« Berlin a ouvert ses frontières aux migrants. »
- Par Claire Demesmay
Pages 161 à 168
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En 2015, l’Allemagne a accueilli plus d’un million de demandeurs d’asile. Nombre d’entre eux fuyaient la guerre civile en Syrie, mais aussi l’Irak, l’Afghanistan et l’Érythrée – parmi d’autres pays. À l’origine de cet impressionnant mouvement migratoire se trouve la décision du gouvernement fédéral, prise dans la nuit du 4 au 5 septembre 2015, d’accueillir sur le territoire allemand les réfugiés massés derrière la frontière hongroise. On parle souvent à ce sujet de l’ouverture des frontières allemandes aux migrants. Pourtant, dans un espace européen ouvert à la libre circulation, les frontières entre les États membres sont de facto ouvertes. En réalité, ce que le gouvernement a décidé est de ne pas fermer sa frontière limitrophe avec l’Autriche, et ce, pour des raisons essentiellement humanitaires.
Cette politique accueillante, dont le « Wir schaffen das! » (« Nous y arriverons ! ») de la chancelière est devenu un symbole, fut de courte durée. Dès septembre 2015, face à la pression de demandeurs d’asile aux frontières de l’espace Schengen, l’Allemagne réintroduisit de manière provisoire les contrôles à ses frontières nationales. Dans la foulée, elle adopta une politique beaucoup plus restrictive, se ralliant à une tendance majoritaire en Europe. En 2017, moins de 200 000 demandes d’asile furent déposées en Allemagne, un chiffre similaire à 2014 (BAMF, rapport 12/2017). Le discours lui aussi a changé. Après une phase d’euphorie, les peurs et les réactions de rejet se firent plus présentes…
Date de mise en ligne : 11/08/2020
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