Kant (1724-1804) : le bonheur et la religion dans les limites de la morale
- Par Bernard Sève
Pages 485 à 493
Citer ce chapitre
- SÈVE, Bernard,
- CAILLÉ, Alain,
- LAZZERI, Christian
- et SENELLART, Michel,
- Sève, Bernard.
- Sève, B.
- A. Caillé,
- C. Lazzeri
- et M. Senellart
https://doi.org/10.3917/dec.caill.2001.01.0485
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- Sève, B.
- A. Caillé,
- C. Lazzeri
- et M. Senellart
- Sève, Bernard.
- SÈVE, Bernard,
- CAILLÉ, Alain,
- LAZZERI, Christian
- et SENELLART, Michel,
https://doi.org/10.3917/dec.caill.2001.01.0485
La pensée de Kant ne trouve pas aisément sa place dans une histoire de la philosophie morale et politique centrée sur les concepts de bonheur, d’utilité, de mesurabilité ; ces concepts font en effet, chez Kant, l’objet d’une critique vigoureuse et sont dénoncés comme impropres à fonder la morale aussi bien que la politique. Par suite, la séquence classique qui mène de la morale à la politique, de la recherche du bonheur privé à sa nécessaire inscription dans le champ collectif, ne va plus de soi chez Kant. Ce dernier a consacré quelques pages vigoureuses au rapport morale / politique, mais, à bien des égards, le rapport morale / religion ou morale / droit est chez lui plus pertinent. S’il a consacré un livre entier à la Religion dans les limites de la simple raison, un autre à la Doctrine du droit, Kant n’a parlé de politique que dans des opuscules évidemment importants, mais n’ayant ni l’ampleur ni l’unité des grands traités (parmi ces opuscules, on privilégiera le Projet de paix perpétuelle et la deuxième partie de l’article sur Théorie et pratique), et dans certains passages des ouvrages centraux. La question essentielle de la vie est pour Kant celle de la morale. Partons donc de la morale.
Tout homme cherche à être heureux : c’est un fait naturel, qui n’est en soi ni moralement bon ni moralement mauvais. Mais le projet de bonheur ne peut fonder aucune règle morale. Vouloir être heureux ne peut déjà fonder aucune règle constante, car le contenu de la notion de bonheur n’est pas stable (elle dépend des circonstances de la vie) ; elle n’est pas universelle (les goûts des hommes sont différents)…
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