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« Nature » et « contre nature » en matière d'homoparentalité

Pages 179 à 194

Citer ce chapitre


  • Leroy-Forgeot, F.
(2005). « Nature » et « contre nature » en matière d'homoparentalité. Dans
  • M. Gross
Homoparentalités, état des lieux (p. 179-194). érès. https://doi.org/10.3917/eres.gross.2005.01.0179.

  • Leroy-Forgeot, Flora.
« “Nature” et “contre nature” en matière d'homoparentalité ». Homoparentalités, état des lieux, érès, 2005. p.179-194. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/homoparentalites-etat-des-lieux--9782749203881-page-179?lang=fr.

  • LEROY-FORGEOT, Flora,
2005. « Nature » et « contre nature » en matière d'homoparentalité. In :
  • GROSS, Martine,
Homoparentalités, état des lieux. Toulouse : érès. La vie de l’enfant, p.179-194. DOI : 10.3917/eres.gross.2005.01.0179. URL : https://shs.cairn.info/homoparentalites-etat-des-lieux--9782749203881-page-179?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/eres.gross.2005.01.0179


Notes

  • [1]
    J. Boswelle, Christianisme, tolérance sociale et homosexualité : Les homosexuels en Europe du début de l’ère chrétienne au quatorzième siècle, Paris, Gallimard, 1985, trad. par A. Tachet (éd. originale 1980), p. 36.
  • [2]
    Sur l’importance – accorder – la condamnation des cultes païens dans l’interprétation de l’Épître aux Romains, p.148-150 ; Van de Spijker, Herman, Die Gleichgeschlechtliche Zuneigung, Fribourg, 1968, p. 82 et suiv.
  • [3]
    Philon d’Alexandrie, Sur Abraham, 135-136, trad. J. Gorez, Paris, Éditions du Cerf, 1966, tome 20, p. 79.
  • [4]
    Voir sur cette question l’analyse approfondie de J. Boswell, op. cit., p. 31-36.
  • [5]
    Saint Jean Chrysostome (mort en 407), Commentaire sur l’épître aux Romains, « Sermon A », dans Boswell, op. cit., Appendice 2, p. 451.
  • [6]
    Burchard de Worms, Decretorum libri XX, en particulier Livre 19, dans J.-P. Migne (éd.), Patrologiae cursus completus – Latina, Tome 140, 1853, p. 967-968. Voir également : Boswell, op. cit., p. 264 et suiv. ; Goodich, Michael, The Unmentionable Vice : Homosexuality in the Later Medieval Period, Santa Barbara, ABC Clio, 1979, p. 64, 26- 32 ; Fournier, Paul, « Études critiques sur le décret de Burchard de Worms », Nouvelle revue historique du droit français et étranger, n° 34, 1910, p. 41-112, 213-221, 288-331.
  • [7]
    Hefele, op. cit., tome 5-2, 1913, p. 1097.
  • [8]
    Saint Thomas d’Aquin, Summa Theologiae, « La tempérance », IIa-IIae, question 154, article 11, conclusion, Paris, Desclée & Cie, 1968, tome 1, p. 366-367.
  • [9]
    Ibid., question 142, article 4, solution 3, tome 1, pp.69-70.
  • [10]
    Ibid., question 154, article 11, solution 3, tome 1, p.368.
  • [11]
    Ibid., question 154, article 11, solution 1, tome 1, p.368.
  • [12]
    Concile de Trente, dans Hefele, C.-J. (continué par P. Richard), Histoire des Conciles, trad. de l’allemand par Dom H. Leclerc, Paris, Letouzey et Ané, tome 9, 1930- 1931. Sur la persistance de l’influence de saint Thomas, voir notamment : Lettre aux évêques du monde sur le soin pastoral des personnes homosexuelles de la Congrégation pour la doctrine de la foi ; Tournai, Centre diocésain de documentation, 30 oct. 1986.
  • [13]
    Los codigos españoles, Madrid, 1847, 1, 409. Cité dans Boswell, op. cit., p. 362-363.
  • [14]
    F. Voltaire, Œuvres Complètes, Paris, Garnier : « Amour socratique », Dictionnaire philosophique (Publ. 1764), 1879, tome 17.
  • [15]
    Voir notamment : Coward, D. A., « Attitudes towards Homosexuality in Eighteenth-Century France » ( « Les attitudes face ? La question de l’homosexualité dans la France du dix-huitième siècle »), Journal of European Studies, n° 10, 1980, p. 231-255.
  • [16]
    T. Hobbes, De la nature humaine, 9, 17, trad. E. Naert, Paris, Vrin, 1991, p.103-105.
  • [17]
    J. Bentham (Louis Crompton ed.), « The Essay on Paederasty of J. Bentham – 1785 », Journal of Homosexuality (Journal de l’homosexualité), nos 3-4 et 4-1, 1978.
  • [18]
    L. Crompton, Byron and Greek Love, Homophobia in XIXth Century England, Berkeley, University of California Press, 1985.
  • [19]
    L. A. Herbert, Hart, Law, Liberty and Morality (The Harry Camp Lectures), Londres, Oxford University Press, 1963, p. 67, trad. par l’auteur de l’article.
  • [20]
    I. Théry, « Le contrat d’union sociale en question », avec annexes de Mariane Schultz, Esprit, oct. 1997, p. 188 s. ; Notes de la Fondation Saint-Simon, n° 91, oct. 1997.
  • [21]
    E. Fassin, « L’illusion anthropologique : homosexualité et filiation », Témoin, n° 12, mai 1998.
  • [22]
    Ibid. et Le Monde, « Homosexualité, mariage et famile », 5 nov. 1997.
  • [23]
    L. Leveneur, « Les dangers du contrat d’union civile ou sociale », JCP, 1997, G, n° 4089, p. 58.
  • [24]
    J.-L. Aubert, Dalloz, 1998, Jurisprudence, p. 114 et suiv.
  • [25]
    J.-L. Aubert, op. cit., p. 114-115. L. Leveneur, op. cit., note 13, p. 60 : au terme de leur vie féconde, les femmes mariées avaient, en 1994, en moyenne 2,5 enfants, tandis que les femmes vivant en couple non marié n’en avaient que 1,5 en moyenne (Cf. de Guibert-Lantoine et al., « La cohabitation adulte », Population et société, n° 293, 1994, p. 3-4, fig. 1).
  • [26]
    M. Iacub, La Lettre d’Act Up, n° 53, avril 1998, p. 9.
  • [27]
    Ibid., p.11.
  • [28]
    Ibid.

L’opinion que l’homosexualité serait « contre nature » est profondément ancrée dans les mentalités et cette idée est fréquemment évoquée dans les débats relatifs à l’accès à certains droits civils pour les couples de personnes de même sexe. Pourtant, la majorité des grandes figures homosexuelles du passé étaient mariées et parents et, encore aujourd’hui, de nombreux homosexuels (hommes et femmes) ont des enfants avec des personnes du sexe opposé parce qu’ils ne pensent pas avoir d’autre choix pour enfanter, comme le montrent par exemple les histoires personnelles des membres de l’APGL.
La capacité naturelle des homosexuel/les à procréer est évidente, aussi évidente que paraît l’être la signification de la notion de « contre nature ». Dire que l’homosexualité est « contre nature » est même aujourd’hui l’objection la plus répandue et la plus immédiate dans l’opinion, celle qui est généralement perçue comme « instinctive ». C’est également la principale en matière d’homoparentalité. Mais il est également évident que les comportements sexués obéissent à des règles davantage sociales que naturelles. De même que d’autres espèces que les humains manifestent, dans des conditions propres à l’observation éthologique, des comportements homosexuels.
Toutes ces évidences sont pourtant difficilement conciliables. Le caractère plurivoque des notions de « nature » et de « contre nature » est corrélatif des évolutions sémantiques qu’elles ont suivi au cours des siècles. Ainsi que l’exprime J…


Date de mise en ligne : 01/04/2010

https://doi.org/10.3917/eres.gross.2005.01.0179

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