Chapitre d’ouvrage

« Il n’y a plus d’ouvriers en France. »

Pages 35 à 42

Citer ce chapitre


  • Jounin, N.
(2023). « Il n’y a plus d’ouvriers en France. » Idées reçues sur le travail : Emploi, activité et organisation (p. 35-42). Le Cavalier Bleu. https://doi.org/10.3917/lcb.dujan.2023.01.0035.

  • Jounin, Nicolas.
« “Il n’y a plus d’ouvriers en France.” ». Idées reçues sur le travail Emploi, activité et organisation, Le Cavalier Bleu, 2023. p.35-42. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/idees-recues-sur-le-travail--9791031805818-page-35?lang=fr.

  • JOUNIN, Nicolas,
2023. « Il n’y a plus d’ouvriers en France. » In :
  • DUJARIER, Marie-Anne,
Idées reçues sur le travail Emploi, activité et organisation. Paris : Le Cavalier Bleu. Idées reçues, p.35-42. DOI : 10.3917/lcb.dujan.2023.01.0035. URL : https://shs.cairn.info/idees-recues-sur-le-travail--9791031805818-page-35?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/lcb.dujan.2023.01.0035


Les ouvriers seraient un groupe en voie de disparition, entend-on souvent. Mais qu’appelle-t-on des « ouvriers » ? La difficulté est que l’on concentre dans ce seul terme des imaginaires différents : d’un côté, celui de la « classe ouvrière », vaste référent renvoyant aux travailleurs subordonnés, et qui se traduit significativement en anglais par « working class » (classe « travaillante ») ; de l’autre, la catégorie restreinte retenue par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE).
Dans le premier imaginaire, de veine marxiste, les « ouvriers » tendent à se confondre avec ceux qu’on appelle salariés ou prolétaires, c’est-à-dire ceux qui ne possèdent pas les moyens de production et dont les ressources sont issues uniquement d’une mise à disposition de leur corps et de leur esprit auprès d’un employeur. De ce point de vue, il n’y aurait jamais eu autant d’ouvriers qu’aujourd’hui, puisque le salariat concerne en France 9 actifs occupés sur 10, et que la dépendance aux revenus qu’il procure n’a jamais été aussi forte. Mais, en même temps qu’il s’est généralisé, le salariat a quitté le statut indigne qui lui était associé il y a plus d’un siècle (Castel, 1995). Il s’est diversifié et hiérarchisé, si bien qu’il y a désormais de nombreux salariés bien rémunérés, autonomes, manipulant des symboles plutôt que des choses, sans se salir ni s’exposer à des pénibilités ou dangers physiques – bref, il est difficile de voir en eux des ouvriers.
Dans l’imaginaire de l’INSEE, plus restreint, les « ouvriers » constituent une fraction du salariat associée à l’industrie, aux tâches dites « manuelles », à la manipulation de matières inertes, sans autre humain alentour que les collègues ou les chefs, sous l’autorité et le contrôle de l’encadrement…


Date de mise en ligne : 23/03/2023

https://doi.org/10.3917/lcb.dujan.2023.01.0035

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