Introduction
- Par Frédéric Lordon
Pages 19 à 33
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- LORDON, Frédéric,
- Lordon, Frédéric.
- Lordon, F.
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Notes
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[1]
Traité politique, II, 17, ici dans la traduction de Bernard Pautrat, éditions Allia, 2014.
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[2]
Puisque theorein veut dire voir.
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[3]
(TP, VI, 1), désormais dans la traduction de Charles Ramond, Traité politique, Œuvres, V, coll. « Épiméthée », PUF, 2005.
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[4]
Éthique, partie II.
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[5]
Laurent Bove, « De la prudence des corps. Du physique au politique », Introduction au Traité politique, Le Livre de Poche, 2002.
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[6]
Quasi primaires, car Spinoza désigne comme primaires les affects de joie et de tristesse (Éth., III, 11, scolie), mais dont l’amour et la haine sont immédiatement dérivés, puisqu’ils sont respectivement définis comme des affects de joie et d’amour accompagnés de l’idée d’une cause extérieure (Éth., III, 13, scolie).
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[7]
(Éth., IV, 32). J’indique dès cette première occurrence que j’ai pris pour la suite le parti quelque peu impur, et peut-être répréhensible, d’alterner, voire de mêler les traductions de Bernard Pautrat (coll. « Essais », Points, Seuil, 1999) et de Robert Misrahi (coll. « « Philosophie d’aujourd’hui », PUF, 1990).
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[8]
Zeev Sternhell, Histoire et Lumières. Changer le monde par la raison, Albin Michel, 2014, p. 193.
« Ce droit que définit la puissance de la multitude, on l’appelle généralement imperium. » Le cœur de la philosophie politique de Spinoza se trouve concentré dans cet énoncé du Traité politique. Imperium n’est pas une figure de détestation. Pas davantage un motif d’adoration. C’est le nom d’une nécessité. Il faut donc apprendre, ou réapprendre, à lire correctement le mot imperium. C’est-à-dire sans inutile surcharge – imaginaire tenu et fantasmes rangés. Il faut apprendre à ne pas y entendre l’impérieux d’une puissance conquérante, ou l’impérial d’un projet d’asservissement à grande échelle, pour n’y lire que ce qu’il est, et n’entendre que ce qu’il dit, strictement : ce droit que définit la puissance de la multitude. Mais les problèmes commencent aussitôt. De quoi parle-t-on quand on dit « multitude » ? Et puis surtout de quel « droit » s’agit-il ? Quels en sont les effets – rassemblés sous le mot imperium ? Autrement dit, quelle est cette nécessité qu’il nous incombe de penser – avant de songer à détester ou adorer ?
La multitude n’est pas tant la collection particulière de telles et telles singularités individuelles qu’elle n’est le collectif même. Elle est le réservoir de puissance du social – et même le social comme puissance. Et le « droit » chez Spinoza, précisément, c’est cela : la puissance. Non pas du tout un concept juridique, contrairement à notre manière habituelle d’entendre « droit », mais la mesure d’une capacité à produire des effets – à affecter. Parler de ce droit que définit la puissance de la multitude, c’est donc envisager une capacité d’affecter à grande échelle – à l’échelle de la multitude…
Date de mise en ligne : 26/08/2021
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