours, Paris, Armand Colin, 2009.
  • [13]
    Le directeur général du CNRS est nommé pour trois ans renouvelables en Conseil des ministres sur proposition du ministre de la Recherche.
  • [14]
    Entretien avec Jean-Marie Schwartz, ancien délégué aux études et audits, 17 juillet 2001.
  • [15]
    Avant 1991 : physique nucléaire et corpusculaire ; mathématiques et physique de base ; sciences physiques pour l’ingénieur ; chimie ; terre, océan, atmosphère, espace ; sciences de la vie ; sciences de l’homme et de la société.
  • [16]
    Le directeur de la stratégie et des programmes appartient au comité de direction du CNRS, composé en outre du directeur général, des sept directeurs de département et du secrétaire général.
  • [17]
    Entretien avec Jacques Sevin, directeur de la stratégie et des programmes, 7 décembre 1999.
  • [18]
    En 1990, le secrétariat général, où plusieurs responsables sont renouvelés, se présente ainsi : service du personnel, délégation aux ressources humaines, inspection générale de l’hygiène et de la sécurité, service du budget et du contrôle de gestion, service de l’organisation et du système d’information, service d’appui à la gestion, service juridique, administration du siège.
  • [19]
    Entretien avec Jean-Marie Bertrand, secrétaire général, 16 juillet 1991.
  • [20]
    Groupe qui comprend Jacques Sevin (directeur de la stratégie et des programmes, CNRS), Roland Morin (conseiller maître puis président de chambre à la Cour des comptes), Thierry Gaudin (fondateur et responsable du centre de prospective et d’évaluation du ministère de la Recherche), Jean-Jacques Salomon (professeur titulaire de la chaire Technologie et société du CNAM, responsable de la division des politiques de la science et de la technologie à l’OCDE de 1965 à 1983), Michel Callon (professeur à l’École des mines de Paris, directeur du Centre de sociologie de l’innovation de 1982 à 1994).
  • [21]
    Entretien avec Jean-Marie Schwartz, ancien délégué aux études et audits, 17 juillet 2001.
    Ont fait l’objet d’audit : les centres de calcul scientifique, les procédures de recrutement des ITA, la communication interne, plusieurs programmes interdisciplinaires de recherche, la fonction de valorisation, la politique éditoriale, la comptabilité de la restauration sociale, les services communs de pôles régionaux, l’informatique de gestion, la fonction de directeur de laboratoire, le Comité national.
  • [22]
    Entretien avec François Kourilsky, 25 septembre 2001.
  • [23]
    Dans un article où il aborde rapidement la période Kourilsky en confirmant les résultats de notre thèse, Alain d’Iribarne précise que « c’est après discussion avec Claude Allègre alors “conseiller spécial” de Lionel Jospin, ministre de l’Éducation nationale, que François Kourilsky, directeur général du CNRS, s’était fait mandaté par le ministre de la Recherche et de la technologie, Hubert Curien, pour réaliser cette réforme que le premier souhaitait ardemment et que le second ne souhaitait pas vraiment. » (Alain d’Iribarne, « Un exemple d’incapacité gestionnaire dans la mise en œuvre d’une réforme : vingt ans de gestion des chercheurs au CNRS », Politiques et management public, 22 (2), juin 2004, p. 19-38).
  • [24]
    Cas de la section de biochimie et biologie végétales, dont les chercheurs sont invités par Claude Paoletti à rejoindre les autres sections des sciences de la vie selon le niveau d’organisation de leur objet d’étude (gène, cellule, organisme entier), sans plus tenir compte des spécificités du matériau végétal.
  • [25]
    La section de physique atomique et moléculaire, malgré des rivalités entre sous-disciplines, refuse violemment la proposition de Daniel Thoulouze consistant à rattacher les atomiciens à la physique théorique et les molécularistes à une section d’interface en chimie ; seuls quelques chercheurs travaillant déjà avec des chimistes ou physico-chimistes y sont favorables.
  • [26]
    Entretien avec Jean-Marie Bertrand, 26 avril 2002, effectué par Virginie Durand et Catherine Vilkas, Comité pour l’histoire du CNRS.
  • [27]
    Tels que matériaux, environnement, technologies propres, ingénierie des macromolécules biologiques, sciences cognitives, technologies ultimes pour la recherche, villes.
  • [28]
    Entretien avec Jacques Sevin, directeur de la stratégie et des programmes, 7 décembre 1999.
  • [29]
    Sur le processus d’institutionnalisation de cette discipline en entre 1985 et 2003, suivi d’une comparaison avec les États-Unis, voir Brigitte Chamak, « Les sciences cognitives en France », La Revue pour l’histoire du CNRS, 10, 2004, p. 4-15.
  • [30]
    Entretien avec Martine Bentaboulet, ancien membre du service de la politique régionale, 6 février 2002.
  • [31]
    Entretien avec Jean-Marie Bertrand, 26 avril 2002.
  • [32]
    Pierre Grémion, Le Pouvoir périphérique. Bureaucrates et notables dans le système politique français, Paris, Seuil, 1976, chapitre 7.
  • [33]
    Entretien avec Jean-Marie Bertrand, 26 avril 2002.
  • [34]
    Alors disséminés sur six sites, en y incluant les bâtiments hébergeant les Directions de l’IN2P3 (Institut national de physique nucléaire et de physique des particules) et de l’INSU (Institut national des sciences de l’univers), non compris dans l’échange avec Total.
  • [35]
    Entretien avec Renaud Sainsaulieu, 3 juin 1997.
  • [36]
    Pour comprendre comment l’importation de normes et outils de gestion issus du secteur privé est devenue la méthode dominante de la modernisation publique au cours de la période 1980-2008, voir Isabelle Berrebi-Hoffmann et Pierre Grémion, « Élites intellectuelles et réforme de l’État. Esquisse en trois temps d’un déplacement d’expertise. », Cahiers internationaux de sociologie, 126, 2009, p. 39-59.
  • [37]
    Voir « Cinq ans de gestion des ressources humaines », Journal du CNRS, octobre 1994 ; ainsi que Véronique Padoan et Renaud Sainsaulieu, « Une GRH pour la science », Travaux sociologiques du LSCI, 42, 1994.
  • [38]
    Les directeurs de laboratoire en sciences exactes et de la nature semblent plus réceptifs, et plus exigeants sur le contenu, que leurs collègues des sciences humaines et sociales ! Le taux de satisfaction varie aussi selon la dynamique du groupe, mais la possibilité d’échanges entre membres de différentes disciplines est généralement appréciée.
  • [39]
    Nous observons que des intervenants de statuts variés, relevant aussi bien du secteur public (établissements d’enseignement supérieur et de recherche, ministères, observatoires, agences, ...) que du secteur privé (consultants, officines de certification, associations, think tanks, revues, ...) ont acquis une audience chez les décideurs. Issus d’une fraction des sciences sociales, économiques et de gestion, parfois de formation ingénieur, ils rivalisent dans la production de diagnostics et de propositions de changement, voire d’offres de conseils et de formations lucratives, qui contribuent à affaiblir les régulations professionnelles existantes. Voir Catherine Vilkas, « Des pairs aux experts : l’émergence d’un “nouveau management” de la recherche scientifique », Cahiers internationaux de sociologie, 126, 2009, p. 61-79.
  • [40]
    Pour les amateurs de sigles et d’acronymes : ANR, AII (désormais intégrée à OSEO), HCST, IHEST, Aeres, RTRA, PRES, EPCS, FCS, etc., sans oublier pôles de compétitivité, instituts Carnot, ...
  • [41]
    Par exemple le prix Nobel de physique 2007 Albert Fert et l’ancien président du conseil d’administration du CNRS et membre de l’Académie des sciences Édouard Brézin ont signé un article dans Le Monde du 28 décembre 2007 intitulé : « CNRS : une institution performante ».

Aujourd’hui, le vigilant observateur de la scène politico-administrative française depuis une cinquantaine d’années peut élargir sa veille bibliographique à un secteur jusque-là méconnu. En effet, il n’est pas de semaine sans que paraissent un article de presse, un rapport d’expert ou une publication dans une revue généraliste consacrés à l’état de notre recherche scientifique. Outre son financement, la question de son organisation a trouvé une place sur l’agenda politique et dans les médias avec le mouvement des chercheurs lancé en janvier 2004. Il n’en a pas toujours été ainsi au cours des deux dernières décennies, une fois retombée l’effervescence liée aux Assises de la recherche de 1981-1982 et à la promulgation de la loi d’orientation et de programmation de juillet 1982 sous l’égide de Jean-Pierre Chevènement. La nouvelle catégorie des établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST), pourtant caractéristique d’un modèle français de structuration de la recherche, demeurait inexplorée par la sociologie des organisations ou la science politique. Les rares historiens des sciences qui s’intéressaient aux institutions bornaient leurs travaux à l’orée des années 1980 . Et le courant dominant de la sociologie des sciences française, qui scrutait les pratiques des chercheurs dans les laboratoires, faisait éclater les organisations au moyen du concept de réseau sociotechnique .
Or, en nous intéressant aux conditions institutionnelles d’exercice de l’activité scientifique, nous avons montré l’importance que revêtent les structures formelles, les règles et les lieux de décision pour les acteurs d’un EPST…


Date de mise en ligne : 10/06/2011

https://doi.org/10.3917/scpo.urfal.2010.01.231

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