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Carnap, Cavaillès, le Mouvement de la Jeunesse et la montée du nazisme dans l’Allemagne des années trente

Pages 101 à 125

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  • Bouveresse, J.
(2019). Carnap, Cavaillès, le Mouvement de la Jeunesse et la montée du nazisme dans l’Allemagne des années trente. Dans
  • J. Szczeciniarz
  • et B. Mélès
Hommage à Jean Cavaillès (p. 101-125). Hermann. https://doi.org/10.3917/herm.szcze.2019.01.0101.

  • Bouveresse, Jacques.
« Carnap, Cavaillès, le Mouvement de la Jeunesse et la montée du nazisme dans l’Allemagne des années trente ». Hommage à Jean Cavaillès, Hermann, 2019. p.101-125. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/hommage-a-jean-cavailles--9782705691080-page-101?lang=fr.

  • BOUVERESSE, Jacques,
2019. Carnap, Cavaillès, le Mouvement de la Jeunesse et la montée du nazisme dans l’Allemagne des années trente. In :
  • SZCZECINIARZ, Jean-Jacques
  • et MÉLÈS, Baptiste,
Hommage à Jean Cavaillès. Paris : Hermann. Hors collection, p.101-125. DOI : 10.3917/herm.szcze.2019.01.0101. URL : https://shs.cairn.info/hommage-a-jean-cavailles--9782705691080-page-101?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/herm.szcze.2019.01.0101


Notes

  • [1]
    Jean Cavaillès, « Un mouvement de jeunesse en Allemagne », Annales de l’Université de Paris, 7, 2 (1932), p. 148-174 ; reproduit dans Philosophia Scientiæ, numéro spécial Jean Cavaillès, 3/1, 1998, p. 2. L’allocution de Thomas Mann s’intitulait « Ansprache an die Jugend. Gehalten bei der 400.-Jahr-Feier des Katharineums zu Lübeck ». Elle a été prononcée le 7 septembre 1931 et publiée pour la première fois dans le numéro du 8 septembre 1931 de la Vossische Zeitung, où Cavaillès a dû la lire. Elle est reproduite notamment dans Thomas Mann, Reden und Aufsätze, Bd. 2, Suhrkamp Verlag, Frankfurt am Main, 1965, p. 316-327.
  • [2]
    Thomas Mann, « Ansprache an die Jugend », p. 317.
  • [3]
    Cavaillès, « Un mouvement de jeunesse en Allemagne », ibid..
  • [4]
    Ludwig Englert, « Als Student bei den zweiten Davoser Hochschulkursen », in Die II. Davoser Hochschulkurse (Les IIe Cours universitaires de Davos), 17 mars-16 avril 1929, Davos, Internationale Buchhandlung, 1929, p. 51.
  • [5]
    Rüdiger Safranski, Heidegger et son temps, traduit de l’allemand par Isabelle Kalinowski, Paris, Bernard Grasset, 1996, p. 265.
  • [6]
    Ibid., p. 274.
  • [7]
    Ibid., p. 144-145.
  • [8]
    Dans le numéro du Jung-Wandervogel de novembre-décembre 1913, par exemple, qui est paru après le Freideutscher Jugendtag du mois d’octobre, il est dit : « Nous nous souciions de la politique comme du diable. Nous allions avec les yeux et les oreilles ouverts à la fête du Meissner, et si quelqu’un nous avait parlé de politique, alors nous serions partis de là en chantant ».
  • [9]
    Collected Works of Rudolf Carnap, Volume I : Early Writings, édité par A. W. Carus, Michael Friedman, Wolfgang Kienzler et Sven Schlotter, avec la collaboration éditoriale de Steve Awodey et Richard Zach, Chicago and La Salle, Illinois, Open Court, 2009, Introduction, p. XIV.
  • [10]
    « Gespräch mit Heinrich Neider, Persönliche Erinnerungen an den Wiener Kreis », in «Österreichische Philosophen und ihr Einfluss auf die analytische Philosophie der Gegenwart », Conceptus, Sonderband, XI (1977), 28-30, p. 27-28.
  • [11]
    Jean Cavaillès, « Un mouvement de jeunesse en Allemagne », p. 2.
  • [12]
    Ibid., p. 5.
  • [13]
    1957, cité par André Carus, op. cit., p. 56.
  • [14]
    Max Weber, Le Savant et le politique, Préface, traduction et notes de Catherine Colliot-Thélène, Paris, La Découverte, 2003, p. 108.
  • [15]
    Jean Cavaillès, « Les Deuxièmes Cours universitaires de Davos », in Die II. Davoser Hochschulkurse, 17. März bis 6. April 1929 — Les IIes Cours universitaires de Davos, du 17 mars au 6 avril, Davos, Kommissionsverlag, Heintz, Neu & Zahn, Internationale Buchhandlung, 1929, p. 75.
  • [16]
    Les Deuxièmes Cours universitaires de Davos, p. 4.
  • [17]
    Gabrielle Ferrières, Jean Cavaillès, un philosophe dans la guerre (1903-1944) (1982), Quimper, Calligrammes, 1996, p. 61.
  • [18]
    Nicole Racine, « Les années d’apprentissage », in Jean Cavaillès résistant ou la Pensée en actes, sous la direction d’Alya Aglan et Jean-Pierre Azéma, Paris, Flammarion, 2002, p. 34-35.
  • [19]
    Ibid., p. 47.
  • [20]
    Hans Manfred Bock, « Les “années folles” de Berlin (1927-1933). Le témoignage de Pierre Bertaux », in Pierre Bertaux, Un normalien à Berlin, Lettres franco-allemandes 1927-1933, Publications de l’Institut d’Allemand d’Asnières, Université de la Sorbonne nouvelle, 2001, p. 23-24.
  • [21]
    Pierre Bertaux, Mémoires interrompus, Publications de l’Institut d’Allemand d’Asnières, PIA, 2000, p. 83.
  • [22]
    Raymond Aron, Mémoires, Édition intégrale inédite, Paris, Robert Laffont, 2010, p. 87.
  • [23]
    André Carus, Carnap and Twentieth-Century Thought, Explication as Enlightenment, Cambridge University Press, 2008, p. 155.
  • [24]
    Ibid., p. 182-183.
  • [25]
    Cité par Gottfried Gabriel, in Carnap Brought Home, édité par Steve Awodey et Carsten Klein, Chicago and La Salle, Illinois, Open Court, 2004, Introduction, p. 14.
  • [26]
    Michael Friedman, A Parting of the Ways, Carnap, Cassirer, and Heidegger, Chicago and La Salle, Illinois, Open Court, 2000.
  • [27]
    Il est possible que le terme “Überwindung”et la formule qui fait de la métaphysique une chose qui doit à présent, elle aussi, être “surmontée” aient été empruntés par Carnap à Nietzsche, un philosophe qu’il connaissait à coup sûr et dont il parle de façon élogieuse dans Der logische Aufbau der Welt.
  • [28]
    Ibid., p. 18-19.
  • [29]
    Cité par Michael Friedman, op. cit., p. 19.
  • [30]
    Thomas Mann, « Deutschland und die Deutschen »(1945), reproduit dans Schriften zur Politik, Suhrkamp Verlag, Frankfurt, 1970, p. 178.
  • [31]
    Ibid., p. 181.
  • [32]
    Gerhard Heinzmann, « Jean Cavaillès und seine Beziehungen zu Deutschland », in H. M. Bock, R. Meyer-Kalkus et M. Trebitsch (éd.), Entre Locarno et Vichy. Les relations culturelles franco-allemandes dans les années 1930, Paris, CNRS Editions, 1993, Vol. I, p. 405-406.
  • [33]
    Jean Cavaillès, « Les Deuxièmes Cours universitaires de Davos », p. 78-79.
  • [34]
    Gerhard Heinzmann, op. cit., p. 407-408.
  • [35]
    Emmanuel Faye, Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie : autour des séminaires de 1933-1935, Paris, Albin Michel, 2005.
  • [36]
    Georges Canguilhem, Vie et mort de Jean Cavaillès, Paris, Allia, 1996, p. 43-44.
  • [37]
    George L. Mosse, Les Racines intellectuelles du Troisième Reich. La crise de l’idéologie allemande, traduit de l’anglais par Claire Darmon, Calmann-Lévy/Mémorial de la Shoah, 2006, p. 307-308.
  • [38]
    Gabrielle Ferrières, Jean Cavaillès, Un philosophe dans la guerre, p. 82-83.
  • [39]
    Jean Cavaillès, « L’École de Vienne au congrès de Prague », in Œuvres complètes de philosophie des sciences, Hermann, Paris, 1994, p. 575.
  • [40]
    Lettre du 20 février 1934, in Gabrielle Ferrières, op. cit., p. 95.
  • [41]
    Pierre Bertaux, op. cit., p. 91.
  • [42]
    Jean Cavaillès, « L’Allemagne et le Reichstag », 1932, p. 33.
  • [43]
    Fabienne Federini, Écrire ou combattre, Des intellectuels prennent les armes (1942-1944), Paris, La Découverte, 2006.
  • [44]
    Nicole Racine, op. cit., p. 84.
  • [45]
    Lettre de Léon Brunschvicg à Jean Cavaillès, 14 octobre 1939, Papiers Cavaillès, ENS, cité par Nicole Racine, op. cit., p. 72.

Cavaillès commence l’article qu’il a publié en 1932 sur le Mouvement de la Jeunesse en Allemagne par une citation de Thomas Mann. « Le mouvement de jeunesse, disait Thomas Mann dans une allocution de cet été à un gymnase de Lübeck, fut une véritable révolution morale, un bouleversement de nos mœurs aussi bien pour le dedans que pour le dehors, une des principales forces qui ont changé le visage de l’Allemagne. » Il vaut peut-être la peine de citer un peu plus longuement le passage dont Cavaillès a extrait ce résumé. Thomas Mann, après avoir remarqué que c’est à l’Allemagne que revient l’honneur d’avoir découvert « la jeunesse en tant que forme de vie autonome et douée d’une valeur propre » et cité un jeune Français (probablement Pierre Bertaux) qui lui a fait observer que le Mouvement de la Jeunesse, au sens dont il s’agit, était une réalité spécifiquement allemande et n’avait pas d’équivalent réel en France, continue en disant :
Il y a là-dedans beaucoup de vrai, et dans la France qui se préoccupe de la réalité allemande, on sait aussi sans doute à quoi s’en tenir sur les origines spécifiques de ce phénomène : sur « le mouvement de la jeunesse », la Jugendbewegung allemande, qui est née au début du siècle et qui a contribué pour une bonne part, une part décisive, à rendre consciente la crise de la civilisation bourgeoise, dans laquelle nous vivons, à changer le visage allemand. Ce fut une révolution morale authentique, un mouvement libérateur du corps et de l’âme, un bouleversement des mœurs au-dedans et au-dehors ; et de tels bouleversements ne remportent naturellement pas la victoire sous la forme de la prise de pouvoir dramatique ; ils l’emportent dans la mesure où la vie les accueille et les dissout en elle, pour apparaître ensuite autrement qu’elle n’était auparavant…


Date de mise en ligne : 01/07/2025

https://doi.org/10.3917/herm.szcze.2019.01.0101

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