Chapitre d’ouvrage

Tatouages et piercings, un bricolage identitaire

Pages 110 à 118

Citer ce chapitre


  • Le Breton, D.
(2016). Tatouages et piercings, un bricolage identitaire. Dans
  • C. Halpern
Identité(s) : L'individu, le groupe, la société (p. 110-118). Éditions Sciences Humaines. https://doi.org/10.3917/sh.halpe.2016.01.0110.

  • Le Breton, David.
« Tatouages et piercings, un bricolage identitaire ». Identité(s) L'individu, le groupe, la société, Éditions Sciences Humaines, 2016. p.110-118. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/identites--9782361063283-page-110?lang=fr.

  • LE BRETON, David,
2016. Tatouages et piercings, un bricolage identitaire. In :
  • HALPERN, Catherine,
Identité(s) L'individu, le groupe, la société. Auxerre : Éditions Sciences Humaines. Synthèse, p.110-118. DOI : 10.3917/sh.halpe.2016.01.0110. URL : https://shs.cairn.info/identites--9782361063283-page-110?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/sh.halpe.2016.01.0110


Notes

  • [1]
    R. Banks, Sous le règne de Bone, Babel, 1995.
  • [2]
    D. Le Breton, L’Adieu au corps, Métailié, 2014 ou Anthropologie du corps et modernité, Puf, Quadrige, 2013.
  • [3]
    A. Juno et V. Vale, Re/Search Incredibly Strange Music, V/Search Publications, 1989 ; pour un équivalent français, S. Heuze (dir.), Changer le corps, éd. La Musardine, 2000.
  • [4]
    Parler de « rite de passage » pour évoquer le fait d’une transformation corporelle est devenu un lieu commun, un mot d’ordre même de ce milieu culturel. Dans Signes d’identité. Tatouages, piercings et autres marques corporelles (Métailié, 2012), nous avons avancé la notion de rite personnel de passage en montrant toute la différence avec les rites de passage des sociétés traditionnelles, et en insistant sur le caractère individuel de ce qui est vécu dans nos sociétés. Pour une analyse plus approfondie du tatouage et du piercing dans nos sociétés, nous renvoyons à ce même ouvrage.

Dans un récit de Russel Banks, Chappie, fugueur de 15 ans en pleine déroute personnelle, use du tatouage comme d’une forme de renaissance : « Je me sentais super-bien comme si j’étais une personne toute neuve avec un nouveau nom et même un nouveau corps. Ma vieille identité de Chappie n’était pas morte mais c’était devenu un secret. Un tatouage vous fait ce genre de chose : il vous fait penser à votre corps comme à un costume particulier que vous pouvez mettre ou enlever chaque fois que vous en avez envie. » Chappie décide de se nommer désormais Bone, parce qu’un « os, c’est dur ». La marque corporelle fait changer de peau.
Dans nos sociétés, les marques corporelles semblent faire l’objet d’une nouvelle fascination. Que signifie cet engouement constaté aujourd’hui pour les tatouages, piercings, brandings…, toutes manières de dessiner, modeler, bricoler son propre corps ? Ces nouveaux usages ont-ils partie liée avec des pratiques plus anciennes, issues par exemple des sociétés traditionnelles ? Peuvent-ils être assimilés, comme dans celles-ci, à ce que les anthropologues ont décrit comme des rites de passage ? Ou bien manifestent-ils simplement de nouvelles formes du rapport au corps ?
Le tatouage, par exemple, est un signe inscrit à même la peau grâce à l’injection d’une matière colorée dans le derme (à la différence du maquillage, éphémère, féminin, et destiné au visage), il est définitif, touche les hommes et les femmes, et porte essentiellement sur l’ensemble du corps (épaule, bras, poitrine, dos, etc…


Date de mise en ligne : 08/08/2019

https://doi.org/10.3917/sh.halpe.2016.01.0110

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