Chapitre V. Ce qu’est un corps politique (Ce que peut un corps politique)
- Par Frédéric Lordon
Pages 133 à 160
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- LORDON, Frédéric,
- Lordon, Frédéric.
- Lordon, F.
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Notes
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[1]
Ainsi Alexandre Matheron, qui accorde évidemment qu’il n’y a « aucun inconvénient à parler, en un sens très large, d’anthropologie à propos de Spinoza », ne s’en demande pas moins si l’on peut trouver une anthropologie spinoziste, c’est-à-dire un discours de Spinoza tentant de caractériser « l’homme en tant que tel » – et, à cette question très précise, répond par la négative. Alexandre Matheron, « Une anthropologie spinoziste ? », in Études sur Spinoza et les philosophies de l’âge classique, ENS Éditions, 2011.
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[2]
(Éth., III, 2, scolie.)
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[3]
C’est Chantal Jaquet qui a le mieux mis en évidence cette impropriété conceptuelle, dont je conserve pourtant ici la nomination à titre de commodité sténographique. Voir Chantal Jaquet, L’Unité du corps et de l’esprit. Affects, actions et passions chez Spinoza, coll. « Quadrige », PUF, 2004.
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[4]
« Qui a un corps apte à un très grand nombre de choses, a un esprit dont la plus grande part est éternelle » (Éth., V, 39).
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[5]
On ne le trouve que dans les scolies.
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[6]
(Éth., II, 13, scolie.)
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[7]
(Éth., II, Lemme I.)
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[8]
De nouveau, à propos de cette question du naturalisme intégral, voir Yves Citton et Frédéric Lordon, art. cit.
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[9]
Alexandre Matheron, Individu et communauté chez Spinoza, op. cit.
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[10]
Laurent Bove, « De la prudence des corps. Du physique au politique », Introduction au Traité politique, op. cit.
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[11]
« Pour ce qui est de savoir absolument en quelle manière les choses se lient les unes aux autres et s’accordent avec leur tout, je n’ai pas cette science ; elle requerrait la connaissance de la nature entière et de ses parties », Lettre 32 à Oldenburg, in Traité politique, Lettres, GF-Flammarion, 1966.
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[12]
Lorenzo Vinciguerra, Spinoza et le signe. La genèse de l’imagination, Vrin, 2006, p. 142.
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[13]
François Zourabichvili, Spinoza, une physique de la pensée, coll. « Philosophie d’aujourd’hui », PUF, 2002.
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[14]
Alexandre Matheron, « L’État, selon Spinoza, est-il un individu au sens de Spinoza ? », in Alexandre Matheron, Études sur Spinoza et les philosophies de l’âge classique, ENS Éditions, 2011, p. 419.
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[15]
Id., p. 419, c’est Alexandre Matheron qui souligne.
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[16]
Ibid., p. 435.
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[17]
Étienne Balibar, « Individualité et transindividualité chez Spinoza », in Pierre-François Moreau (dir.), Architectures de la raison. Mélanges offerts à Alexandre Matheron, ENS Éditions, 1996.
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[18]
Pierre-François Moreau, Spinoza. L’expérience et l’éternité, coll. « Épiméthée », PUF, 1994.
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[19]
Id.
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[20]
Ibid.
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[21]
« Une adolescente croate sort d’un coma en parlant allemand », Nouvelobs.com, 15 avril 2010.
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[22]
C’est moi qui souligne.
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[23]
Aristote, Politique, coll. « Tel », Gallimard, livre III, III, 7, p. 78.
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[24]
Id., p. 77.
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[25]
Aristote, Politique, op. cit., livre III, III, 5, p. 77.
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[26]
Aristote, Politique, op. cit., livre III, IX, 9, p. 90.
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[27]
Aristote, Politique, op. cit., livre III, III, 9, p. 78.
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[28]
Benedict Anderson, L’Imaginaire national. Réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme, La Découverte, 2002.
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[29]
La Boétie, Discours de la servitude volontaire, Vrin, 2002, p. 35.
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[30]
On aura compris qu’ici « franchise » signifie liberté et non pas non-appartenance.
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[31]
Id.
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[32]
Ibid.
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[33]
La Boétie, op. cit., p. 37.
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[34]
Id.
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[35]
Traité théologico-politique, Préface.
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[36]
La Boétie, op. cit., p. 35.
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[37]
Laurent Bove, « De la confiance politique : construire l’Hilaritas démocratique », EuroNomade, 23 janvier 2014.
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[38]
(Éth., III, 11, scolie).
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[39]
(TP, XI, 1).
Les groupements limités sont des corps. La proposition, telle quelle, semble ne rien avoir de spécialement original ; ne parle-t-on pas communément de corps social ou de corps politique ? Mais c’est une chose de dire communément ceci ou cela, et c’en est une autre de joindre le concept à l’habitude. Faute de quoi les corps collectifs restent des métaphores, parfois frappantes, à l’image du célèbre frontispice du Léviathan – mais des métaphores seulement. Or le dépassement du stade métaphorique reste frappé d’un interdit majeur, dont les sciences sociales contemporaines sont largement responsables, et qui doit tout ou presque à une méfiance, dont il faut aussi reconnaître ce qu’elle a de bien-fondé, méfiance à l’endroit d’une pensée organiciste des choses sociales, avec son cortège d’analogies biologisantes mal contrôlées – quand elles ne sont pas carrément monstrueuses. D’un risque l’autre, et par un effet de swing caractéristique, les sciences sociales contemporaines, emportées par leur tournant individualiste, ne se sont gardées du péril organiciste que pour tomber dans le déni de consistance propre opposé aux entités collectives, notamment sous la forme du principe dit de Popper-Agassi qui refuse de prêter tout but et tout intérêt aux groupes en tant que tels. Or, nié par le nominalisme individualiste, c’est précisément cet « en tant que tel » qu’il s’agit de penser si l’on veut rendre conceptuellement intelligible un fait social comme le fait statonational, sans pour autant tomber dans les formes les plus grossières de l’hypostase qui font de la nation un être évident, doté par simple projection de tous les attributs de l’être individuel humain, dont il ne serait en sorte qu’une grosse extension…
Date de mise en ligne : 26/08/2021
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